Les figures 54, S», 49 et oO extraites de l'article cité
vl. 5, m sous. 35
plus haut (Annales 1839) représentent le système adopté par M. Long, ingénieur américain. La figure 34 eat la projection verticale, la figure 49 est le plancher supérieur, et la figure Su est le plancher inférieur auquel au a donné plus de force parce qu'il supporte les voies, comme cela est indiqué par la coupe en travers, fig. 52.
Le$ tiges verticales sont réunies avec les grandes moises hori* zootaies par des assemblages que l'un peut resserrera volonté* ce qui permet de détruire la courbure provenant du richement des mortaises.
Les figuras 85, 86, 87 et 88 ferpnt comprendre les assemblages employés pouç réunir les pièces, pendantes et inclinées avec les pioises horizontales ou longerons inférieurs x et les figures 55 , 57 y 58 et 59 indiquent les assemblages avec le* i»oiseshori«ontale§s,upérknre^.te.s lettres semblables sur toutes ces figures désignent les mêmes pièces.
Ainsi , sur (es figures 85 , £6 ,, 87 et 2ft, les tjçoifc n^oises horizontales ou longerons sont désignés par les lettres L, \i et 1/', et les deux poinçons verticaux par V et V. La perspective , fiç. 2$, fera comprendre facilement la disposition de toute* ces pièces ,. dont quelques-unes ont été supprimées sur les figures 25* 26 et 87., Ainsi, la figure 87 ne contient que les deux longeron* L et V dont la. projection est commune, la moise, verticale Y, la moise, inclinée D^ et la pièce E comprime entre les deux moi&eç D ci D^ comme on le voit , flç, 2$. La figure 87 contient encore la projection d'une pièce F posée sur 1$ longeron L', flg. 26, et qui soutient le pied de la pièce inclinée E.
Enfin, la lettre C, flç. 27, indique la projection commune à deux coin% destinés, à serrer l'assemblage des pièces V et l> avec les deu$ inoiçes horizontales ou longerons L et L'. I/uu de ces coins est dessiné en perspective sur la figure 28 qui contient en outre la place réservée à un second coin semblable au précédent, et qui doit serrer l'assemblage des pièces V et D' avec les deux longerons L' et L".
68. M, Stevenson A dans* l'ouvrage d'où nous avons extrait ce qui précède , <Jit que cet assemblage ne contient ni clous , ni
chevilles; mais cette remarque n'est sans doute applicable qu'aux pièces verticales ou inclinées ; car, il est évident que si les trois moïses ou longerons horizontaux L , L' et L", fig. 25 et 26, n'étaient pas solidement reliés et serrés par des boulons ou des liens placés très-près des assemblages que nous venons d'étudier, Fécartement qui pourrait provenir de l'élasticité des bois laisserait échapper toutes les pièces qu'elles sont destinées à réunir; les coins G ne pouvant exercer aucune pression horizontale dans le sens perpendiculaire à la direction du pont.
69. La figure 55 est la perspective de l'assemblage qui a lieu au point H de la figure 54, et qui est projeté sur les figures 57 , 58 et 59. Les pièces déjà projetées sur les figures 25 , 26 et 27 sont indiquées ici par les mêmes lettres, à l'exception des moises horizontales supérieures que nous désignerons par les lettres M, M' et M".
Sur la figure 57 , nous supposerons que l'on ait enlevé la moise horizontale M", la moise verticale V, et la moise inclinée D'. Le reste sera facile à comprendre. Ainsi, la pièce D taillée en biseau dans sa partie supérieure fera l'office de coin, et contribuera à serrer la moise verticale V contre les faces verticales de la mortaise comprise entre les moises M et M' , tandis qu'un coin G serrera l'assemblage des deux pièces M' et E.
Il est bien entendu , comme nous l'avons dit plus haut , que toutes ces pièces devront être fortement serrées par les trois moises horizontales M, W et M", qui, pour cette raison, devront être réunies solidement par des boulons ou des liens.
70. Pour prévenir la flexion , M. Long place au milieu de la travée , flff. 51, une ferme dont le tirant est formé par la moise supérieure M.
71. La figure 42 fait voir de quelle manière le plancher inférieur est soutenu par les longerons horizontaux. Je ne sais pas si , malgré les nombreux exemples observés en Amérique par M. Stevenson, il est bien prudent d'appuyer le plancher sur des longerons suspendus aux tiges verticales V, V, auxquelles
ils ne sont attachés, ûg. 25, que par des embrèvements serrés avec des coins. Si l'on pense que ce plancher, à deux voies, et sans aucun soutien intermédiaire , doit, dans certains moments, porter deux convois, on se demandera sans doute si des combinaisons aussi hardies, sont suffisamment compensés par la facilité avec laquelle on peut resserrer les assemblages. Dans tous les cas , nous allons voir que les ingénieurs allemands n'ont pas cru devoir employer les mêmes moyens de suspension.
722. Ainsi, on trouvera dans le cinquième cahier des Annales des ponts et chaussées (septembre et octobre 1854), un mémoire extrêmement intéressant sur la construction projetée , à cette époque , du pont de Wittemberg sur l'Elbe.
La figure 29 est la projection de la partie de pan de bois vertical qui est au-dessus de Tune des piles.
Le principe adopté est une combinaison des systèmes représentés par les figures 6 et 54 ; c'est-à-dire qu'aux pans de bois en treillis qui constituent le système de M. Town , flç. 6, on a cru devoir ajouter les tiges verticales ou poinçons dont nous avons parlé au numéro 57. On remarquera cependant, que les tiges verticales en bois qui existent dans le pont de M. Long, flg. 54, sont remplacées, fiç. 29, par des tiges en fer; et c'est probablement pour combattre la flexion , que l'on a donné 0m,0525 de flèche à la moise supérieure kh, fig. 40, ce qui me paraît bien faible pour une travée de 53 mètres de portée. La coupe, fiç. 39, indique la disposition du plancher et des voies latérales destinées aux piétons.
Les assemblages indiqués en perspective par les figures 28 et 55, sont remplacés dans l'exemple actuel, par des sabots en fonte, dont nous allons donner les détails.
73. Les figures 1, 2, 4, 44, 45 et 46 indiquent les assemblages des tiges verticales et des pièces inclinées avec les moises horizontales.
La figure 2 est l'assemblage, au point G , de la figure 29; et la figure 44 représente l'assemblage au point H.
SB PONtt BÏAJS *t. 5.
Là flgtttfè Si est là per&pectfote du fcabot eu fonte destiné à recevoir le» pieds de toutes les pièces de bois qui aboutissent au point 0 de la figure 29, et le sabot, représenté par la figure 60, est destiné à recevoir les extrémités supérieures des pièces qui aboutissent au point H.
La figure 4 est le plan, et la figure i est la coupe par le piab P des figures 2 et 4.
Les deux tiges m et n , situées dans un plan perpendiculaire à la projection, flg. 2 , sont cachées sur cette projection par la pièce verticale V.
Ces tiges, flg. 4> passent entre les molseô L, L' et L".
Ainsi le sabot, flg. 21, réunit les pieds de huit pièces de bois , savoir :
1° Les deux moises D, formant les arbalétriers de la ferme qui a son sommet au point H' de la figure 29.
2° Les deux moises B, formant l'un dès bra» de là croit de Saint-André comprise entre les tiges verticales OH et KR.
3° Les deux pièces de bols verticales désignées pat là lettre V sur les projections, flg. 2 et 29, enfin :
\* Les deux bras S de deux croix de Saint-André qui ont une projection commune sur la figure 29.
Ainsi, les huit pièces dont les" pieds sont réunis par lé sabot, flg. 21, sont des moises; tandis que 1e àabot dessiné sur la figure 60 > ne réunit que six pièces de bois, savoir î les quatre moïses désignées par les lettres V et F sur les figures 29, 44 et 48, et les deux pièces N et U comprises entre les moises D et B de la figure 29.
Les deux croix de Saint-André situées entre les montants verticaux V et V, flg. 29, ont une projection commune , leur distance est maintenue par les deux soliveaux aa et ce. Les pièces F et S sont assemblées à mi-bois, et leur fouettèment est détruit par un tasseau projeté en points, flg. 29, et dessiné en perspective, flg. 43.
Les figurés 58, 57 et 50 sont les perspectives des sabots en fonte placés aux extrémités des tiges verticales et destinés à réunlrïes pièces de bote Inclinés. Là forme de ces cabota dépend du nombre de pièces qu'ils doivent recevoir. Aitisi, le sabot dfes*
pl. S. m bois. â&
sine sut la figure 56 serait placé au point K de là figure 29 et réunirait 3 pièces, savoir : les deux moïses E, et la pièce moiséô N; le sabot, fig. 57, serait placé au point m de la figure 40 où il réunirait les deux pièces moisées mn; enfin, le sabot, fig. 58, serait placé au point u de la même figure et réunirait quatre moises dont les projections nv se confondent dëUx à deux.
Les écrous placés aux extrémités supérieures des tiges verticales permettent de relever les fermes.
Les boulons ne seront placés, fi&. 29, qu'aux points de croisement où il n'y a pas de tiges verticales.
Aux points x, les tiges passent entre les moises et les pièces moisées, que Ton n'a pas besoin d'entailler puisque ces pièces sont écartées comme on le voit; fl£. 1 et 4, d'iuie quantité égale à l'épaisseur des parois en fonte qui séparent les compartiments des sabots. Les figures 52 et 55 sont les projections horizontales des deux planchers; la figure 55, est le plancher supérieur et la figure 52 est le plancher inférieur, dont les solives sont plus rapprochées afin d'obtenir la fortîé nécessaire pour supporter les convois.
Î4. Afin d'éprouver la force du pont dont nous venons de donner les détails on a monté dans le chantier, flg. 40, une travée de 53m,669 de longueur. On a établi cette travée à une hauteur suffisante seulement , pour que l'on pût observer les oscillations, sans qu'il y ait aucun danger en cas de rupture.
78. Pour bien comprendre ce que nous allons dire, il faut distinguer l'élasticité absolue de l'élasticité partielle. Ainsi, par exemple, supposons qu'après le temps nécessaire pour que les assemblages soient complètement serrés, le plancher inférieur ac du pont qui est projeté, flg. 40, soit parfaitement horizontal, la pression verticale produite par le passage d'un train, fera descendre le milieu m d'une quantité, qui sera la flèche de l'arc am'c par lequel la droite amc sera momentanément remplacée.
Or, si après le passage du train le point mf se relève, et vieùt reprendre Êxâcterftent sa position prifnifivo ; de manière que la
moise horizontale amc soit de nouveau parfaitement droite, on pourra dire que l'élasticité est complète. Mais, cela n'arrivera presque jamais ainsi, parce que, malgré le serrement des assemblages, les bois sans perdre toute l'élasticité qui dépend de leur longueur, éprouveront par l'action des forces verticales une compression, et par suite un affaissement qui subsistera encore, lorsque la cause de cette déformation aura cessé. De sorte, que le point m', au lieu de revenir à la place qu'il occupait avant l'épreuve, restera un peu au-dessous; la courbure de la moise persistera encore après le passage du train, et la distance verticale comprise entre le milieu de la droite horizontale ac «t la hauteur à laquelle le point m! sera parvenu en remontant après l'épreuve, se nomme la flèche permanente , de sorte que, pour évaluer l'effet produit par le passage d'un second train, il ne faut tenir compte que de la quantité dont cette seconde épreuve aura augmenté la flèche provenant de l'épreuve précédente.
Ce que nous venons de dire pour le passage des trains, s'appliquerait également aux pressions produites en un ou plusieurs points du tablier, par la présence ou la chute de corps plus ou moins pesant»
7t>. La question d'obliquité qui fait le sujet des études actuelles, n'exige pas que nous exposions ici tous les détails des expériences qui ont été faites pour constater la solidité du pont de Yittemberg. Je renverrai le lecteur à l'article des annales que j'ai cité plus haut, et je me contenterai de rappeler qu'après cinq épreuves consécutives, parmi lesquelles deux, trois et quatre locomotives pesant ensemble 130 tonnes, ont marché et se sont arrêtées au milieu du pont, où elles sont retombées après avoir passé sur deux coins de 0m,029 de hauteur, la flèche permanente n'était parvenue qu'à 0m,00931.
Deux cent quarante hommes sautant ensemble et en mesure , vingt à trente fois de suite, au centre de la travée, n'ont fait augmenter cette flèche que de 0m,01962, ce qui a porté la flèche totale à 0m,02893.
Cette expérience a été répétée trois fois.
Les mêmes hommes traversant le pont au pas, n'ont produit
qu'une augmentation de 0m,00486 sur la flèche permanente ce qui a donné 0m,0U17 pour la flèche totale. Enfin, trois locomotives et 51 tonnes uniformément réparties sur le pont, n'ont fait parvenir la flèche totale qu'à 0"\07319.
La plus grande flèche égale à 0m,079i6, a été obtenue par deux locomotives placées au centre, et un poids de 103 tonnes uniformément réparties, ce qui équivaut à un poids de 205 tonnes. C'est alors seulement qu'une plaque dont la fonte était poreuse s'est brisée.
En resserrant les écrous des tiges de fer entre les 7e et 8e épreuves les fermes se sont relevées.
77. L'auteur de l'article que nous citons, ajoute que «ces expériences avaient pour l'Allemagne un intérêt beaucoup plus grand que pour la France, parce que les ponts en bois y sont généralement adoptés pour les grandes portées , tandis qu'en France, on les a bannis complètement des chemins de fer.»
Je ferai remarquer cependant, que les ponts et passerelles en treillis pourraient être utilement employés pour les voies de communications secondaires destinées aux piétons et aux voitures ordinaires , et que, sous le rapport de l'économie et de la sécurité, ces constructions seraient préférables au système si dangereux des ponts suspendus.
78. Le pont dont nous venons de parler est un pont droit, mais il est évident que tout ce qui vient d'être dit peut s'appliquer également à un pont biais.
S'il est possible de traverser la rivière avec une seule travée, nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons dit au numéro 50, mais, s'il doit y avoir une ou plusieurs piles, on fera bien d'avoir égard aux considérations suivantes.
Les ponts construits d'après les principes précédents, ne donnant lieu à aucune poussée horizontale; nous en avons conclu, qu'il suffirait de les poser sur la pile sans les attacher par aucun lien à cette partie de la construction. On pourra donc demander quel est le but des jambes de force ou contre-fiches indiquées sur les figures 29 et 40.
Ai potftà bîâis Pu 5.
D est certain que ces pièces seraient inutiles, si l'on pouvait parvenir à donner au plancher une roideur absolue. Mais il n'en est pas ainsi dans l'application , et les bois conservant toujours un peu d'élasticité, la brusque transition t)ui aurait lieu au moment où le convoi quittant le corps dur et non élastique de la pile, arriverait sur les parties plus flexibles du tablier, pourrait faire rompre quelques-unes des pièces qui le supportent ; et c'est pour éviter ce danger que les jambes de force sont principalement utiles.
C'est probablement aussi pour diminuer un peu la différeiice d'élasticité entre la pile et la travée que l'ingénieur du pont que nous étudions, a placé sur la pile, trois poutres, dont on voit les a bouts, ûg. 40. Mais dans un pont biais, flç. 55 et 36, il sera convenable de remplacer ces poutres par une enrayure com* posée de solives w perpendiculaires à la direction du mouvement. Ces pièces seraient contreventées par des croix de Saint-André ou simplement par des diagonales a. La Hgùre 10 est une coupe horizontale par le plan P de la figure 29, et la figure 53 est une section par le plan P4
La figure 11 indique comment on pourrait établir le passage sur le plancher supérieur. Nous avons fait remarquer au nuihéro 56, que cette méthode aurait l'avantage de contreventer les pans de bois verticaux ; mais le chemin se trouverait plus élevé, et les abords en seraient moins faciles. D'un autre côté, si l'on adopte la disposition représentée sur la figure 39 , les pans de bois verticaux né seront pas cohtreventés, et pour empêcher le déversement, il serait peut-être utile d'ajouter des ferrures en équerre mon ou des contre-fiches suivant les lignes vu; ce qui exigerait alôfs que les pans de bois verticaux eussent un peu plus de hauteur pour ne pas gêner la circulation des trains.
79* On a dû reconnaître par ce qui précède, que les différentes manières d'assembler les moises horizontales ou longerons, avec les pièces inclinées ou Verticales, sont une des parties les plus importantes de la question qui nous occupe. On doit encore étudier avec le plus grafcd soin le meilleur mode
PL. 5. M BOIS, ht
d'assemblage au point où se croisent les pièces inclinées des pafts de bois latéraux.
80. Si Ton se contente d'un seul boulon en fer, il peut exister deux inconvénients :
1° Les bois peuvent se fendre dans le sens de leur longueur;
2° L'angle formé par les deux pièces peut s'ouvrir.
Les bois pourront se fendre si le trou du boulon n'est pas assez grand, mais encore dans le cas contraire; en effet, Fair qui pénètre dans un trou de boulon trop large, s'introduit entre lès fibrfes du bois , l'humidité pénètre dans ces fibres et ne tarde pas à y produite la pourriture. On ne peut remédier à cet inconvénient qu'en fermant hermétiquement toute espèce d'ouverture, c'est pourquoi des chevilles qui, par suite de leur compression , remplissent très-exactement le troti , sont quelquefois préférables à des boulons. D'ailleurs la pression verticale exercée sur lé boulon tend à faire fendre le bois dans le sens de sa longueur.
81. En effet, si les voies sont établies sur le plancher supérieur, Comme pour le pont de M. Thown, ûg. 6. Le passage d'un convoi aU point a de la figure 10, produira Une pression qui peut être remplacée par se$ composantes F, et F8 Mais il est évident, que la force F2 appliquée en a, et perpendiculaire h a«\ fera de cette pièce un levier du second ordre, dont le point d'appui est au point c, et pour lequel le boulon fiké danfc lu pièce a'c' est la résistance. Or, la pression F4 exercée sur lé boulon , agira comme un coin , parallèlement aux fibres de la pièce ttV et pourra faite fendre cette pièce dans le sens de sa longueur. Lorsque le convoi passera au point a', il se produira urt effet analogue, c'est-à-dfre qtié la pression &girà dans le sens de là pièce ne. Ainsi, aii passage de chaque train, le IrôU du boulon Reçoit deux chocs, agissant succëssivemeîit dans la direction de l'une des pièces croisées.
Les effets seront les mêmes , si lès VoiëS sont établies sur le planche!* inférieur. La seule différence, flgr. 19, c'est que dans ce dernier cas> la puissance est appliquée au point c et l'appiii du levier est en «>
kk PONTS BIAIS PL. 5.
88. Si les deux pièces croisées sont fortement comprimées entre l'écrou et la tête du boulon , les forces produites par le passage des convois seront promptement transformées en vibrations , qui se communiqueront sans aucun danger à toutes les parties de la charpente : mais , si le l>ouion n'est pas bien serré et que le trou soit un peu large, les effets que nous venons de signaler auront nécessairement lieu, et Ton comprend alors pourquoi il est utile de serrer fréquemment les assemblages.
85. Quant à la variation de l'angle formé par les pièces croisées , elle ne peut provenir que d'un changement produit dans la direction de ces pièces par l'altération on par le gauchissement de quelque autre partie de la charpente.
Si les points de croisement sont peu nombreux , cela sera insensible sur l'ensemble général de la construction , mais s'il y a un grand nombre de croisements, comme dans un pont en treillis, la somme de tous les effets très-petits qui ont lieu dans un grand nombre de points , finira par produire une déformation sensible.
84, Quelques ingénieurs américains ont cherché à combattre les variations de l'angle, en plaçant quatre chevilles, comme on le voit au point a de la figure 22 , mais il est évident que cette méthode affaiblira le bois, d'autant plus que, pour obtenir le plus grand effet, il faut écarter les chevilles et les placer par conséquent très-près des arêtes de chacune des pièces. On diminuera l'inconvénient dont nous de parler en ne plaçant comme on le voit au point c que deux chevilles, entre lesquelles on ferait passer une tige ou poinçon vu qui, en supprimant la pression verticale , ne laissera aux deux chevilles que la fonction de détruire ou au moins de diminuer l'élasticité du bois. On peut aussi dans ce but rapprocher les deux pièces, comme on le voit sur la figure 24, au lien de *es écarter pour le passage des tiges.
Si Ton craint que les bois ne soient trop affaiblis par plusieurs chevilles, on peut n'en placer qu'une seule, et dans ce cas, on fera passer la tige à droite ou à gauche du point de croisement, flff. 15.
PL. 5. BN BOIS. 45
On peut aussi écarter les chevilles eu employant la combinaison qui est projetée fig. 47 et 48. Les tasseaux H , boulonnés ou chevillés avec les moises D, seraient assemblés avec la pièce E, par de simples embrèvements, qui suffiraient pour détruire tout mouvement de sciage entre les deux pièces croisées.
Enfin , on peut fortifier la pièce moisée E par l'addition de deux soliveaux S , placés entre les moises D , comme on le voit en projection sur les figures 20 et 25, et en perspective sur la figure 3. Ces deux soliveaux seraient attachés à la pièce E par des chevilles ou par des boulons m parallèles aux moises D , et reliés à ces dernières pièces par des boulons ou chevilles u perpendiculaires à leur direction.
La figure 5 indique l'entaille ou embrèvement destiné au passage de la tige verticale, ce qui permettra de rapprocher les trois longerons M, M1 et M", comme on le voit figure 23. Je crois que cette combinaison, en augmentant la roideur de l'assemblage, serait préférable à l'écartement indiqué sur les figures 1 et 4 pour le passage des tiges verticales. En effet, il ne suffit pas qu'un pont ait la force nécessaire pour supporter les convois , il faut encore que l'élasticité ne soit pas assez grande pour les faire dérailler; et l'on n'obtiendra ce résultat qu'en diminuant les distances comprises entre les points d'assemblages. C'est pourquoi il vaudrait peut-être mieux, dans certain cas, employer des bois plus minces et augmenter le nombre des pièces afin de rapprocher les points de croisement.
85. La manière d'assembler les moises horizontales doit encore attirer toute l'attention du constructeur. Ainsi, le trait de Jupiter, fig. 34, peut convenir pour réunir les deux parties d'une pièce qui ne doit pas être exposée à de grands efforts , mais dans le cas contraire, cet assemblage ne vaut rien, à moins qu'il ne soit fortifié par des doublures comme l'assemblage qui est projeté, flgr. 41, car les liens ne suffiront pas toujours pour empêcher la rupture.
En effet, sur un entrait, flg. 30, les forces F agissent par compression (58) et tendent à rapprocher les deux parties A et B. Mais les angles vou, agissant comme des coins, feront
46 po.vrs biais pl. 5#
fendre les parties A et B suivant les lignes os. Dans ce cas, les faces vo, v'o, glissant sur des plans inclinés, la partie A montera, tandis que B descendra; ce qui augmenterait l'épaisseur xy de la pièce si les liens mn ne s'opposaient pas à cette augmentation. Mais, l'angle hzv formé par les faces hu et vo étant trèwugu, la force qui tend à faire éclater le lien sera considérable, et je ne crois pas qu'il soit prudent de se fier à cette armature.
Nous venons de voir que lorsqu'il s'agit d'un entrait, Içs liens peuvent quelquefois s'opposer à la rupture du trait de Jupiter, mais, dans un tirant, les liens ne serviront à rien, En effet» sur le tirant, ûg. 3i, les forces F, agissant par extendon, tendant par conséquent à écarter les deux parties A et B. que Ton s-e&l proposé de réunir.
Or, il e&t évident, que dans ce cas, fîff 54, la seule régis* tance à la rupture se réduit aux fibres très-courtes ac> suivant lesquelles les parties triangulaires qch se rattachent aux partie* A et B de la pièce; et l'on comprend, que ai un seul des deux crocheta acu vient à être arraché comme on le voit figure 31, les liens mn n'opposeront plus aucun obstacle au mouvement des deux pièees A et B dans la direction des forces Ft par tes* quelles elles sont sollicitées.
86. Noua conclurons de ce qui précède, que si le trjtyt de Jupiter peut quelquefois être employé sans inconvénient pour réunir les deux parties d'un entrait , il ne vaut absolument rien pour assembler les parties d'un tirant; que par conséquent, si l'on croit pouvoir employer cet assemblage pour les maires supérieures d'un pont en treillis, on doit le rejeter d'une manière absolue lorsqu'il s'agit de réunir les moïses inférieures ou longerons, à moins, que ces pièces ne soient doublées par d'autres, ou fortifiées par des plaques de fonte solidement boulonnées,, comme on le voit sur la figure 56; et, dans t&m les cas, les joints rectangulaires projetés sur les figures |4* Ai et 56 seront encore préférahlea.
87. Quelquefois, il sera utile d'augmenter le nombre des moises hcuriaontaks, et l'inspection de la figure 6 suffira sans
pl. 6. tis nois. . 47
doute pour faire comprendre combien chaque pan de bois sera fortifié, d'abord, par les quatre couples de moïses inférieures et supérieures*, ensuite, par le garde-fou que l'on peut considérer lui-même comme un second pan de bois qui , en augmentant la hauteur du premier, contribue par conséquent à en accroître la force.
88u Les pans de bois en treillis ne sont pas les seuls que Ton puisse appliquer à la construction des ponts biais; et toutes les fois qu'une ferme aiic% fiç. 4, pl. 6, aura un tirant, on pourra la poser sur les culées ou sur les piles dans telle direction que Ton voudra (50). Les solives qui supportent le plancher mm seront posées sur les tirants , fiç. 2 , et les fermes seront contrçventées comme dans un comble ordinaire, par les faitages horizontaux uu , u'u.
Il ne peut donc entrer dans le plan de cet ouvrage de donner la description de tous les conibinaisons qui peuvent remplir le but que Ton se propose d'atteindre , et quelques exemples re-^ masquables suffiront pour indiquer dans quel sens les ingénieurs doivent diriger leurs études.
89. Au lieu de réunir tous les tirants en un seul, comme nous Pavons vu sur les deux planches précédentes, on peut rassembler les arbalétriers. Ainsi A par exemple, flç. 4, si Ton superpose les fermes a-l-c, a-.S}-c', a-3-c", etc., on aura une ferme composée dont l'arbalétrier as sera la réunion, des, %vb&létriers ût l , a --2, a-3 , etc.
Les poinçons l-o, ?-c, 3-c'? etc., et les tiges verticales mu empêcheront la flexion du tirant ao , et soutiendront par suspension les pieds des arbalétriers 1-c, %-c\ 3-c", etc., qui à leur tour empêcheront la flexion des arbalétrier* principaux, as.
On peut remplacer ces arbalétriers par des courbes, et l'on aura la ferme AMO dont on n'a conservé que la moitié sur la figure 5.
Cette ferme appartient à un pont droit construit sur la Delà-, ware à Trenton.
Ce pont est fr deux, voies et. se compose de cinq fermes. Les
trois fermes intérieures, plus fortes que les deux autres, contiennent entre elles, deux chemins pour les voitures; les espaces compris entre ces fermes et les fermes des têtes sont réservés au passage des piétons. La disposition de ces voies et des planchers, est exprimée par une coupe que l'on trouvera dans le numéro déjà plusieurs fois cité des Annales (année 1839).
90. Quelquefois on se contente de réunir les pieds des arbalétriers. Ainsi, la ferme composée qui est représentée sur la figure 6, peut être considérée comme la réunion des fermes simples a-l-c, a-2-c', a-3-e", a-A-c'", etc.
Cette ferme fait partie d'un pont biais construit en Amérique sur le Patapsco près d'EUicots -Mills. On en trouvera une description complète dans le 4e cahier des Annales, juillet et août 1847.
Dans cet exemple, l'ingénieur a rassemblé les pieds des seize jambes de force ou contre-fiches qui remplissent ici les fonctions d'arbalétriers pour les deux fermes adjacentes, dans un seul sabot en fonte représenté en perspective sur la figure 7.
La figure 5 est la perspective de Pun des sabots qui remplissent les mêmes fonctions sur les culées.
91. Je terminerai ces études des ponts biais en bois, par les projections, ûg. 9, il et 14, du pont construit à Harpers- Ferry, entre la côte de Cumberland et le canal de la Ghesapeak à TOhio. La figure 11, extraite du numéro que nous venons de citer, contient un peu après la seconde pile, en allant de gauche à droite, le point de jonction du chemin de fer droit AG de Winchester au Potomac, avec le chemin GOD en ligne courbe qui se dirige vers le Cumberland.
Chaque raie est indiqué sur ce plan par un simple trait , les pièces vu, VU, sont les solives en charpente qui supportent le plancher KH, Gç. 9, et les pièces ombrées mn sont les tirants ou longerons sur lesquels s'appuient les solives dont nous venons de parler. Ces fermes, au nombre de deux seulement pour chaque chemin , sont composées comme on le voit sur la figure 9 , qui est la projection verticale d'une partie de la ferme mn, fiç. 11.
Les pieds des arbalétriers sont assemblés dans des sabots de fonte réunis et boulonnés comme on le voit par la perspective, flg . 10. L'un de ces sabots est dessiné en projection sur la figure 8. La figure 16 est la perpective d'une plaque en fonte, placée figure 10 , entre les longerons L et L' , avec lesquels elle est solidement boulonnée.
92. Ainsi, les ponts en charpente ne sont autre chose que de grandes fermes composées par la réunion de fermes plus simples. Dans les unes , pi 4 et S , on a réuni les tirants, tandis que dans d'autres, pL 6, flg. 3, on a réuni les arbalétriers ou simplement leurs pieds comme on le voit, fiç. 6 Mais, dans tous les cas, le but principal était d'éviter la poussée sur les piles et l'on y est évidemment parvenu pour les ponts projetés sur les figures 6 et 9 , en ramenant tout au principe général énoncé au numéro 505. Mais il n'en est pas ainsi pour les fermes du pont qui est projeté, flff. 3, et malgré les éloges donnés à ce système par M. l'ingénieur Stevenson, je ne crois pas que cette combinaison soit irréprochable. En effet, on sait que dans [une ferme, ample ou composée, toutes les forces se réduisent à deux résultantes dirigées suivant les tangentes aux pieds des grands arbalétriers. Or, dans l'exemple actuel , ces résultantes agissent évidemment sur la pile et pourraient la renverser, si la poussée produite par Tune des fermes n'était pas détruite par la poussée de la ferme adjacente; mais au moment où un convoi est engagé sur Tune des deux travées, l'équilibre n'existe plus et, dans ce cas, il se produit un double effet.
D'abord le poids du convoi agissant sur les tiges verticales, tend à redresser l'arbalétrier en augmentant sa corde] tandis que le môme poids, en faisant prendre de la courbure au tablier, diminue la distance horizontale de ses deux extrémités, qui pourront alors s'éloigner des piles, en abandonnant le pied de l'arbalétrier, malgré les liens, dont la disposition, flç. 3 , ne peut opposer qu'un faible obstacle au mouvement horizontal que nous venons d'indiquer.