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MATURATION DANS LES PLANTES LIGNEUSES

se dégage ; elles finissent par former un liquide d'apparence graisseuse, dans lequel nage une substance iibrineuse qui se dessèche et se racornit à mesure que la température augmente. Alors se répand Todeur la mieux caractérisée qu'il soit possible, de viande qu'oD fait frire dans la graisse.

Le lait de Tarbre k \eLche (Galactodendron) renferme donc une matière grasse assez solide, fusible à 40 degrés, solublc dans Talcool , et, d'autre part, une matière qui, par l'ensemble de ses propriétés, se rapproche de la fibrine. A l'analyse (1 ), ces matières ont donné les résultats suivants :

Cire, matières grasses 84. 10

Sucre interverti 2 . 00

Sucre non réducteur 1 .40

Gomme saccharifiable 3.15

Caseum albumine 4.00

Cendres alcalines phosphates 1 .10

Substances non dosées 4.25

§ 101. — Maturation dans les plantes ligneuses.

Les phénomènes de transport qui accompagnent la maturation dans les plantes ligneuses ont été jusqu^à présent peu étudiées ; il est vraisenotblable que les mouvements des principes élaborés sont surtout déterminés par des dissolutions et des précipitations successives, la dessiccation des organes ne pouvant entrer en jeu dans un arbre de grande dimension.

Les réserves qui servent à nourrir les fruits et les graines existent dans certains arbres, emmagasinées dans la souche, d'une année sur Taulre, aussi la floraison précëde-t-elle souvent l'apparition des feuilles, et les fruits se nouent dès le premier printemps ; les amandiers sont en fleurs dès le mois de mars, les marronniers dès le mois d*avriL Le mouvement de transport commence donc dès le retour de la bonne saison, et on observe souvent au printemps une résorption de Tamidon de réserve dans les branches couvertes de fleurs; A. Gris (2) constate que, le 4 avril, une branche de poirier qui porte des bourgeons à fleurs est encore gorgée d'amidon, mais douze jours après, lors de l'épanouissement des fleurs, la résorption était complète.

(1) Agronomie y t. VII, p. 64.

(2) Comptes rendus, t. LXIII, p. 738, 1866.

Un érable ayant donné le 30 mars de magnifiques bourgeons florifères, on reconnut que les tissus des branches renfermaient encore de fortes réserves d'amidon tandis que le 11 avril, époque à laquelle la floraison tirait à sa fin, Famidon avait complètement disparu.

Ces observations ne portent que sur Tamidon dont les mouvements sont faciles à suivre, il est probable que si les études avaient porté sur les matières azotées, on aurait constaté de même leur départ après la floraison.

Les fruits que portent les arbres sont, en général, d'un poids trop faible, par rapport à la masse de la plante, pour que leur maturation entraîne un affaiblissement général, semblable à celui qui nous a si vivement frappés dans Tétude des plantes herbacées; cependant quand le nombre des fruits est considérable par rapport à celui des feuilles, ce qui arrive pour quelques cépages de vigne cultivés dans la région méridionale, l'affaiblissement qui correspond à la maturation redevient sensible, d'où le proverbe languedocien : « Qui voit la vigne en août, voit ses douleurs » (mot à mot les douleurs de l'enfantement) (1).

(1) Au moment de la maturation « les rameaux de la vigne entière sont le siègo de phénomènes très apparents que le langage populaire a caractérisés en les rapprochant de ceux qui accompagnent la gestation cliez les animaux. En effet, la végétation s'arrête, les rameaux et les feuilles pâlissent et l'analyse étabUt que ces organes s'appauvrissent brusquement en potasse. » (Saint-Pierre et Magnien, Ann. agron., tome IV, p. 162.)

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