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CHOIX DE LA GRAINE

Pureté de la graine. — Détermination des espècee. — Quand le champ à ensemencer ne doit conlenir qu'une seule espèce, l'examen de la graine ne présente pas de grandes difficultés, et habituellement les appareils employés dans toutes les fermes pour purifier les semences suffisent pour éliminer les graines des plantes adventices qui souillaient les récoltes.

Il n'en est plus ainsi quand on doit créer des prairies, le mélange à semer est très complexe, et les cultivateurs trouveront grand avantage à soumettre les lots qu'ils veulent employer au contrôle des laboratoires d'essais de semences, pour savoir s'ils ont été formés judicieusement ; il est certaines espèces telles que le /romental^ YAgrostis traçante et la Jacée des prés^ qui apparaissent spontanément quand les conditions sont favorables et il est rarement nécessaire de les introduire dans le mélange à semer.

Quand ce mélange n'est pas bien adapté au sol qui le reçoit, certaines espèces disparaissent et la prairie ne donne qu'un foin de médiocre qualité.

AGrignon, j'ai semé sur une terre qui avait porté cinq récoltes successives de sainfoin un mélange de 28 espèces différentes : graminées, légumineuses ; or après deux ans il n'en est resté que douze sur certaines parcelles et neuf sur d'autres, et lefromentalon Yavoine élevée, qui dominait dans le mélange semé, a fini par tout envahir, et ne fournir par suite qu'un foin de peu de valeur.

Il est donc du plus haut intérêt dans la création des prairies de constituer un mélange bien adapté aux conditions de fertilité du sol à transformer; dans les pays comme la Suède où les prairies couvrent de grandes surfaces, les laboratoires d'essais de semences sont très nombreux; ce n'est que récemment que cette utile institution a été établie en France, où elle rend déjà des services signalés.

La séparation des graines les unes des autres, nécessaire pour établir la composition d'un mélange complexe, s'exécute à l'aide de boîtes de fer blanc, renfermant plusieurs cribles, dont les orifices vont en croissant du crible inférieur à celui qui occupe la partie supérieure de la boite; celle-ci est placée sur un plateau qui est rapidement agité par un petit moteur à eau ; après cette agitation, on sépare les cribles, chacun d'eux renferme les graines de diamètres analogues, et on conçoit qu'en employant des cribles dont les orifices ne varient qu'entre d'étroites limites, on réussisse à faire un triage qui simplifie la séparation à la main qui termine l'opération.

Il est particulièrement important de ne pas introduire dans les semis les graines des plantes parasites, dont quelques-unes détruisent complètement les récoltes ; la graine de cuscute quoique plus petite que celle de la luzerne a quelque ressemblance avec elle, il est donc nécessaire, quand on sème cette légumineuse, de s'assurer que la graine est bien exempte de cuscute.

§ 2. — Préparation des graines.

Les cultivateurs ont, depuis longtemps, l'habitude d'ajouter aux graines, avant de les confier à la terre, diverses matières soit pour préserver les semences contre l'invasion des végétations cryptogamiques, telles que la carie, soit pour les mettre à l'abri des rongeurs, soit enfin pour favoriser le développement de la jeune plante ; nous examinerons la préparation des graines à ces points de vue différents.

Chaulage et sulfatage. — Pour préserver la graine de la carie on emploie depuis longtemps la chaux, d'où est venu le pom de l'opération, souvent désignée sous le nom de chaulage ; cette préparation n'est pas très profitable, car elle ne détruit qu'incomplètement les spores de la carie; Isidore Pierre (1) a reconnu de plus qu'en versant sur du blé de semence un lait de chaux dont la température différait peu de 100 degrés, mélangeant ensuite vivement à la pelle le grain et le liquide, la température de ce dernier descendit assez vite, au contact du blé froid, à une température de 50 à 60 degrés ; cependant réchauffement que la masse supporta d'abord fut préjudiciable, car un quart environ des grains qui avaient subi ce chaulage ne présenta aucune trace de germination.

Ce mode d'opérer doit donc être proscrit ; on remplace, au reste, très avantageusement la chaux par le sulfate de cuivre dont l'efficacité, reconnue depuis le commencement du siècle par Bénédict Prévost, a été démontrée de nouveau dans ces derniers temps par M. Boiret, répétiteur à l'école de Grignon (2). On dissout 100 grammes de sulfate dans une dizaine de litres d'eau, quantité suffisante pour un hectolitre de grains. Le blé est placé dans un baquet avec la dissolution à laquelle on ajoute assez d'eau pour qu'il soit recouvert d'une couche de liquide de 12 à 15 centimètres d'épaisseur. On brasse et, après avoir enlevé les grains surnageant,

(1) Ann. agron.f t. 11, p. 176.

(2J Ann, agron., t. XVI, p. 289.

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