AVERTISSEMENT
rien lu au delà, ignoraient les noms d’Euler et de Bernoulli, et mettaient sur un même plan dans leur souvenir Newton et Bczout, Descartes et Budan, Mnivre et Rolle, Cauchy et Sarrus, dont les noms leur rappelaient chacun l’énoncé d'un théorème et une démonstration de quelques pages. J’ai été vivement frappé, il y a un grand nombre d’années déjà, en entendant nn savant estimable, connu par de bons travaux de Physique expérimentale, parler très-légèrement du mérite de Newton comme Géomètre. Mon étonnement l'ayant forcé de s’expliquer, je m’aperçus, qu’à ses yeux, Newton était surtout l’inventeur de la formule du binôme, qui pour lui, bien entendu, n’avait «le sens que dans le cas d'un exposant entier et positif. Ce souvenir, peut-être, a exercé quelque influence sur la rédactioA d’un Traité d’ Algèbre dans lequel le savant et spirituel Terquem s’étonnait de voir subsister deux noms, celui de Descartes et celui de l’Auteur.
Jë n’ai donc nullement cherché à introduire dans le texte l'histoire abrégée des progrès du Calcul intégral. (Jette histoire, si je tente de l’écrire, formera une œuvre à part qui pourra être réunie à l’Ouvrage dont je donne ici le second volume, mais qui doit en rester distincte.
Je 11e puis terminer cet Avertissement, si rapide qu'il soit, sans adresser mes sincères et vifs remerclmeiits à M. Darboux et à M. Thoman dont l’affectueux concours gracieusement offert m’a été extrêmement utile. M. Darbonx, dont je n’ai pas à rappeler la pénétration et le savoir, a bien voulu revoir toutes les épreuves et substituer, aux corrections typographiques que j'attendais seulement de lui, des observations judicieuses sur le texte même, et plus d'une fois la rédaction nouvelle d'une démonstration difficile remplaçant avec grand profit celle «pie j'avais essayée moi-même.
I .es calculs et les Tables numériques sont dus à M. Eédor Thoman, qui joint à l'habileté d’un calculateur sans égal le savoir profond d’un Géomètre judicieux et inventif.