LUBSORPTION COMPARÉE A LA TRANSPIRATION
fait pour serrer la lige sans Técraser; on essuie bien exactement le bouchon, et on mastique de façon à ce qu^il ne reste pas do gaz au-dessous du bouchon, et que la fermeture soit assez hermétique pour que l'air ne puisse pas pénétrer; si quelques bulles persistaient, elles seraient évacuées par le petit tube capillaire c qu'on voit à droite du dessin.
L'appareil étant ainsi disposé, et Teau arrivant exactement à l'étranglement a, ce qui est facile à obtenir, en enlevant l'excès de liquide avec du papier à filtre, on pèse; supposons que P soit le poids de l'appareil; on l'expose dans des conditions détermi-* nées, soit au soleil, soit à la lumière diffuse, dans une atmosphère sèche ou saturée, puis quand Tévaporation a eu lieu, on pèse de nouveau, supposons que P' soit le poids obtenu à la fin de l'expérience.
Leau perdue par évaporation est évidemment P — P', on voit (lu reste que l'eau a baissé dans le petit tube; pour savoir si l'évaporation a été égale à Tabsorption, on fait pénétrer, à l'aide de la petite boule munie d'un tube placée à droite de la figure 39, de leau dans le petit tube, jusqu'à ce qu'elle atOeure de nouveau à Tétranglement a.
On pèse à ce moment l'appareil, P'' est Je poids obtenu; en comparant ces trois poids les uns aux autres, on peut constater les cas suivants : P = P", l'appareil à la fin de l'opération se retrouve exactement à l'état où' il était au commencement ; dans ce cas l'évaporation P — P' représente également l'absorption.
Mais il peut arriver que P > P", c'est-à-dire qu'à la fin de l'opéralion, le tube étant de nouveau rempli d'eau, il y ait eu cependant diminution de poids de tout le système, dans ce cas 1 évaporation a surpassé l'absorption : l'évaporation P — P' se trouve être plus grande que l'absorption mesurée par la diiîérence P"-P'.
Un autre cas peut également se présenter : on peut trouver après la troisième pesée que P < P" ; dans ce cas l'absorption a été plus forte que l'évaporation ; une certaine quantité d'eau s'est logée dans la plante ou le rameau mis en expérience.
Quand on maintient une plante à la lumière diiïusc dans un air moyennement humide, on constate généralement' que l'absorp-
lion est égale à l'évaporation.
Lorsqu'une plante tirée de ces conditions moyennes est exposée à l'air sec, la transpiration est bien plus forte que l'absorption;
]a plante se fane, suivant Tcxprcssion consacrée elle baisse la tête.
Si au contraire on maintient une plante dans Tair saturé, sans l'exposer aux radiations qui favorisent Tévaporation, Tabsorptico surpasse la transpiration.
Lorsqu'enfin une plante manque d*eau, la succion produite par la transpiration n'est pas perdue; elle s'accumule pour agir aussitôt que les racines arrivent au contact de l'eau. On observe alors udc absorption beaucoup plus énergique que la transpiration, absorption qui va en diminuant à mesure que le vide existant se comble, pour se régler finalement sur l'intensité de la transpiration.
Après avoir esquissé l'ensemble du phénomène, montrer que les feuilles évaporent des quantités d'eau considérables, qui leur sont habituellement fournies par les racines, mais qu'il est des cas dans lesquels cet équilibre entre l'évaporation et l'absorption peut être rompu, nous devons pénétrer plus avant dans l'étude du phénomène et chercher quelles sont les quantités d'eau évaporées par les divers végétaux. Cette élude a été entreprise depuis bien des années, puisque les premières observations remontent au physiologiste anglais Haies.
§ 86. — Transpiration de diverses espèces végétales.
Expérience de Haies. — On lui doit de nombreuses et intéressantes observations sur la puissance évaporatoire des feuilles; il les publia en 1727, dans le premier volume de ses célèbres £5^ai$ statiques. Celles qui ont plus particulièrement trait au sujet que nous étudions se trouvent dans le premier chapitre, intitulé : « Sur la quantité d'humidité absorbée et évaporée par les plantes et les arbres ». La plus célèbre expérience de Haies fut faite en 1724 sur un beau pied d'Helianthus arrivé à toute sa croissance, qui avait plus d'un mètre de haut et qui avait été planté encore jeune dans un pot à fleur, précisément pour servir aux expériences.
La terre était recouverte d'une lame métallique portant une ouverture par laquelle on pouvait faire couler l'eau d'arrosage: deux pesées faites chaque jour indiquaient quelles étaient les quantités d'eau que la planle perdait par l'évaporation. On trouva que la plante transpirait en moyenne 220 grammes d'eau par jour (le douze heures; le maximum fut de 330 grammes. Les expériences