‹ Traité de charpenteChapitre 26 sur 125 · PL. 3. ASSEMBLAGE · texte numérisé non relu

PL. 3. ASSEMBLAGE

51. Si les deux branches de la croix se rencontraient trop obliquement, fig. 8 , on pourrait faire disparaître les angles aigus des points m et n au moyen des petites coupes ma, ne 9fig* 10.

Les deux pièces sont représentées en perspective par la

52. Les assemblages de deux pièces de bois sur l'angle et par leurs extrémités peuvent être variés d'un grand nombre de manières : nous nous bornerons à quelques exemples.

53. On peut employer une queue d'hironde,^. 14; mais alors il faut donner peu de largeur au tepoû pour ne pas trop affaiblir la jouée m de la mortaise.

54. On satisfera mieux à cette dernière condition en donnant au tenon A,y%« 45, la forme d'une deim>queue d'hironde.

55. Les fig. 13 et 7 sont les perspectives de l'assemblage projeté fig. 12. Les deux tenons ou queues d'hironde de la pièce A doivent occuper les creux de même forme qui séparent les tenons de la pièce B.

La mise enjoint s'obtient en faisant avancer la pièce B, suivant la direction indiquée par une flèche sur la fig. 13.

56. L'assemblage projeté^. 17, et représenté en perspective par les fig. 16 et 11 , diffère de celui qui précède en cela que les queues d'hironde sont cachées dans l'épaisseur du bois.

57. Lorsqu'on fait avancer la pièce A dans la direction indiquée par la flèche y le tenon pu queue d'hironde de

cette pièce se loge dans la mortaise correspondante de la pièce B, et les tenons de cette dernière pièce viennent occuper les mortaises de la pièce A.

58. Les fig. 18, 19 et 20 représentent deux manières différentes d'assembler des pièces de bois bout à bout.

59. L'on peut employer ces assemblages dans le cas où les forces agiraient suivant la longueur des pièces, et de manière à comprimer leurs fibres. Mais , si Ton prévoyait quelque cause qui fut de nature à éloigner les pièces l'une de l'autre en les tirant dans la direction de leur longueur, ilserait prudent d'ajouler/îgr. 19 Ja clef rectangulaire, dont la tête est indiquée par des hachures , et dont la place en creux se voit sur les pièces désassemblées qui sont dessinées en perspective fig. 18.

60. Les deux petits tenons rectangulaires, qui terminent les deux pièces A et B, ont pour but de s'opposer à toute espèce de mouvement dans un plan parallèle aux deux faces m et n.

On ajoute souvent , et dans le même but , des tenons de cette espèce aux assemblages à traits de Jupiter, dont nous avons parlé dans l'art. k&,fig. 13, pi. 2.

61. Les fig. 24- et 23 indiquent plusieurs manières de réunir des pièces parallèles ou jumellèes. L'assemblage de la fig. 24- ne s'emploie que lorsqu'il s'agit de planches. Quand la partie saillante , qui forme le tenon, se prolonge dans toute la longueur des pièces assemblées , elle prend le nom de languette, et le creux correspondant est une rainure .

62. Lu fig. 23 représente deux pièces parallèles réunies par une double queue d'bi ronde en bois dur , dont le fil

doit être perpendiculaire à la direction des pièces assemblées. Des liens de fer espacés convenablement augmenteront la force autant que Ion voudra.

63. La fi g. 28 fait voir de quelle manière, avec des bois trop courts , on peut conposer des poutres d'une grande longueur.

Les pièces réunies en faisceaux et fortement maintenues par des liens en fer devront être disposées en liaison , comme les pierres d'un mur ; c'est à-dire que le joint transversal , suivant lequel deux pièces se réunissent bout à bout, doit être le plus loin possible du joint correspondant des pièces adjacentes. Ainsi , par exemple , si la poutre principale devait se composer de quatre files de solives, et que toutes les pièces fussent de même longueur , les joints devraient correspondre au quart , à la moitié et aux trois quarts de la longueur des solives.

6fe. Le&Jîg. 25 , 26 et 27 représentent différentes combinaisons applicables à des pièces rondes ou rectangulaires. La réunion deç solives sera rendue plus intime en pratiquant sur leurs faces adjacentes des languettes et rainures ou des endentures ,fig. 22 , 23, pL lrr , dont la forme peut être variée d'un grand nombre de manières.

Ce dernier moyen a surtout pour but d'erapècber le glissement dans le sens de la longueur. Il diminue par conséquent la flexibilité de la pièce composée , ce qui du reste est quelquefois un inconvénient.

Les solives pourront être assemblées bout à bout , par des tenons, fig. 20, ou par des traits de Jupiter, fig. 13, pi 2.

Nous n'entrerons pas dans de plus longs détails sur cette question , qui intéresse plus la marine que la charpenterie civile.

70. Cette combinaison ne peut pas donner au pan de bois une solidité suffisante. Nous avons vu ( 12 ) que la forme rectangulaire des quadrilatères ne peut être fixée d'une manière invariable que par l'addition de pièces diagonales qui décomposeraient chacune de ces figures en deux triangles.

Les solives obliques a,a,à ,d \ destinées à produire cet effet , se nomment des guettes.

71. Lorsque les guettes ont beaucoup d'inclinaison comme celles qui sont au-dessus de la porte, on leur donne le nom de décharges. En effet , dans ce cas , elles agissent comme les deux arbalétriers d'une ferme, qui y aurait pour tirant la sablière s1 , et pour poinçon le poteau vertical p' ( 18 ) .

Par cette combinaison tout le poids des étages supérieurs de l'édifice est reporté sur les parties de pans de bois qui sont à droite et à gauche de la porte.

72. Les pièces verticales assemblées dans les sablières et les guettes se nomment lournisses ; elles ontprincipalement pour but d'empêcher la flexion des sablières , et par conséquent de soulager les poteaux en supportant une partie du poids des constructions supérieures.

73. Les poteaux situés aux angles d'un bâtiment , et à la rencontre des deux pans de bois qui en forment les faces , se nomment poteaux corniers.

Us doivent être prolongés en hauteur de manière à relier entre eux les différents étages.

74. Lorsque la façade a beaucoup de largeur, on prolonge ainsi quelques autres poteaux que l'on nomme alors poteaux de fond.

75. Les poteaux formant les montants à droite et à gauche des portes ou des fenêtres, se nomment poteaux d'huisserie.

En général , on donne le nom de bois d'huisserie a l'ensemble des pièces qui forment l'encadrement des fe» nétres ou des portes.

La pièce horizontale formant le dessus de la porte se nomme linteau.

76. La/%. 2 est une section du pan de bois projeté {fig-3 ) par le plan horizontal m n qui contient la face supérieure de la première sablière ; les hachures indiquent les places occupées par les abouts des poteaux , des guettes et des

fournisses.

77. La fig 1 est la section du même pan de bois par le plan horizontal mf n' qui forme la face supérieure de la sablière ^.

78. Les fig. 9 , 10 et 11 indiquent l'assemblage du poteau qui est au-dessus de la porte avec la sablière su- . périeure.

La fig. 11 représente le tenon du poteau, el\ajig. 10 est le double tenon, par lequel la guette s'assemble avec le poteau et la sablière.

79. Les fig. 12, 13, 14 et 8 indiquent différentes ma* mères d'assembler les tournisses avec la guette G.

80. Les fig. 12 représentent un assemblage à oulice. Les extrémités des tournisses sont coupées horizontalement , ce qui pourrait produire un avantage si les abouts des tenons coïncidaient bien exactement avec la face correspondante delà mortaise; d'un autre côté, les pièces

peuvent étfe désassemHées par un choc ou par une pression latérale. Cet ineonvéùient n'est pa» à oramdra avec les assemblages représentés /?£. 13 et H , pourvu que l'on ait le soin de faire les petites coupes e * perpendiculaires à la direction de la guetté.

Ces coupes , que nous avons nommées etnbrèveMënt (42), ne doivent jamais être négligées lorsqu'il s'agit d'assembler des pièces qui se rencontrent obliquement; et si elles ne sont pas indiquées partout sur les fig. 3, 4, 7 et 15, cela provient uniquement de la petitesse de l'échelle.

81. Si on met les tournisses dans le prolongement l'une de l'autre {fig. 13), elles soutiendront mieux la charge supérieure et ne feront pas gauchir les guettes , mais les mortaises seront alors trop rapprochées, ce qui ôtera beaucoup de force au pan de bois; c'est pourquoi on préfère souvent placer les tournisses comme on le voit fig. 14.

82. Lorsqu'on veut avoir plus de force , il vaut mieux augmenter la grosseur des tournisses que leur nombre, y afin de ne pas affaiblir les guettes par une trop grande quantité de mortaises.

83. La même raison , jointe au désir d'économiser la main-d'œuvre, engage beaucoup de constructeurs à ne pas faire de tenons à l'extrémité des tournisses , et à les clouer dans les guettes , après les avoir taillés obliquement comme on le voit fig. 8. Ce procédé cependant a l'inconvénient de faire fendre les guettes , et ne peut d'ailleurs être employé que dans les pans de bois , dont les vides doivent être remplis par de la maçonnerie. Mais si la construction devait rester à claire- voie, il faudrait que les assemblages fussent exécutés avec beaucoup de précision.

8&. On donne aux poteaux eofniers une épaisseur plus grande que les pans de bois auxquels ils Appartiennent» et dans ce cas, on évide l'angle intérieur comme on le voit sur les /?g>. 23 et S*. <

85 Les sablières inférieures des pans de bois ,, formant les deux façades du bâtiment , peuvent être assemblées à queue d'hironde , comme on le voit fig. 36.

La pièce A contient la mortaise destinée à recevoir Je tenon qui est à l'extrémité inférieure du poteail cornier

(Ar.a*).

Quelquefois enfin les sablière* sont assemblées à tenons et mortaises dans le pied du poteau cornier que Ton pose immédiatement sur la maçonnerie.

86. Toutes les pièces d'un même étage doivent avoir la même épaisseur. Mais à mesure que l'on s'élève, on peut diminuer la force des bois , d'abord parce qu'ils ont moins à porter que les étages inférieurs , et qu'ensuite ces derniers seront soulagés d'autant.

87. Il n'est pas nécessaire de donner la même largeur à toutes les pièces du pan de bois : il vaut mieux proportionner la force de chacune aux efforts qu'elle est destinée à supporter.

Ainsi , par exemple , si la partie correspondante à l'ouverture delà porte (/%. 3) devait être très-chargée f on pourrait augmenter indéfiniment la force du pan de bois :

1°En employant des solives plus fortes;

2° En plaçant les deux arbalétriers , assemblés dans le poteau qui est au-dessus de la porte et qui forme poinçon ;

3° En doublant la sablière dans toute la largeur qui correspond au-dessus de la porte ;

V En donnant plus de force aux deux tou misses qui for-

ment le prolongement des poteaux d'huisserie , et dont les pieds sont assemblés dans la pièce horizontale qui est audessus de la porte ;

5A En augmentant la force des deux tournisses qui correspondent aux pieds des arbalétriers dans le pan de bois inférieur ;

6° On pourrait encore obtenir une force immense en remplaçant les guettes par des moises , et les tournisses par des poteaux assemblés dans la sablière et dans la pièce horizontale supérieure.

Enfin , lorsque la disposition générale de l'édifice permettra de donner au pan de bois une grande épaisseur, on pourra remplacer les tournisses par deux rangs de poteaux entre lesquels seraient placées les guettes.

Dans ce cas , les sablières haut et bas seraient doubles, et les guettes seraient comprises entre deux pans de bois parallèles.

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