MATIÈRES II
MINÉRALBS. |
SUBSTANCES CVDéTBRMIHÉES.
Graines
Plants
Différences..
gr.
gr.
gr-
gr-
gr-
gr.
L'analyse précédente nous enseigne que la perte subie pendant la germination porte particulièrement sur Tamidon et sur Thuile.
Nous trouvons, au contraire, que deux principes, la glycose et la cellulose, ont augmenté; et il convient d'insister sur leur apparition, qui caractérise les phénomènes de germination.
La graine renferme un embryon destiné à reproduire la jeune plante; dans un haricot, par exemple, on distingue, logées entre les deux cotylédons, la radicelle et les folioles; pour que la plante se développe, il faut que cette radicelle s'allonge, perce les enveloppes et s'enfonce dans la terre; il faut qu'elle s'accroisse; il faut, de même, que la tigelle grandisse, s'élève au-dessus du sol/ et
s*épanouisse à la lumière; pour que ces deux organes, Tun souter* rain, l'autre aérien, puissent accomplir leur mission, il faut qu'ils s'allongent, par suite qu'ils trouvent autour d'eux assez de matière pour fournir à leur première croissance. Cette matière elle est à leur portée, accumulée, entassée dans les cotylédons gorgés d'amidon, comme dans le blé ou le haricot, d'huile dans le colza et le ricin; mais une condition manque pour que ces matières soient utilisées : elles sont insolubles, et ne serviront qu'autant que, métamorphosées en principes solubles, elles pourront se diffuser au tra-* vers des membranes des jeunes organes, y pénétrer et, revêtant une nouvelle forme, s'y incorporer.
Les réserves des cotylédons doivent donc subir deux métamorphoses successives, d*abord être solubilisées pour se diffuser, pénétrer dans les jeunes organes, et là se transformer en matériaux d accroissement de la plantule.
Dans la première métamorphose, l'amidon devient sucre réducteur, sous rinfluence d'un ferment spécial, la diastase ; c'est elle qui, aidée par la réaction acide qui apparaît dans toute la masse, corrode, dissout, digère l'amidon qu'on voit disparaître, tandis qu'apparaît une proportion sensible de principes solubles, dextrine et maltose (i), utilisés par les brasseurs, qui déterminent lagermination de Torge précisément pour y faire apparaître les principes solubles qu'ils mettront bientôt en fermentation. Si la réserve renferme des sucres non réducteurs (lupin) (2) ou du synanthrose (composées), il s*y fait, au lieu de diastase, un ferment analogue, Finvertine, qui délermine la formation des sucres réducteurs. Il arrive, parfois, que l'amidon, avant de passer à l'état de sucre réducteur, fournisse du sucre de canne; c'est au moins ce qu'a observé M. Gotthold Kuhnemano dans l'orge ou le blé germes (3). Ce sont ces hydrates de carbone solubles qui se diffusent au travers des tissus de la plan- Iule, y pénètrent, et y subissent une nouvelle métamorphose en cellulose, dont le mécanisme est encore inconnu.
L'analyse de Boussingault indique très bien cette disparition de Tamidon, l'apparition du sucre réducteur qu'il appelle glycose sans le définir autrement, et enfin l'augmentation de la cellulose.
Ces métamorphoses sont, d'après MuUer (Turgovie) (4), favorisées
(1) Voyez dans le chapitre vu le paragraphe consacré aux sucres réducteurs. (2; Ann. agr,, t. XV, p. 383.
l3) Ann, agr., t. Il, p. 29 t.
{\) Ann, agr.y t. XII, p. 481.
46 DE Là germination.
par la présence de Tacidc carbonique, qui exalte raction de la diastase; elles le sont également par Télévation de température, et on conçoit qu'il soit avantageux, pour la plante, qu'une partie de rénorme réserve que renferment les cotylédons se brûle en produisant de Tacide carbonique, pour que cette combustion mette en jeu l'énergie qui favorise ces réactions.
On a cru pendant longtemps que les parois des cellules persis* taient pendant la germination et ne pouvaient pas être considérées comme matériaux de réserve analogues à l'amidon. M. Reiss a montré récemment que cette manière de voir doit être abandonnée (1) et que dans un certain nombre de graines les parois très épaissies de l'albumen sont constituées par une véritable cellulose de réserve. En pratiquant des coupes dans des graines d'asperge en germination, on reconnaît que toute la partie mitoyenne entre deux cellules et la lamelle interne qui confine au protoplasma se dissout. Chez les allium les choses se passent d'une matière analogue, à cela près, que la paroi épaissie est traversée par d'innombrables canicules très fins que l'auteur appelle des canaux de corrosion.
Cette cellulose de réserve est différente de la cellulose ordinaire, car soumise à l'action de l'acide sulfurique, au lieu de donner des dextrines, ayant le pouvoir rotatoire à droite comme leur nom l'indique, elle dévie à gauche le plan de la lumière polarisée, la matière ainsi obtenue, la seminine, donne par l'action prolongée des acides un sucre réducteur, la seminose fermentescible et dextrogyre.
Transformation des matières grasses. — Si on se borne à déterminer dans les graines oléagineuses la matière grasse, au moment où on les met en germination, puis quelques jours plus tard, quand de nouveaux organes ont déjà apparu, on constate que la matière grasse diminue et que les produits cellulosiques aug* mentent; cette transformation finale de la matière grasse se produit toutefois par étapes successives; sous l'influence d^une diastase non encore déterminée, la matière grasse commence par se réduire en glycérine et en acides gras : M. Muntz a reconnu que pendant la germination du colza, du pavot, du radis, les acides gras finissent par remplacer complètement les huiles neutres.
Ces acides gras s'oxydent ensuite et donnent des hydrates de carbone ; ils ne le peuvent faire qu'en fixant une quantité notable
(l) Ann. agron.^ t. XVI, p. 478. Voyez aussi un résumé très complet de ce travail daas Annales de VInstitut Pasteur^ 1890.
d'oxygène, c'est à cette époque de la germination, que M. Godlewski constate que la quantité d'oxygène absorbé par les graines surpasse beaucoup Facide carbonique émis, le rapport étant à ce moment
comme nous 1 avons vu jj^a-
La disparition de la matière grasse pendant la germination du ricin a été étudiée par M. Fleury (1). Les graines présentaient la composition suivante :
Eau 6.48
Matières minérales 3.10
— azotées 20.20
Sucre et corps analogues (pas d'amidon) 2.21
Matières grasses et résineuses 46.60
Cellulose 17.99
Substances indéterminées 3.72
Pendant la germination, on a observé les transformations suivantes :
Époques Matières Sacre llatières
i partir da débat. grasses. et analogues. Cellalose. azotées.
Début 46.60 2.21 17.99 20.20
6 jours 45.90
Expériences du docteur Peters. — Le docteur Ed. Peters (cité par M. Sachs, Phys. végét.y p. 390) a publié un travail analytique important sur la germination de la courge. Il fil germer les graines dans la sciure de bois, alin de les nettoyer plus facilement, et les examina à trois périodes distinctes.
I. Lorsque les racines principales étaient longues de 2 à 5 centimètres, mais n'avaient pas encore produit de racines secondaires, l'axe hypocotylé était encore très court, et les cotylédons enfermés dans le testa.
II. Lorsque les cinq ou six premières racines secondaires avaient 2 à 3 centimètres de longueur, Taxe hypocotylé commençait à s'allonger et les cotylédons devenaient verts à la base.
m. Lorsque les cotylédons bien épanouis étaient d'un beau vert, tout le système des racines du germe était développé ; Taxe hypo-
(1) Ann. de ch, et de phys., 4« série, t. IV, p. S.
48 DE Là germination.
cotylé avait atteint sa longueur finale, et la première feuille commençait à s'épanouir. La dernière période de développement se faisait sous Tinfluence de la lumière.
Les pertes pendant la végétation représentent :
l'* période 0.43 p. 100 du poids de la graine.
2» — il. 20 —
Composition de 100 parties de la graine et du germe dn Cucurbita pepOy
d'après Peters (1).