ANALYSTES
Boussingault.
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Dehérain.
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Truchot.
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Boussingault.
Dehérain.
Truchot.
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En examinant les tableaux précédents on voit aisément que les terres arables renferment une quantité notable de matières organiques azotées, mais la divergence des nombres qui représentent
MATIËhE ORGANIQUE DE LA TERRE ARABLE. 393
le rapport -j- montre que ces matières varient beaucoup de composition d'une terre aune autre.
Les terres très riches en matières organiques, comme celles de la Limagne d'Auvergne, ou le terreau des maraîchers, sont d'une couleur noire très prononcée, tandis que les bonnes terres de Grignon, où la matière organique est moins abondante, présentent une teinte jaune, due à la suroxydation de Toxyde de fer qu'elles contiennent.
Le rapport du carbone à Tazote varie non seulement d'une terre à une autre, mais aussi dans le même sol, suivant le mode de culture qui y a été suivi ; on a vu que ce rapport, égal à 8,9 et 7,8, 7,6, 7,5 pour des terres de Grignon en bon état de fumure, tombe à 4,3 dans un sol resté longtemps sans engrais; montrant que dans ces conditions le carbone disparait plus vite que l'azote.
Le rapport du carbone à l'azote est beaucoup plus élevé à Rothamsted, où le sol est plus argileux, qu'à Grignon; M. Warington a trouvé le rapport 10,4 pour la terre d'une parcelle qui n'a reçu pendant de longues années que des sels ammoniacaux ; pour une autre dans les mêmes conditions 10,6, mais le rapport monte à il,5 quand on distribue du fumier et à 13 pour le sol d'une prairie permanente, tandis que dans une parcelle du champ d'expériences de Grignon restée sans engrais pendant dix ans, mais maintenue en prairie, le rapport est de 6,8 seulement.
Origine de la matière ulmique. — Quand on examine le liquide noir qui s'écoule d'un tas de fumier bien préparé, on lui trouve une réaction alcaline des plus prononcées ; si on traite ce liquide par un acide, il se produit une violente effervescence d'acide carbonique. Quand elle est calmée, on voit qu'il s'est fait un abondant précipité brun foncé colloïdal et ressemblant beaucoup à la matière ulmique de la terre arable ; or ce précipité nous connaissons son origine, il provient de la déshydratation de la vasculose de la paille. (Yoyez page 241 et plus bas, la fabrication du fumier.)
La vasculose est commune dans les végétaux, elle est plus stable que les autres principes qu'ils renferment, et la matière ulmique parait provenir surtout de la transformation de la vasculose. Cette matière colloïdale retient énergiquement les matières azotées; quand on fait un extrait de paille par les alcalis, on obtient une dissolution brune, donnant avec les acides un précipité floconneux renfermant toujours tes matières azotées de la paille.
Ces substances azotées sont-elles unies à la matière carbonée^ ou bien sont-ce les manipulations mêmes auxquelles nous soumettons le sol qui déterminent celte union? Nous ne saurions nous décider pour une hypothèse ou une autre.
Quoi qu'il en soit, la matière ulmique tire partiellement soq origine de la vasculose, qui parait résister infiniment mieux que les autres principes à Faction des organismes en activité dans tous les sols, et qui, suivant Darwin et M. Kostytcheff, exerce sur la formation de Thumus une action si décisive.
La matière azotée de la terre arable se comporte comme une amide. — On sait que parmi les dérivés de Tammoniaque se trouve la classe des amides caractérisée par la propriété de donner naissance à des sels ammoniacaux par simple fixation d'eau. Les matières albuminoïdes appartiennent à cette classe de composés, dans laquelle M. Berthelot range également les matières ulmiques.
Quelques recherches exécutées au laboratoire de physiologie du Muséum par M. Hébert appuient cette manière de voir (1). Il a reconnu que si on expose de la terre en tubes scellés à des températures comprises entre 100 et ISO"", la production de Tammoniaque, notable quand la terre est humide, est presque arrêtée en l'absence de Teau ; en outre elle est ralentie par la présence dans le liquide des sels ammoniacaux ; plus la proportion de ceux-ci est considérable, plus est faible la proportion d'ammoniaque fournie par les matières azotées du sol. Cette production parait être limitée par la présence des corps qu'elle doit former, comme cela a lieu dans les phénomènes de dissociation.
MM. Berthelot et André, en opérant à Taide de Tacide chlorhydrique plus ou moins dilué, ont reconnu que les matières azotées de la terre arable se comportaient à la façon des amides, donnant: 1^ de l'ammoniaque en proportion variable avec l'énergie de lattaque ; 2"* des principes amides solubles d^ns l'acide chlorhydrique et incomplètement précipitablesparlasaturatiou de l'acide ; 3"* une matière azotée assez stable pour résister à l'action de l'acide bouillant.
La matière organique de la terre arable exerce sur la fertilité une action due, ainsi qu'il a été déjà dit :
1® A ce qu'après avoir subi des métamorphoses encore mal connues, elle paraît directement être assimilée par certaines espèces végétales (voyez page 111, assimilation de l'azote);
(I) Ann. agvon,f t. XV, p. 335.