DÉRIVÉES ET DIFFÉRENTIELLES DU PREMIER ORDRE
Définition de la dérivée.
23. Nous avons vu (2) que, f [x) désignant une fonction quelconque de la variable .r, l'expression
c'est-à-dire le rapport de l'accroissement de la fonction à l'accroissement de la variable, a, pour chaque valeur de x, une limite déterminée, lorsque l'accroissement h est infiniment petit. Cette limite, qui est elle-même une fonction de x, se nomme la dérivée de 9 [x), et on la désigne souvent en ajoutant un accent au signe qui représente la première.
9' (x) est la dérivée de y {x).
24. Si l'on considère la fonction o [x) comme l'ordonnée d'une courbe ayant pour équation en coordonnées rectilignes y = çp {x), la dérivée <p' (a?) est le coefficient angulaire de la tangente à cette courbe. Le rapport
f {x + h) — if [x)
est en effet le coefficient angulaire de la corde qui joint deux points dont les abscisses sontj? et ^ + h, et la limite de ce rapport est par conséquent le coefficient de la tangente, position limite de cette corde.
Nous allons montrer comment on peut calculer la dérivée, d'une fonction donnée explicitement à l'aide des signes habituellement employés dans l'analyse élémentaire.
Dérivées des Jonctions simples.
25. Parmi les fonctions employées en analyse, il en est quelques-unes auxquelles on donne le nom de fonctions simples. Leur nombre peut être augmenté ou diminué, en quelque sorte arbitrairement. Ces fonctions simples sont, en effet, celles auxquelles on ramène les autres, et par la combinaison desquelles se forment les fonc-
lions composées. Or il peut arriver que, suivant le point de vue auquel on se place, une même fonction soit regardée comme simple ou comme composée : je citerai les fonctions sin x et cos x, que l'on regarde souvent et que nous regarderons nousmême comme des fonctions simples; on a cependant
cos^;= v'i — sin'ar,
cosx
et chacune de ces formules, exprimant cos x par des opérations où figure le signe sinus, permettrait de ne pas regarder le cosinus comme une fonction simple. Quoi qu'il en soit, nous considérerons comme fonctions simples, les fonctions : acf" {m étant entier), a', log x, sin x, cos x et tang x. Nous chercherons d'abord leurs dérivées, puis nous ferons connaître des théorèmes généraux qui permettent d'en déduire celles de toutes les fonctions explicites.
26. Dérivée de x"". — La première des fonctions simples qui se présente en algèbre est x'"; c'est aussi la première fonction dont nous chercherons la dérivée, en supposant toutefois que l'exposant m soit entier et positif. La fonction x"", lorsque l'exposant est fractionnaire, peut être regardée comme une fonction simple, mais il nous sera plus commode de ne pas le faire et de ramener ce cas plus général à celui où rri est entier.
La dérivée de x'" est, par définition, la limite du rapport
lorsque h tend vers zéro ; or cette fraction est égale, m étant entier, à
, //( ni — I mnx"~' -\ '■
En effectuant la division par /*, puis supposant h = o, on voit que la limite de cette fraction est mx'"-' . Ainsi ta dérivée de x"" est mx'"~' .
27. Dérivée de a'. — La dérivée de a' est, par délinition, la limite du rapport
lorsque h tend vers zéro. On a évidemment
«'+* — «' = fl'frt*— r.
La dérivée est donc la limite du rapport
Posons a* — 1 = a, et par conséquent a* = i -i- «, A log a = log ( i + a); l'expression (A) devient
" log(H-a) ~ , ~ l'
-log(l+a1 log(i+a)a
Lorsque h tend vers zéro, a, qui est égal à a* — i , tend également vers zéro ; ( 1 + iz) ^ a par conséquent pour limite la base des logarithmes népériens, habituellement désignée par e; l'expression (B) a donc pour limite «■^j^' et par conséquent, la dé-
rwee de a est a r-^— • loge
La base du système dans lequel on prend les deux logarithmes t^t arbitraire et
n'influe pas sur leur rapport qui figure seul dans l'expression. Lorsque a est égal
à e, le rapport des logarithmes devient l'unité, et la démée de e^ est é'.
28. Dérivée de log x. — La dérivée de la fonction log x est, par définition, la limite
du rapport -^-^ j^ '' lorsque h tend vers zéro.
On a
log(a;+/t]-log^ ^"^i'+^j
Posons -=^or., h= c(x; cette expression devient
-^^ =-log I
Or, a tendant vers zéro, (i4-a)°'a pour limite le nombre e, l'expression (C) a donc pour limite — ^) et la dérivée c?e log a; est-^-
Si le logarithme est pris dans la base e, on le désigne habituellement par \x, et la dérivée de \x est - ■
29. Dérivée de sin x. — La dérivée de sin x est, par définition, la limite du rapport
sin [x-^h] — sina:
Or on a
, , . 2 sin - cos [ X +- ]
sin a? -4- H ) — sin X 2 \ 2 /
sin-
et en remarquant qu'en vertu d'un théorème bien connu, —j— a pour limite l'unité
lorsque h tend vers zéro, on voit que le second membre a pour limite cos x et la dérivée de ^\n x est cos a;.
30. Dérivée de cos a;. — La dérivée de cos x est, par définition, la limite du
rapport
cos[x->rh) — cos.r
Or on a
. Il . ( Il 2sm - sm I a: +
li . ( - sm I X- 2 \
cos [x -{- h] — cos X 2 \ 2
2 sm -
° ayant pour limite l'unité, cette expression a évidemment pour limite — sina;,
et la dérivée de cos x est — sin x.
31 . Dérivée de tang x. — La fonction tang x étant égale au rapport -, on
pourrait ne pas la mettre au nombre des fonctions simples, mais on peut aussi obtenir directement sa dérivée de la manière la plus facile. Cette dérivée est, par définition, la limite du rapport
lang^+tang/t ^^
lang(j: + /t) — langar i — lang.rtang/j tang /j(n- tangua?)
h h A (i — lang x tang h )
et comme, A tendant vers zéro, — J-^ a pour limite l'unité, cette dernière expression tend vers i 4- tang* x, c'est-à-dire vers — — > et la dérivée de tang x est