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LE TISSU CRIBLÉ

couche ou de faisceau ; dans ce cas, les faces latérales en contact sont munies de cribles tout aussi bien que les faces transverses et les rapports sont les mêmes entre les diverses files qu’entre les diverses cellules d’une même file; l’individualité des tubes disparaît et l'on a une assise criblée, une couche criblée ou un faisceau criblé.

Toujours allongées, les cellules criblées atteignent parfois une grande longueur: 0mm,3 à 0mm,4

dans la Courge ( Cucur bita ), 0mm,6 dans la Vigne ( Vilis), lmm,3 dans certains Bignones (Bignonia) et jusqu’à 2mm dans la racine du Philolendre ( Philodendron lm.be ). Le diamètre des plus larges ne dépasse pas en moyenne ()mm,02 à Umm,()8 ( Calamus ,

Phytocrene, Bignonia,

Cucurbita, etc.) il y en a d’excessivement étroits, comme dans la plupart des plantes laiteuses ( Asclépiadées, etc.) ou grasses (Crassulacées, etc.).

La membrane des cellules criblées est molle, incolore et, à part les cribles, demeure toujours à l’état de cellulose pure. Tantôt les cloisons transver-

<es sont horizontales (Cucurbitacées, etc.), planes ou légèrement concaves vers le bas; elles sont alors sensiblement plus larges que le milieu des articles et le tube est renflé aux noeuds. Tantôt au contraire elles sont plus ou moins fortement obliques (Vigne, etc.). Dans le premier cas, elles sont occupées tout entières par un seul large crible (fig. 367, p. 352); dans le second, elles portent plusieurs cribles disposés ordinairement en une série le long du grand axe de l’ellipse (fig. 369 et fig. 430) et séparés par d’étroites bandes-de membrane ordinaire (Calame, Philodendre, liber secondaire de la plupart des arbres dicotylédonés : Bignone, Tilleul, Vigne, Noyer, Bouleau, Peuplier, etc.); quelquefois ils sont très inégaux et irrégulièrement distribués (fig. 431). Quand la cloison est horizontale, les cribles manquent assez souvent sur les faces latérales en contact avçc des cellules semblables, ou bien ils y sont disposés sans ordre et très petits; dans la tige du Figuier (Ficus elastica ) et du Hêtre (fiagus sylva-

Fig. 430. — Vigne ( Vitis vinifera), section longitudinale tangentielle à travers le liber de la tige, vg, tubes criblés, à cloisons obliques portant une série de cribles échelonnés ; en haut, l’une des cloisons est vue de face; rm, rayons médullaires (d’après de Bary).

Fig. 431. — Calame [Calamus Rotang ), extrémité d’une cellule criblée, isolée par la macération ( d’après de Bary) .

MORPHOLOGIE DES TISSl'S.

tica ) cependant, ils sont échelonnés en grand nombre sur les faces interne et externe. Quand la cloison est oblique, la série scalariforme des cribles transversaux se continue sur les faces longitudinales et surtout sur les faces radiales, en y décroissant de largeur et en s'y espaçant davantage.

Structure «les cribles. — Qu ils appartiennent aux faces terminales ou aux faces latérales, les cribles ont la même structure. Tout d’abord, les bandelettes du réseau ont une épaisseur un peu plus faible que celle du fond de la membrane ; les pores qu'elles circonscrivent sont quelquefois assez larges et mesurent jusqu'à 0,nm, 003 (Courge, etc.); la plupart ne dépassent pas 0mm,002; souvent ils sont beaucoup plus étroits et à peine visibles. Par les progrès de l'âge, les bandelettes s’épaisissent, a la fois vers l’intérieur de la cellule en prenant une hauteur au moins trois fois plus grande avec un contour convexe, et latéralement en rétrécissant de plus en plus les pores, qui se réduisent à l'état de fins canalicules, dilatés en entonnoir aux deux extrémités. Tantôt les cribles demeurent dans cet état à toute époque de l'année (Rosier, Tilleul, Hêtre, Aristoloche, etc.). Tantôt au contraire le gonflement continue et finalement, à l'automne, les pores se trouvent de la sorte complètement oblitérés (fig. 432, C) (Técome, Vigne, Pbragmite, Massette, etc.) ; au printemps suivant, les bandelettes se contractent et les pores se rouvrent.

La portion ainsi épaissie du crible, ce qu'on a appelé le cal, qui recouvre de chaque côté les bandelettes et qui tapisse les canalicules, n’est pas de la cellulose, mais une substance différente qui ressemble à la cellulose gélifiée, ne se colore ni par l’iode, ni par le cbloro-iodure de zinc, et ne se dissout pas dans le liquide cupro-ammoniacal; la solution d’iode dans l'iodure de potassium la colore en jaune et, si l’on vient alors à ajouter le cbloro-iodure de zinc, la teinte passe au rouge brun. Elle fixe le bleu d’aniline, que la cellulose ne fixe pas, et aussi le brun d’aniline, que la cellulose ne retient que faiblement ; elle se colore par l’acide rosolique additionné d’un peu d’ammoniaque ou de carbonate de soude. Ces divers réactifs colorants, notamment le premier et le dernier, permettent delà reconnaître facilement. L’acide sulfurique, la potasse, l’acide nitrique avec le chlorate de potasse, gonflent le cal et finalement le dissolvent. A l'aide de ces réactifs, on peut donc débarrasser le crible primitif de cellulose de son épaississement calleux (fig. 432, D), comme avec le liquide cupro-ammoniacal on peut isoler le squelette calleux du crible ( E ). Les bandes de membrane qui séparent les cribles échelonnés sur les cloisons transverses obliques se gélifient et s’épaississent aussi à leur surface, de manière à unir toutes les plaques calleuses en une seule, étendue sur toute la cloison (fig. 432, E , F).

Une fois bouchés par le gonflement du cal en automne, les cribles demeurent tout l’hiver à l’état de plaques fermées. Au printemps suivant, le cal se contracte dans chaque canalicule, les pores se rouvrent et le crible reprend son aspect primitif. On peut amener artificiellement ce résultat en hiver ; il suffit de faire végéter la plante, une branche de Vigne par exemple, pendant une huitaine de jours dans une chambre chauffée ou dans une serre.

Dans les cellules criblées âgées, qui ont cessé de fonctionner comme telles, les cribles se ferment encore en automne, mais au printemps suivant le-

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