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PRÉPARATION DES GRAINES

OD met à égoutter dans des paniers qui, une heure aprës, sont pion* gés pendant un instant dans Teau fraîche. Après avoir fait égoutter le grain une seconde fois, on le sèche en retendant sur une aire.

Il faut se garder d'élever la température de la dissolution de sulfate de cuivre, dans laquelle le blé doit être immergé, car, même quand la température ne dépasse pas 50 degrés, l'immersion pendant un temps très court peut suffire pour priver le blé de sa faculté germinative.

Empoisonnement. — Il arrive parfois que les champs sont envahis par des émigrations de rongeurs. Boussingault eut à lutter en 1854 contre des campagnols, qui causèrent dans le seul arrondissement de Wissembourg, dans le Bas -Rhin, des pertes s'élevant à 800 000 francs. Il reconnut après de nombreux essais que du blé imprégné d'un mélange de 20 grammes de chaux et de 2 grammes d'acide arsénieux pour un litre faisait périr les campagnols ; pour éviter de détruire le gibier le mélange est introduit dans les drains.

Pralinage. — Quelques cultivateurs ont l'habitude d'additionner leurs semences de diverses matières minérales destinées à nourrir la jeune plante pendant les premiers jours de sa vie ; à diverses reprises on a préconisé le pralinage des grains, sans que l'avantage de ces pratiques soit bien évident. On assure qu'en immergeant des grains dans l'eau tiède pour les gonfler avant de les confier au sol, et en dissolvant dans cette eau des sels ammoniacaux, de l'azotate de soude ou des superphosphates, on obtient une levée plus régulière, qu'en semant des graines non préparées.

Je n'ai pas eu occasion de reconnaître l'avantage de ces pratiques; je croirais volontiers, dans tous les cas, qu'il convient d*employer le nitrate de soude, de préférence au sulfate d'ammoniaque ; celui-ci exerçant notamment sur les terres calcaires, probablement par formation de carbonate d'ammoniaque, une action funeste sur la levée, particulièrement quand on opère sur des semences délicates, comme celles des betteraves.

PHÉNOMÈNES CHIMiaUES DE LA GERMINATION.

Pour qu'une graine germe, il faut que les matières qui enveloppent l'embryon, et qui sont destinées à le nourrir, à lui fournir les matériaux nécessaires à l'accroissement de sa radicelle et de sa

tigelle, entrent en dissolution, arrivent jusqu'à cet embryon, le pénètrent et soient assimilés.

L'élude du passage de la graine, de la vie latente à la vie active, comporte plusieurs paragraphes :

Nous devons chercher d'abord quelles sont les conditions extérieures nécessaires au réveil de la vie.

Ces conditions étant remplies, l'évolution de la graine commence et nous devons suivre les métamorphoses que subissent les principes contenus dans l'albumen, pour être utilisés à la formation des organes nouveaux.

§ 3. — Des convoitions de la germination.

Pour qu'une graine vivante entre en germination, trois conditions sont nécessaires et suffisantes : il faut que la graine soit humide, placée dans une atmosphère oxygénée, et soumise à une température convenable.

Humidité. — Il n'est pas besoin d'insister sur la nécessité de l'humidité pour déterminer l'évolution de la graine; sèches, les graines peuvent être conservées longtemps sans altération. Le brasseur mouille les graines dans lesquelles il veut éveiller la vie, le jardinier arrose ses semis; les graines qu'on sème à une époque avancée de la saison, comme les betteraves, pour lesquelles on craint les gelées printanières, restent souvent en terre sans germer si la sécheresse suit les semailles. Quand la terre ne contient plus qu'une quantité d'eau très faible, la germination ne s'y produit que très irrégulièrement. A Grignon, en 1870, les betteraves ont manqué dans le champ d'expériences, dont la terre, jusqu'à 15 ou 20 centimètres, ne renfermait plus que 5 millièmes d'eau.

On croit, parfois, qu'un excès d'humidité est nuisible à la germination; dans un sol noyé, les graines pourrissent sans germer; mais dans ce cas, ce n'est pas l'excès d'humidité qui empêche révolution, c'est l'absence de l'oxygène, qui ne peut pénétrer dans une terre gorgée d'eau.

Il est facile de montrer que la germination se produit aisément dans l'eau, pourvu que l'oxygène ne fasse pas défaut. L'expérience peut être exécutée à l'aide de l'appareil suivant, que nous montrons depuis longtemps déjà dans nos cours du Muséum et de Grignon.

Sur un carton ou une planchette, on fixe des tubes de verre a, 6, c, etc., de 10 centimètres environ, assez larges pour recevoir des

graines; on les relie les uns aux autres pardes tubes à gaz courbés en arcde cercle; le premier tube porte un tube droit à entonnoir/Je dernier, uu tube ^ recourbé, effilé, qui permet de rejeter au dehors l'eau qui circule dans l'appareil. Les tubes étant garnis de graines, on y faîtcîrculer très lentement un courant d'eau. Les graines du premier tube, baignées par l'eau aérée, germent parfaitement; quelquesunes du second tube, trouvant encore un peu d'oxygène en dissolulioa dans i'eau, évoluent plus lentement, tandis que les graines

Fig. î. — Appareil employé au Maaéum pour montrer que les graine» germent dans de l'eau airèe et pouirUsent <lan« <le l'eau ae conleuaut plus il'oxfgtnc cd disso-

c{)iiteQues dans le dernier tube, ne recevant que de l'eau privée d'oxygène par son passage sur les graines des premiers tubes, ne montrent aucune trace de germination, mais, au contraire, pourrissent si l'expérience est quelque peu prolongée.

On peut encore faire germer les graines dans de l'eau tiëde constamment parcourue par un courant d'air, ce qui démontre de nouveau qu'un excès d'humiililé n'est pas nuisible h la germination.

Oxygène. — Ces expériences suffisent à établir que l'oxygène est nécessaire à la germination ; il est facile, au reste, de le démontrer autrement; en plaçant des graines gonflées dans des atmosphères variées, on reconnaît qu'elles ne produisent des radicelles que dans les atmosphères oxygénées.

P. Bert a monlré, il y a déjà plusieurs années ()], que l'oxygène amené à une tension plus forte que celle qu'il préseule dans l'air

(1] Cvmptea rtndui, 1873, t. LXV1H, p. 1193.

n'agit pas favorablement; lorsque la pression augmente beaucoup, la germination cesse de se produire; ainsi, dans de Tair comprimé à 10 atmosphères, les graines de ricin et de melon ne germent pas ; au-dessus de 7 atmosphères, Torge et le cresson cessent également de germer.

Nous montrerons plus loin comment on peut s'assurer facilement que la germination est toujours accompagnée d'un dégagement d'acide carbonique. La quantité de ce gaz, dégagée dans un temps donné, par un certain poids de graine, peut même servir de mesure à l'activité de la germination ; si on emploie ce mode d'observation on trouve qu'en général cette activité ne croît pas avec la pression de l'oxygène.

Tous le# physiologistes, M. Bœhm et M. Rischawi aussi bien que P. Bert, reconnaissent que l'excès de l'oxygène n'exerce aucune influence accélératrice sur la germination. M. Johannsen a observé cependant que les hautes pressions (jusqu'à 5 atmosphères de pression partielle de l'oxygène) à 20 ou 25 degrés ont d'abord augmenté le dégagement de l'acide carbonique dans des proportions différentes pour diverses espèces, mais que, plus tard, si l'expérience se prolonge, le dégagement diminue jusqu'à la mort de la plante, et cela d'autant plus vite que la pression a été plus forte ; quand, après avoir séjourné de deux à quatre heures dans l'oxygène comprimé de 2 à 5 atmosphères, les plantes sont replacées dans les conditions ordinaires, elles dégagent plus d'acide carbonique qu'elles ne le faisaient, à la même température, avant l'expérience (1).

Influence des autres gaz. — L'azote ou l'hydrogène ne paraissent exercer aucune action fâcheuse sur la germination; il n'en est plus ainsi de l'acide carbonique; son influence funeste, observée déjà par Th. de Saussure, a été constatée de nouveau plus récemment. L'oxygène mélangé à de faibles quantités d'acide carbonique provoque un commencement de germination, qui ne larde pas à s'arrêter.

Quelques gaz dissous paraissent favoriser la germination, tel est le chlore; on sait que ce gaz détermine, très aisément, la décomposition de l'eau; l'oxygène mis en liberté au contact de la graine provoque une germination qui n'aurait pas lieu sans lui. En revanche, plusieurs matières antiseptiques, telles que l'acide phénique, l'acide borique, l'acide salicylique, arrêtent toute évolution de la graine en tuant l'embryon.

(1) Ann. agi'Oïî.y t XI, p. 409.

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