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ABSORPTION DE L'EAU PAR LES ÉLÉMENTS

On conçoit que ces nombres ne puissent être identiques, les matières étant assez mal définies, Targile et le calcaire étant plus ou moins mélangés de sable, et l'humus lui-même, inégalement séparé des éléments terreux qu'il renferme toujours.

Quelles que soient ces irrégularités, elles donnent sur la pénétration et rimbibition des éléments des notions très nettes, qui détermineront les propriétés des terres dans lesquelles domine chacun de ces éléments ; on peut les résumer dans les lignes suivantes :

Pénétration Absorption

de l'eau an trarers de Teaa

des éléments. par les éléments.

Sable Rapide. Très faible.

Calcaire Lente. Dotable.

Argile Très lente. Très considérable.

Humus Très rapide. Très considérable.

Pénétration, dans les éléments, des eaux souterraines. — Les terres reçoivent non seulement les eaux de la pluie, elles bénéficient également des eaux souterraines, qui remontent par capillarité jusqu'à la surface et il importe de voir comment les divers éléments se laisseront pénétrer, de bas en haut, par les eaux qui coulent dans le sous-sol sur des couches imperméables.

Pour montrer comment ces eaux s'élèvent, on dispose Texpérience suivante : on coupe des tubes à analyses en fragments de 40 centimètres environ ; on évase légèrement, à la lampe, l'une de leurs extrémités que l'on ferme avec des fragments de toile fixés à J'aide d'une cordelette ; ces tubes sont remplis : le premier de sable quartzeux blanc bien desséché mélangé avec un tiers de son poids de sulfate de cuivre desséché et devenu blanc par perte de son eau de cristallisation ; le second reçoit du calcaire terreux et la même proportion de sulfate de cuivre blanc, le troisième du kaolin sec, également mêlé à du sulfate de cuivre desséché.

On maintient ces trois tubes parallèles à l'aide de fils de fer et on les immerge tous trois, par la partie inférieure, dans un vase renfermant une petite quantité d'eau ; aussitôt que le liquide pénètre dans les tubes, il indique son arrivée en ramenant au bleu le sulfate de cuivre ; on a ainsi une démonstration saisissante de la rapidité avec laquelle l'eau s'élève par capillarité dans le sable, qui est bleui, jusqu'à l'extrémité du tube, dans l'espace de quelques heures, tandis que, dans le même temps, 2 ou 3 centimètres de la craie et 1 centimètre de l'argile se sont colorés.

Un banc d'argile de quelque épaisseur empêche ainsi Tarrivée des eaux qui se sont infiltrées au-dessous de lui, aux terres superficielles ; tandis qu'au contraire des eaux coulant à sa surface s*élèvent facilement dans les sables jusqu'à une assez grande hauteur et permettent souvent la culture de terres qui, au premier abord, paraîtraient absolument stériles.

Absorption de la vapeur d'eau par les éléments des terres. — Les terres ont la propriété de condenser une petite quantité de la vapeur d'eau contenue dans l'air. Schubler a déterminé cette absorption en maintenant 5 grammes des divers éléments distribués sur une surface de 36 centimètres carrés dans de l'air saturé à 10**; il a trouvé qu'après soixante-douze heures, les éléments n'augmentaient plus de poids ; les 5 grammes d'argile avaient pris 0»',245 d'eau, le sable calcaire 0^,015, l'humus 0»',600, une terre arable 0*'',100, le sable siliceux n'avait rien absorbé.

Cette absorption est naturellement accompagnée d*une légère élévation de température, ainsi qu'il arrive toutes les fois qu'une vapeur ou un gaz passent à l'état solide.

L'eau ainsi condensée par la terre exerce sur les plantes une action sensible mais restreinte, ainsi que le montre l'observation suivante due à M. Sachs.

« Je repiquai une plante de Phaseolus multiilorus qui avait crû dans de la terre de champ argileuse, dans un vase de terre poreuse ; je la laissai sans l'arroser jusqu'à ce que le sol fût bien sec et que les feuilles commençassent à se faner. Je couvris alors le fond d'un vaste bocal de verre d'une couche d'eau de quelques lignes d'épaisseur; au milieu je plaçai un verre à boire renversé et sur son fond le pot à fleurs. Le couvercle qui fermait le grand bocal était muni d'un trou au travers duquel passait la tige et les feuilles de la plaote qui se trouvaient ainsi dans l'air de la chambre. Le vase qui contenait la terre et les racines se trouvait dans le grand bocal dans une atmosphère à peu près saturée de vapeur d'eau. Il s'agissait de voir si le sol condenserait assez de vapeur pour fournir aux racines l'eau nécessaire à la transpiration des feuilles. C'est ce qui arriva ; les feuilles flétries se rafraîchirent et restèrent turgescentes pendant deux mois (juin et juillet) sans jamais se faner. Ainsi, bien que le sol parût toujours parfaitement sec et ne dût son eau qua la condensation des vapeurs ambiantes, les racines y trouvèrent encore assez d'humidité, pour satisfaire aux besoins du reste peu étendus de la plante. Mais cette quantité d'eau n'était pas suffisante pour développer de nouveaux organes et aucune feuille nouvelle ne s'épanouit (I). »

(I) Sachs, Phys, végétale^ p. 192.

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