ÉPURES, MODÈLES, PERSPECTIVES
1064. Je terminerai ce traité par quelques remarques sur l'ensemble des études nécessaires aux jeunes gens qui veulent exercer la profession de charpentier. Ces études sont évidemment de deux espèces parfaitement distinctes.
Les unes se rapportent à l'emploi des bois droits , et dépendent essentiellement des principes de la statique, tandis que les autres , qui ont pour but l'exécution des assemblages et des pièces courbes, sont plus particulièrement du domaine de la géométrie descriptive.
C'e*t principalement cette dernière partie que Ton s'est proposé d'étudier dans l'ouvrage actuel , les questions d'équilibre devant faire plus tard le sujet d'un traité spécial.
Les études nécessaires pour devenir habile dans la construction des ouvrages de charpente consistent ordinairement dans l'exécution graphique d'un certain nombre d'épurés et dans la construction de quelques modèles.
1065. On peut , en général , distinguer trois sortes d'épures , savoir :
1" Les épures de principes; - 2° Les épures d'étude ; 3° Les épures d'application.
1066. Les épures de principes ne doivent contenir qu'un
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petit nombre de lignes ; ainsi , par exemple , s'il 's'agit de la construction d'une courbe, on ne conservera que les opérations nécessaires pour expliquer la méthode générale par laquelle on peut obtenir un point quelconque de cette courbe , ou les abréviations résultant de la position exceptionnelle de quelques-uns des points cherchés.
1067. Les épures d'application doivent être encore plus simples que les épures de principes , car elles ne doivent contenir que les données et les résultats , sans qu'il soit nécessaire d'y conserver aucune ligne d'opération.
Il n'est même pas toujours indispensable de tracer sur Tépure toutes les lignes qui forment le contour ou les arêtes de l'objet que Ton se propose d'exécuter. Ainsi , lorsqu'un arc d'ellipse provient de la rencontre d'un berceau cylindrique avec la face plane d'un pan de bois", il n'est pas nécessaire que cette courbe soit projetée; car lorsque la surface cylindrique et le plan dont il s'agit seront taillés , l'arc d'ellipse provenant de la rencontre de ces deux surfaces résultera évidemment du travail de l'ouvrier , quand même on aurait négligé de tracer cette ligne sur l'épure.
1068. Si les épures de principes et les épures d'application doivent contenir très-peu de lignes, il n'en est pas de même des épures d'étude. En effet, indépendamment des données et des résultats , elles doivent conserver toutes les lignes nécessaires pour rappeler les principes , souvent nombreux , par lesquels on a déterminé les diverses parties des lignes obtenues.
Il est bien entendu qu'il ne s'agit pas ici de la répétition fastidieuse d'une même opération exécutée autant de fois