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Poids d'une tige normale
Poids d'une racine normale
Poids d'une tige sèche .
Poids d'une racine sèche.
Poids de la racine p. 100
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Eau p. 100 dans la ti^e.
Eaa p. 100 dans la racine.
Cendres dans 100 parties de matière sèche
Cendres lians la tige entière
Azote dans 1 00 parties de
matière sèche
Azote dans la tige
Observations sur l'état
Un fait frappe tout d'abord, c'est Télévation du rapport du poids de la racine à celui de la tige dans le jeune âge. Le il juin au moment de la première observation, ce rapport est de 0.33, pour tomber à 0.08 le 30 juin et encore plus bas aux prises d'échantillon suivantes ; on conçoit, ainsi qu'il a été dit déjà, que pendant cette première période, l'influence de la racine se fasse nettement sentir sur la composition de la plante et que les éléments qu'elle apporte : cendres et matières azotées, atteignent une proportion qu'ils ne retrouveront plus aux observations suivantes; peu à peu en efiet les cellules à chlorophylle commencent à fonctionner énergiquement, et le 30 juin, bien que les cendres et l'azote se soient beaucoup accrus dans la partie aérienne, les hydrates de carbone se sont développés avec tant d'abondance que les cendres ne forment plus guère que le dixième du poids total et les matières azotées seulement 15 p. 100.
A la prise d'échantillon du 30 juin la jeune plante est complète-
ment couverte de fleurs, c'est le moment où elle atteint son maximum de poids ; le transport des principes vers les ovules conunence et dès le 12 juillet la diminution de poids est sensible; son dépérissement d'abord rapide se continue lentement jusqu'à la dessiccation
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Juin Juillet
Fig. 46. — Développement du Colinsia bicolor, poids de la tige en décigrammes.
finale, ainsi que le montre la courbe ci-jointe, dans laquelle les dates sont portées aux abscisses et les poids des tiges sèches aux ordonnées.
Delphinum Ajacis. — Le Delphinum Ajacis est complètement fleuri le 1 S juillet au moment de la seconde prise d'échantillons:
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Juillet Août 9*li^^
Fig. 47. ~ Développement du Delphinum Ajacis^ poids de la tige sèche en décigrammes.
pendant les trois semaines suivantes, son poids diminue légèrement et celte diminution correspond au moment de la maturation; mais les exigences des ovules fécondés, suffisantes pour affaiblir la plante,
n ont pas amené un dépérissement complet, comme dans le cas précédent, et quand la période critique est passée la plante reprend une nouvelle vigueur et le poids de la matière sèche augmente considérablement du 7 au 19 août, ainsi que le montre la courbe ci-jointe (fig. 47).
Pendant la première période qui va jusqu'à la floraison complète laproportion d'eau contenue dans la plante est considérable, mais dès le 28 juillet la racine commence à se dessécher ; la dessiccation a fait des progrès sensibles le 7 août au moment du minimum de poids ; la reprise qui a lieu plus tard se traduit non seulement par Taugmentation de poids de la tige, mais aussi par une élévation dans la proportion d'eau de la racine ; des radicelles nouvelles se sont fonnéeset le taux pour 100 de Thumidité remonte à 62.9.
Cette activité de la racine se traduit par une augmentation dans la quantité de cendres et de matières azotées contenues dans la plante entière.
Les notes de culture indiquent bien que la période d'affaiblissement correspond à la maturation, tandis que lorsqu'on observe, du 7 au 19 août, une recrudescence de végétation, et que le mouvement ascensionnel est arrivé à son maximum, les graines sont mûres, elles commencent à tomber le 25 août.
Sinapis aiba. — Les nombres fournis par les pesées du Sinapis alba sont également intéressants, nous nous bornerons cependant à les résumer brièvement : du 29 mai au 6 juin le poids de la tige sèche passe de 6 décigrammes a 16; elle ne triple pas son poids; du 6 juin au 16, la croissance s'accélère, de 16 décigrammes le poids de tige sèche s'élève à 86 décigrammes ; à ce moment la plante est en pleine floraison; or, du 16 juin au 12 juillet, l'accroissement n'est plus que de 49 décigrammes; au lieu de suivre son mouvement ascensionnel régulier la courbe se rapproche de l'horizontale; le 12 juillet, les siliques sont complètement formés et la recrudescence de végétation se manifeste* rapidement : au 31 juillet la plante sèche pèse 25^%60, elle a doublé son poids (%. 48).
Nous avons donc là trois exemples différents d'influence de la maturation sur le poids de la matière sèche ; et on conçoit facilement comment, d'une espèce à l'autre, le transport des principes immédiats des feuilles vers les graines conduit à des résultats fort différents.
Si, comme dans le Colinsia bicolor^ une tige médiocrement garnie
de feuilles petites el assez menues se couvre de fleurs nombreuses qui apparaissent toutes ensemble ; l'appel des matières azotées sera suffisant pour déterminer le départ du protoplasma d'un g^rand nombre de cellules à chlorophylle, par suite leur mort, bientôt
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Fig. 48. ^ Développement du Sinapis alba, poids de la plante sèche en grammes.
suivie de la chute des feuilles qui les renfermaient, la plante éprouvera un dommage irréparable, la maturation des graines sera le prélude de l'aflaiblissement qui amène la mort.
Si la floraison est moins abondante, que les feuilles soient pins nombreuses par rapport aux fleurs que dans le cas précédent, si encore la floraison est successive, l'appel des matières azotées est moins rapide, toutes les cellules à chlorophylle ne sont pas vidées, il en reste un nombre suffisant pour soutenir la végétation de la plante, qui n'éprouvera qu'un afiaiblissement coïncidant avecrépoque où la migration sera la plus active; pendant cette période les organes desséchés, flétris, qui se séparent de la plante ne seront remplacés que par un nombre plus faible d'organes nouveaux, et l'on observera pendant toute la durée de la crise une diminution dans le poids de la plante, c'est ce que nous montre la courbe du Delphinum Ajacis du 15 juillet au 7 août, époque pendant laquelle elle descend vers les abscisses ; mais bientôt l'élaboration des prin-
eJpes immédiats par les feuilles restées intactes surpassera la déperdition des organes flétris et la plante non seulement retrouvera sou poids primitif, mais le dépassera même d'une grande quantité.
Enfin si la plante est très bien développée au moment de la floraison, si cçtte floraison est peu active, les fleurs n'apparaissent que pen à peu, les unes après les autres, la maturation n'empêchera pas l'augmentation de poids du végétal et le transport ne sera marqué, comme dans le Sinapis alba, que par un ralentissement dans l'accroissement du poids de la matière sèche; la courbe ne s'inclinera plus vers les abscisses, mais cependant le temps d'arrêt correspondant à la crise sera encore nettement marqué du 24 juin au i2juillet.
Les études précédentes ont conduit à classer les plantes herbacées en trois groupes distincts :
A. Les plantes qui diminuent de poids aussitôt après la floraison, et qui éprouvent un dépérissement graduel jusqu'à la mort [Colùisia bicolor^ Sinapis nigra) ;
B. Les plantes qui éprouvent un affaiblissement qui se traduit par la diminution de la matière sèche, mais qui conservent pendant la maturation assez de vigueur pour montrer une recrudescence de végétation {Eschscholtzia califamicaj Delphinum AJacis, Couvohulus tricoloTy Clarkia elegans) ;
C. Les plantes qui continuent à augmenter de poids pendant qu'elles mûrissent leurs graines {Sinapis alba^ Silène pendula, Hespéris maritimaj Papaver somniferum).
C'est encore dans cette dernière catégorie qu'il faut placer les plantes de grande culture sur lesquelles nous possédons des observations suivies. Boussingault a trouvé pour le poids moyen d'un pied de blé desséché :
Le i9 mai avant la lloraison 08'',62
Le 9 juin, en fleur 2 ,36
Le 15 août, le plant chargé de grain 4 ,18
J'ai trouvé en 1880 pour la matière sèche d'un hectare d'avoine cultivé sans engrais depuis plusieurs années :
6 juillet 2157 kilos.
7 août 4907 —
Il arrive cependant, quand les observations sont multipliées, qu'on observe un arrêt de développement pendant les dernières semaines et, en outre, très rapidement après la maturation, une diminution de poids sensible, due à la chute des organes et à leur combustion.
Voici quelques-unes des observations d'Isidore Pierre :
Poids de la récolte sèche d*an hectare de blé.
31 mai 1417'' ,01
3 juin 3145 ,86
22 juin 5684 ,H
6 juillet 6076 ,31
' 25 juillet 6040 ,21
Ainsi, du 6 juillet au 25, la plante n'a plus augmenté de poids, il y a même une légère diminution du 6 au 25 juillet.
Isidore Pierre a encore constaté ce même affaiblissement final dans le colza :
Poids de la récolte sèche d'un hectare de colza.
22 mars 3712 kilos.
2 avril 4291 —
6 mai 8457 —
6 juin 9201 —
20 juin 9194 —
Si on continue les observations, en laissant sur pied les plantes mûres, on reconnaît que le dépérissement est très rapide, et que les pertes qu'occasionne une moisson tardive sont énormes.
On a trouvé à Grignon, en 1879:
Poids de la matière sèche d'un hectare d'avoine.
31 juillet 4843 kilos.
13 août (moisson) 5321 —
16 août } ( 4983 —
19août) ^^^^ J3777 -
22 août 3622 —
Nous aurons occasion de montrer, dans une autre partie de cet ouvrage, combien il importe de faire la moisson en temps opportun; nous ne pouvons cependant laisser passer l'exemple précédent, sans insister sur les avantages que procure l'emploi des machines, qui permet d'abattre la récolte rapidement et de la soustraire