XII AVERTISSEMENT
rien lu an delà, ignoraient les noms d'Euler et de Bernoulli, et mettaient -4:. sur un même plan dans leur souvenir Newton et Bezout, Descartes et Bu-
dan, Moivre et RoUe, Gauchy et Sarrus, dont les noms leur rappelaient chacun l'énoncé d'un théorème et une démonstration de quel([ues pages. J'ai été vivement frappé, il y a un grand nombre d'années déjà, en entendant tm savant estimable, connu par de bons travaux de Physique expérimentale, parler très-légèrement du mérite de Newton comme Géomètre. IMon étonnement l'ayant forcé de s'expliquer, je m'aperçus, qu'à ses yeux, Newton était surtout l'inventeur de la formule du binôme, qui pour lui, bien entendu, n'avait de sens que dans le cas d'un exposant entier et positif. Ge souvenir, peut-être, a exercé quelque influence sur la rédaction d'un Traité d'Algèbre dans lequel le savant et spirituel Terquem s'étonnait de voir subsister deux noms, celui de Descartes et celui de l'Auteur.
Je n'ai donc nullement cherché à introduire dans le texte l'histoire abrégée des progrès du Galcul intégral. Gette histoire, si je tente de l'écrire, formera une œuvre à part qui pourra être i-éunie à l'Ouvrage dont je donne ici le second volume, mais qui doit en rester distincte.
Je ne puis terminer cet Avertissement, si rapide qu'il soit, sans adresser mes sincères et vifs remercîments à M. Darboux et à M. Thoman dont l'affectueux concours gracieusement offert m'a été extrêmement utile. M. Darboux, dont je n'ai pas à rappeler la pénétration et le savoir, a bien voulu revoir toutes les épreuves et substituer, aux corrections typographiques que j'attendais seulement de lui, des observations judicieuses sur le texte même, et plus d'une fois la rédaction nouvelle d'une démonstration difficile remplaçant avec grand profit celle que j'avais essayée moi-même.
Les calculs et les Tables numériques^ sont dus à M. Fédor Thoman, qui joint à l'habileté d'un calculateur sans égal le savoir profond d'un Géomètre judicieux et inventif.