TANGUES
L'usage des amendements calcaires est extrêmement ancien. Pline nous apprend que les bons effets de la marne sur la végétation étaient connus des Gaulois, des Bretons, des Grecs et des Romains; c'est aux populations de la Gaule et de l'Angleterre qu'il attribue la découverte de l'utilité de cet amendement, auquel elles attachaient une telle importance, qu'elles n'hésitaient pas à se livrera de pénibles travaux pour se le procurer et pour le transporter à des distances considérables.
Il est probable que, pendant les troubles du moyen âge, l'usage de la marne, abandonné dans bien des contrées, se conserva cependant dans quelques localités : en 1580, Bernard de Palissy consacra à son étude, un de ses fameux dialogues entre « Théorique et Pratique »j où des idées remarquablement fines et justes se trouvent mêlées aux imaginations les plus singulières.
L'emploi des vases de mer, de la tangue, du trez, des dépôts coquilliers, est, probablement aussi, fort ancien; mais l'usage delà chaux ne paraît pas remonter à une époque aussi reculée. Il semble que ce soit seulement au commencement du dix-septième siècle qu'il se soit propagé peu à peu. Olivier de Serres le mentionne dans son Théâtre d'agriculture (t. I, p. 127) : « La chaux neuve, dit-il, est de grande efficacité pour telles choses (l'amendement des terres), laquelle, meslée avec quelques terriers, balieures ou autres fumiers, et jetée aux champs au commencement de Thyver, l'engraisse très bien, et, selon son naturel chaud, tue les bestioles et