‹ Traité de chimie agricoleChapitre 221 sur 399 · CENDRES DU TRÈFLE PLÂTRÉ ET NON PLÂTRÉ · texte numérisé non relu

CENDRES DU TRÈFLE PLÂTRÉ ET NON PLÂTRÉ

différence de récolte, puisque, entre les deux parcelles qui n'en avaient pas reçu, la différence était de 750 kilos, bien plus grande qu'entre les parcelles voisines, dont Tune avait été plâtrée, tandis que Tautre au contraire ne Tavait point été. Il est à remarquer, en outre, que la luzerne sur laquelle on a opéré était vieille déjà de plusieurs années, et que les engrais de potasse n'y produisirent guère d'effet. C'est un fait reconnu depuis longtemps, que les engrais minéraux efficaces sur les légumineuses dans les premières années de leur culture, sont loin d'exercer autantd'effet quand elles sont plus âgées. S'il est des terres sur lesquelles le plâtre est très efficace, il en est donc d'autres au contraire où son effet n'est pas sensible. Nous essaierons d'en préciser la raison dans les paragraphes suivants.

Proportions du plAtre à employer. — En général , on s'accorde à reconnaître que, quelle que soit saforme, le plâtre peut être employé aux usages agricoles ; onfera aussi bien usage du plâtrecrubien pulvérisé, que du plâtre cuit, de l'anhydrite que des plâtras de démolitions : la dose la plus convenable parait être de 400 à 500 kilos par hectare.

Quelques praticiens emploient le plâtre à l'automne, mais la plupart reconnaissent qu'il est préférable de le donner au printemps sur les jeunes feuilles et par un temps un peu humide. Nous verrons que cet usage s'accorde très bien avec la théorie du plâtrage que nous proposons.

§ 463. — Explications des effets utiles du plâtre.

Le plâtre réussit sur les légumineuses et n'exerce aucune action sur les céréales; c'est là le point le plus curieux de son histoire agricole qu'il convient surtout d'expliquer.

Avant d'indiquer ici comment nous comprenons ce résultat singulier que ne présente aucun autre amendement, il est utile de rappeler les diverses théories qui ont été émises pour rendre compte des effets du pldtrc.

H. Davy admettait que les plantes qui bénéficient de son emploi absorbent ce sel en nature; il serait indispensable à la formation de leurs tissus, comme le sont les phosphates à la formation des matières albuminoïdes. Mais cette hypothèse ne peut se soutenir devant les analyses exécutées par Boussingault. Cet illustre agronome a reconnu que dans les cendres d'un trèfle plâtré, l'acide sulfurique et la chaux sont loin d'être dans les rapports où on les trouve combinés dans le gypse ; tandis que la chaux forme une partie importante de ces cendres, l'acide sulfurique n'y entre que pour une faible proportion. On le reconnaîtra à la lecture du tableau suivant qui renferme les analyses de quatre trèfles, deux ayant reçu du plâtre, deux en ayant été privés. Les deux premiers provenaient d'une très bonne récolte, les deux seconds d'une récolte peu favorable.

Composition des cendres de trèfle pl&tré et non plâtré.

MATIÈRES DOSÉBS (i)

Chlore

Acide phosphorique

— sulfurique

Chaux

Magnésie

Oxyde de fer de manganèse.

Potasse

Soude

Silice

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