KVAPORATION DE L^EAU PAR LES ÉLÉMENTS
§ 106. — ÉVAPORATION DE l'eAU PAR LES ÉLÉMENTS.
Les éléments ont reçu Teau de la pluie, se sont imbibés de Teau du souS'SoI, ou ont encore condensé la vapeur atmosphérique, nous les supposons saturés d'humidité : s41s sont exposés à l'action de Tair ils vont perdre par évaporation une partie de Teau qu'ils renfermaient ; pour mesurer cette évaporation M. Masure a cherché : 1*^ le temps que mettaient les divers éléments pour arriver à un degré de dessiccation telle qu'ils ne perdaient plus rien par évaporation; il a calculé en outre: 2^ la hauteur d'eau évaporée par les éléments pour arriver à cet état de dessiccation où ils cessent de perdre par évaporation ; S"" en desséchant à l'étuve les éléments qui ne perdent plus rien par évaporation, il a déterminé la proportion d'eau encore retenue, malgré l'exposition à l'air ; il a trouvé ainsi :
Temps nécessaire Hauteur Quantité d'eau
aux divers éléments d'eau que retiennent encore
pour cesser évaporée les éléments
de perdre de l'eau en milli- qui ne perdent plus rien
par évaporation mètres. par évaporation
spontanée. miil. spontanée.
Sable 3jours. 3.7 2.1
Calcaire 7 — 3.5 3.6
Argile 7 — 4.3 7.0
Humus 3 — 4.5 41.0
L'évaporation de l'argile et de l'humus a été plus forte que celle d'une surface liquide de même dimension prise comme terme de comparaison, ce qui peut s'expliquer par leur porosité.
Ainsi, les divers éléments des terres arables, exposées à l'action de l'air, perdent peu à peu une fraction de l'eau qu'ils ont absorbée, mais en retiennent cependant une partie que Tévaporation est impuissante à leur enlever, l'humus est particulièrement remarquable à ce point de vue ; il ne cède plus rien à l'air, quand il renferme encore 41 p. 100 d'eau. Cette eau retenue est-elle utilisable par la plante, c'est là un dernier point importante étudier.
La racine, nous l'avons vu, s'attache à la terre, adhère à ses molécules et on conçoit qu'il s'établisse une lutte entre les propriétés absorbantes du sol et celles de la racine : la force capillaire qui entre enjeu dans ce conflit est-elle plus énergique dans le chevelu ? ou bien, au contraire, dans les interstices moléculaires des colloïdes qui constituent le sol ?^C'est là ce qui ne peut être décidé que par des essais directs et nous rapporterons quelques expériences exécutées sur ce sujet par M. Sachs.
<c Une jeune plante de tabac (1) qui croissait dans un mélange de sable et d'humus noir de hêtre commença à se faner lorsque le sol contenait encore i2,3 de son poids d'eau (déterminée par la dessiccation à -|-100<*). Au commencement de Texpérience, il pouvait retenir 46 p. 100 de son poids d'eau; le tabac avait trouvé disponible dans le sol 46 — 12,3 =33,7 p. 100 d'eau; les derniers 12,3 p. 100 étaient retenus trop énergiquement pour que les racines pussent les absorber.
« Une autre plante de tabac, tout à fait analogue, se fana pendant une nuit pluvieuse dans une chambre, lorsque le sol argileux dans lequel elle était enracinée contenait encore 8 p. 100 d'eau ; il pouvait en retenir au maximum 52,1 p. 100.
« Dans des circonstances semblables, un troisième tabac enraciné dans du sable quartzeux à gros grains se fana lorsque le sol contenait 1,5 p. 100 d'eau, il en pouvait retenir au maximum 20,8 p. 100. »
Nous voyons donc que les racines du tabac ont cessé d'arracher l'eau aux divers éléments lorsqu'ils en renfermaient des quantités très différentes.
Quantités d'eau contennes
dans 100 parties des éléments
quand les tabacs
commencent à se flétrir.
Sable et humus 12.3
Argile 8.0
Sable 1.5
§ 107. — Densité, retrait par dessiccation, propriétés calorifiock
et ténacité des divers éléments.
L'espace occupé par les divers éléments dans les entonnoirs de l'expérience § 105 relatée plus haut montre immédiatement combien la densité varie de l'un à l'autre, tandis que les 100 grammes de sable n'occupent guère que la moitié de la capacité de Tentonnoir, l'humus le remplit, le calcaire et l'argile sont intermédiaires.
En mesurant 100 grammes de ces diverses matières dans une éprouvette graduée et en tassant légèrement en frappant sous l'éprouve tte jusqu'à ce que la masse ne change plus de volume, on constate, pour les densités de ces matières, des nombres voisins de ceux qu'avait donnés Schubler qui trouvait :
Volume occupé par 100 grammes.
Sable siliceux 38«S0
Calcaire 44 ,5
Argile 42 ,4
Humus 81 ,6
(1) Physiologie végétale f p. 191.