‹ Traité de chimie agricoleChapitre 115 sur 399 · MÉTHODES DE RECHERCHES. 30S · texte numérisé non relu

MÉTHODES DE RECHERCHES. 30S

Après avoir analysé séparément chacune des fonctions des végélaux, avoir successivement exposé le réveil de la vie dans la graine, le tubercule ou le bourgeon, étudié l'assimilation du carbone, de Tazote, des matières minérales, avoir cherché comment ces éléments s'associent pour former des principes immédiats, avoir vu enfin l'eau puisée dans le sol, s'élever dans les tiges et s'évaporer dans les feuilles, il nous faut, dans le dernier chapitre de cette première partie, réunir les notions acquises et comprendre comment les diverses fonctions végétales, d'abord étudiées séparément, concourent à l'accroissement de la plante, et à la production de la graine, cette fin dernière des végétaux annuels, à la formation des réserves qu'accumulent dans leurs tiges les végétaux vivaces.

Quand cette étude porte sur les espèces annuelles, elle s'applique d abord à la plante entière ; on cherche par des pesées, exécutées à intervalles réguliers, sur des sujets prélevés dans un champ bien homogène, comment varie, à mesure des progrès de la végétation, le poids d'un pied ou celui de la récolte développée sur une surhce déterminée. En outre, les analyses exécutées sur chacun des échantillons recueillis successivement montrent : quels changements surviennent : l"" dans la composition de la matière sèche; 2*" dans celle d'un pied entier ou mieux de la récolte développée sur une surface prise comme unité.

Aussitôt que les organes de reproduction apparaissent, il devient nécessaire de peser et d'analyser séparément ces nouveaux organes et le reste de la plante; ces pesées et ces analyses rapportées soit aux deux fractions : inflorescences et tiges qui constituent la plante entière, soit au poids de ces deux parties, dans lesquelles se partage la récolte d'un hectare, montrent clairement que la maturation consiste essentiellement dans le transport des principes élaborés par les feuilles, jusque dans les ovules fécondés. Ces principes viennent s'accumuler dans la graine autour de rembr}'on pour lui fournir les matériaux nécessaires à la formation des organes nouveaux, et assurer la perpétuité de l'espèce.

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Cette accumulation, sous un petit volume, de tous les produits de l'activité végétale, c'est-à-dire des hydrates de carbone, des matières grasses et des matières azotées qui sont précisément les aliments d'un grand nombre d'espèces animales, qui, en outre, entrent toujours pour une forte proportion dans l'alimentation humaine, explique comment l'industrie agricole porte essentiellement ses efforts vers la culture des plantes qui créent des réserves : elles se trouvent dans les graines et nous cultivons le blé, le seigle, le maïs, l'orge, l'avoine, le sarrazin, le pois, le haricot qui renferment à la fois des matières azotées et de l'amidon, ou encore le colza, la navette, l'œillette qui contiennent des huiles; si notre activité se porte sur la culture des pommes de terre, des topinambours, des ignames, c'est que leurs tubercules sont des organes de reproduction de l'espèce dans lesquels les réserves se sont accumulées pour nourrir les jeunes bourgeons. Si enfin la betterave couvre d'énormes espaces dans la région septentrionale de l'Europe, c'est que la racine est chargée du sucre élaboré pendant la première année de la vie, qui doit servir à la saison suivante à l'élaboration des tiges qui se couvriront de fleurs et de fruits.

L'exploitation des réserves qu'entasse la plante dans les organes destinés à assurer la propagation de l'espèce est donc l'essence même de l'industrie agricole.

Gomment la plante crée-t-elle ces réserves? comment les réunitelle dans les organes de reproduction ? C'est ce que nous étudions dans ce chapitre.

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