‹ Traité de chimie agricoleChapitre 119 sur 399 · FLORAISON. — FÉCONDATION · texte numérisé non relu

FLORAISON. — FÉCONDATION

et la viscosité des pistils qui s'allongent en dehors de Tépi en forme de chevelure.

Quand les plantes ne portent que des fleurs mâles ou des fleurs femelles, il est souvent utile de procéder à une fécondation artificielle ; c'est ce que font les cultivateurs des dattiers qui montent dans les arbres femelles pour secouer sur les fleurs un bouquet de fleurs mâles.

La production des hybrides est due souvent, ainsi qu'il a été dit, aux visites des insectes, elle est fort à craindre pour certaines variétés qu'il est avantageux de maintenir pures ; il faudrait se garder par exemple, dans un champ de porte-graines de betteraves, de placer à côté les unes des autres des racines appartenant aux Vihnorin améliorées et aux betteraves peu sucrées à gros rendements.

La production des hybrides peut au contraire être avantageuse pour former des races nouvelles; M. H. de Vilmorin et plus récemment M. Gatelier se sont occupés de la création des hydrides dans le froment, et on sait combien la création des hybrides issus de diverses variétés de vigne a été profitable.

Une fécondation régulière est une condition nécessaire à l'abondance des récoltes; elle est parfois contrariée par les intempéries ; si par un temps très humide les grains de pollen tombent sur un stygmate mouillé, ils peuvent germer à la surface de ce stygmate sans pénétrer dans le tissu conducteur, sans par suite que le boyau ppUinique atteigne le micropyle de l'ovule. La fécondation n'a pas lieu : on dit que les fleurs ont coulé.

§ 95. — Des changements qui surviennent dans le poids de la

matière sèche des plantes herbacées.

La production de la graine, fin dernière de l'existence des plantes herbacées, exige l'arrivée dans les ovules fécondés des matériaux qui doivent assurer l'existence de l'embryon au commencement de son évolution; la graine reçoit ces matériaux, des feuilles qui les ont élaborés, la maturation est donc essentiellement un transport des principes formés pendant la première partie de la vie, et qui séjournent jusqu'à la floraison dans les cellules.

Ces principes sont de deux ordres : des hydrates de carbone tels que l'amidon, des matières albuminoïdes entraînant avec elles les phosphates; on rencontre dans certaines espèces, ainsi

qu'il a été dit plus haut, d'importantes réserves d'amidon, on en trouve notamment en quantités notables dans les tabacs, dans la ciguë, etc. ; si cet amidon quitte les cellules, s'en échappe, sans leur causer aucun dommage, il n'en est plus ainsi des matières azotées ; on ne constate pas dans les cellules des matières azotées de réserve, si ce n'est parfois des nitrates et habituellement la seule matière azotée qu'elles renferment constitue le proloplasma lui-même, la partie vivante de cette cellule; ce proto plasma prend au moment d'émigrer une forme de voyage, se dissout, disparaît, on conçoit que cette disparition cause à la cellule un dommage irréparable, qu'elle cesse de fonctionner, qu'elle périsse, et que par suite la maturation qui entraine la dissolution et la migration de la matière azotée occasionne par la mort des cellules à chlorophylle, véritable laboratoire de la plante, un affaiblissement dans la plante entière qui se traduira par une diminution de son poids.

Si la manière de voir que nous venons de développer est exacte, on devra trouver cet affaiblissement variable d'une plante à l'autre, suivant que la floraison sera abondante ou restreinte, que toutes les fleurs apparaîtront simultanément ou qu'au contraire elles ne s'épanouiront que lentement les unes après les autres.

Pour réussir à montrer clairement que la maturation entraîne un affaiblissement de la plante entière, il convenait de mettre en observations un certain nombre de plantes herbacées à évolution rapide, de façon à s'assurer : que les pesées, indiquant les poids des individus à différents âges, rapprochées des observations sur l'apparition des fleurs, sur leur abondance par rapport aux feuilles, justifieraient les idées émises en tète de ce paragraphe ; c'est ce que nous avons fait M. E. Bréal et moi, et nous allons résumer les résultats auxquels nous a conduits cette étude (1).

Colinsia bicolor, — Le tableau ci-joint nous servira à montrer comment ont été dirigées ces recherches, il indique les diverses époques des prises d'échantillon, les poids des plantes entières, celui de la tige et de la racine, à l'état normal et à l'état sec, d'où l'on déduit la quantité d'eau que renferment ces organes; on a dosé, en outre, les cendres et l'azote, enfin on a joint aux pesées exécutées à diverses époques quelques observations sur l'état de la plante.

(1) Ann, agron., t. VII, p. 162, 1881.

Développement [da Golinsla bicolor.

Poids d'une graine : 0«%001.

MATIÈRES DOSEES.

M jcn.

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