DUNES
et rejette du côté de Test les parties arrachées au sommet; elles forment un talus sur lequel vient bientôt s'étendre une nouvelle couche de sable qui comme la première a franchi la cime sous l'impulsion du vent. La partie intérieure^ plus humide, résiste pendant un certain temps, mais bientôt sa surface se dessèche à son tour, devient pulvérulente, mobile et passe par-dessus le sommet. Quand le vent souffle de Touest plusieurs jours de suite, les dunes avancent rapidement et créent un véritable danger pour le pays.
C'est à ringénieur Brémontier qu'est due l'idée de planter les dunes : les premiers travaux furent exécutés sur la partie de la côte qui sépare l'Océan de la base des dunes ; des semis de graines de pin et de genêt furent protégés d'abord par des branchages fixés en terre et inclinés dans la direction du vent ; les graines purent genner et former bientôt un fourré épais qui posa un premier obstacle au passage des sables; derrière cette plantation, après cinq ou six ans, une seconde fut établie sur une largeur de 60 à 100 mètres, puis on commença à planter la dune elle-même.
Les travaux de Brémontier, commencés en 1787, furent continués par M. Chambrelent et couronnés du plus grand succès ; non seulement les dunes du département des Landes ont été plantées (1), mais celles du Pas-de-Calais portent également des bois de pins ; aui environs de Boulogne, les dunes sont fixées comme celles de notre littoral du sud-ouest.
Si les vents en transportant le sable des dunes non plantées exercent une influence fâcheuse, il peut parfois contribuer à maintenir la fertilité ; c'est au moins ce que pense M. Alluard, qui a reconnu que les vents d'ouest qui balayent la chaîne des Dômes située à Touest de la Limagne d'Auvergne lui amènent les poussières de ces roches volcaniques, riches en acide phosphorique et en potasse ; l'analyse de ces poussières n'ayant pas été faite, cette opinion reste toutefois à l'état l'hypothèse.