X PRÉFACE
par des fluxions qui sont très-approximativement comme les accroissements des fluentes engendrées dans des particules égales de temps, fluxions dont il a fait un élégant usage tant dans son ouvrage sur les principes mathématiques de la nature cpie dans ses autres écrits, de même que H. FaLre, dans sa Synopsis mathematica, a substitué la considération des mouvements à la méthode deCavalleri. »
Ces lignes, publiées sans signature, ont été vraisemblablement écrites par Leibnitz. Il faut avouer qu'il semble s'y attribuer l'invention des différentielles et présenter Newton comme les ayant empruntées et transformées; mais on doit reconnaître aussi que, si telle est sa pensée, il se borne à la laisser entrevoir.
Le D*^ Keil, ami de Newton, vit cependant dans ce passage irne accusation perfidement dissimulée, et, pour y répondre, il écrivit, dans une lettre sur les lois de la force centripète, adressée à Halley, et publiée dans les Transactions philosophiques de Londres pour 1708 :
« Tout cela est une conséquence de la célèbre arithmétique des fluxions, dont ou ne peut contester la découverte à Newton, comme il est facile de s'en convaincre en lisant celles de ses lettres qui ont été publiées par Wallis. Otte méthode a cependant été, sous un nom et avec une notation différente, publiée par Leibnitz dans les Acta Eruditorum. »
Leibnitz s'adressa alors à la Société lloyale dont il était membre, contestant à un homme nouveau comme Keil le droit de prononcer aussi hai^diment sur- des matières dont il ne pouvaitêtre instruit, et demandantque l'on mît fin à ces \ aines et injustes clameurs, blâmées sans doute, ajoute-t-il, par Newton liii-nième. JMais en cela il se trompait; car, bien que Newton ait évité de paraître personnellement dans le débat, il est prouvé aujourd'hui que Keil agissait de son aveu et n'écrivait rien sans le consulter. Quoi qu'il en soit, la Société, mise en demeure de se prononcer, nomma des Commissaires qui, moins d'un an après, publièrent un Rapport fort court, précédé d'un volume plusieurs fois réimprimé depuis, sous le titre de : Commercium Epistolicum {*) J. CoUins et aliorum de varia re mathematica inter celeherrimos prœscntis seculi mathematicos , iina cuin recensione prœmissa insi-
(*1 Ce titre de la 2' édition a été rédigé par Newton, qui a essayé, comme le prouve l'examen de ses papiers, jusqu'à douze rédactions différentes.