LE SOU&-SOL RÉSERVOIR D'HUMIDITÉ
à fait exact, mais ce qu'on peut admettre pour trouver la marche du phénomène, la terre a fourni la différence entre 8,770 et 470 = 8,300. Or la quantité perdue par le^ol est de 2,535 litres. Le sous-sol a donc dû fournir la différence entre 8,300 et 2,535, c'est-à-dire 0,763 litres.
Pendant la deuxième période du 30 mai au 9 juillet la pluie est abondante, elle surpasse l'évaporation, le dosage de Thumidité du sol indique cependant qu'il n'a pas retenu toute la différence qui existe entre Feau tombée et l'eau évaporée, le sous-sol cette fois a récupéré une petite quantité de l'eau perdue; du 9 juillet au 7 septembre, le sous-sol abandonne encore une large provision d'eau et c'est seulement pendant les grandes pluies d'automne qu'il recueille les excédents d'humidité que le sol ne peut plus contenir. Si les observations eussent été continuées pendant l'hiver, on aurait trouvé sans doute que pendant cette période le sous-sol s'est largement approvisionné de l'humidité qu'il dépense pendant la bonne saison, époque à laquelle il perd plus qu'il ne reçoit. Nous verrons on peu plus loin comment les travaux exécutés par le cultivateur ont précisément pour but de favoriser ou de retarder les mouvements de l'eau descendant de la surface aux couches profondes ou réciproquement remontant jusqu'au sol superficiel.
§ 112. — Influence de la nature du sous-sol.
La fertilité est étroitement liée à la façon dont sont associés le sol et le sous-sol. Nous examinerons successivement les propriétés des
Terres légères reposant sur un sous-sol 1 ? . /,
° ' f imperméable.
Terres fortes reposant sur un sous-sol i P^^™ ^^^ûi
'^ \ imperméable.
Nous ne distinguons, comme on le voit, que deux variétés de terre : toutes les terres sablonneuses appartiennent à la première catégorie, toutes les terres argileuses à la seconde; les terres calcaires appartiennent plutôt à la première et les terres humifères à la seconde, quant aux terres franches placées à la limite des terres légèreset des terres fortes, elles seront rangées dans l'une ou l'autre classe suivant qu'elles seront plus voisines de l'une que de l'autre.
Terres légères et sous-sol perméable. — Une terre semblable est absolument soumise aux conditions climatériques ; si le climat est sec, la stérilité peut être complète; le manque d'eau se fait en
général cruellement sentir, et la population est clairsemée ; quand cette terre est calcaire on la boise avec avantage, les conifères qui n'évaporent que de faibles quantités d'eau s'accommodent de la sécheresse des terres de cette nature ; les savarts de la Champagne, dans TAube ou la Marne sont aujourd'hui partiellement couverts de pins sylvestres ou de pins noirs d'Autriche dans lesquels on entremêle des bouleaux.
Le mouton est l'animal qui s'accommode le ;nieux des maigres pâturages des terres sèches. Par des apports de fumier, on réussit parfois à donner au sol une certaine quantité d'humus, qui le rend apte à retenir l'eau, la culture devient possible. Les engrais verts sont également à recommander, mais la terre après leur enfouissement doit être vigoureusement roulée, pour empêcher qu'elle ne se soulève.
Il est manifeste que lorsque le sol au lieu d'être crayeux ou sablonneux passe à la terre franche, la culture peut être rémunératrice, mais l'abondance est subordonnée aux conditions saisonnières; les récoltes les plus fortes sont obtenues dans les années humides. Notre terre de Grignon repose sur un sous-sol perméable : dans les parties où le sol a été raviné par les pluies sur les pentes supérieures des coteaux elle est très sèche et les bois y sont maigres, ils portent quelques bouleaux et des ailantes, les arbres verts y viennent également; à flanc de coteau apparaissent des sources qui coulent sur une couche argileuse, aussitôt la végétation devient luxuriante, les arbres acquièrent de grandes dimensions, les ormes^ les platanes y prospèrent ; même dans la vallée oîi la couche arable est profonde, les années pluvieuses donnent des récoltes bien plus abondantes que les années sèches. En \ 888, les meilleures parcelles du champ d'expériences ont fourni la valeur de 60 hectolitres de blé à l'hectare, tandis qu'on n'en a obtenu que 34 dans les parcelles les plus favorisées en 1889; or en 1888 la pluie a été abondante et on n'a moissonné qu'au milieu d'août, tandis qu'en 1889 la mojsson a eu lieu le 25 juillet.
Quand les terres légères à sous-sol perméable sont irriguées, elles peuvent devenir excellentes, les belles prairies des Vosges sont souvent établies sur de mauvais pacages caillouteux et improductifs qui ont été transformés par les irrigations ; la perméabiUté du sol permet de les rendre extrêmement abondantes. Hervé Mangon a donné une élude très étendue de ces irrigations, il y montre que les quantités d'eau employées sont énormes, ces eaux étant des-