AVANTAGES DES ARROSAGES
remploi de Teau la distribution d^abondantes fumures : Barrai, rapporteur du jury des concours établis en Yaucluse et dans les Bouches-du-Rhône en 1875 et 1876, cite, pour les prairies de Vancluse, les rendements suivants :
5 fois ^5.000 kilogr. de foin à Thectare.
Dans toutes ces cultures, les fumures sont annuelles et abondantes, il n'y a pas d'exemple de pré créé sans emploi immédiat d'engrais. Quand on ne donne que des fumures insuffisantes l'irrigation ne fournit plus que des rendements de 9, 8 et même 7,000 kilos de foin à Thectare.
Pour les luzernières, on a constaté :
8 fois De 15 à 18.000 kiloffr. de foin à l'hectare.
Le rendement moyen est de 12,100 kilogrammes de foin : en évaluant le prix du foin de pré ou de luzerne à 60 francs la tonne, on voit que le produit brut dépasserait 700 francs par hectare.
Le produit des cultures maraîchères est beaucoup plus élevé, il dépasse très souvent 2,000 francs. Une des entreprises les plus rémunératrices est la production des graines de fleurs particulièrement prospères à Saint-Rémy de Provence, petite ville où tout respire Taisance et le contentement; en Yaucluse, la commune de Cavaillon est également célèbre par ses cultures maraîchères ; la production des fruits de primeur est particulièrement avantageuse ; on peut dire qu'en Provence le sol est métamorphosé par les irrigations; les prairies verdoyantes, les pommiers lui donnent un aspect qui rappelle celui de la Normandie, et qui surprend d'autant plus qu'à quelques pas on retrouve dans les parties non arrosées, les maigres bois de pins et les oliviers rabougris et poudreux qui couvrent par places les coteaux arides, dénudés, brûlés par le solei!.
Dans les départements qui bordent les Pyrénées, les prairies des montagnes sont arrosées à l'aide de petits barrages, mais dans la grande plaine qui s'étend jusqu'à la mer, quelques canaux d'irrigation importants ont été construits ; le plus important est celui de
Saint-Marlory (1), il est destiné à Tirrigation de 10,000 hectares; en 1887, les eaux arrivaient sur un peu plus de 2,000 hectares. On estime que toute dépense payée, amortissement compris, la plusvalue annuelle due aux irrigations dépasse 100 francs par hectare, pour les cultures de prairie; elle ne pourra qu'augmenter quand les cultivateurs apporteront plus de soins au choix des espèces à semer.
M. Dybowski (2), ancien maître de conférences àFécole de Grîgnon, engagé au moment où j'écris (1891) dans l'exploration des parties septentrionales du Congo français, a étudié il y a quelques années les oasis.de la province de Constantine et notamment ceux, de rOued Rir; il estime en moyenne le rendement d'un palmier arrosé à 3 fr. 50 par année et par arbre ; on peut compter 200 dattiers par hectare, on aurait donc rien que pour les dattes 700 francs de revenu brut à l'hectare, et comme la terre peut porter sous les dattiers des cultures maraîchères et arbustives variées, le revenu brut s'élève facilement à 1,000 francs par hectare ; la maind'œuvre ne fait pas et surtout ne fera pas défaut, à mesure que les travailleurs nègres prendront l'habitude de venir dans ces régions dont ils peuvent seuls supporter les températures estivales (3).
§ 172. — Irrigations dans les régions septentrionales.
Bien que les irrigations n'aient plus dans les régions septentrionales l'intérêt qu'elles .présentent dans le Midi, où elles sont la condition même de la réussite, elles sont pratiquées cependant dans certaines contrées avec grand succès.
IrrigationB dans les Vosges. — Dans les parties hautes de ce département la pluie est fréquente et abondante, elle s'élève annuellement àl mètre et même àl™,70; les sources sont donc nombreuses et sur les terrains perméables les prairies peuvent recevoir des quantités d'eau énormes, on peut dire que dans les Vosges, les prairies sont constamment arrosées, excepté pendant les fortes gelées de l'hiver.
( 1 ) Association française pour l'avancement des sciences. Congrès deToulouse, ?« partie, p. 905. — Communication de M. Fontes.
(2) Ann. agr., t. XV, p. 433.
(3) Nous avons déjà trouvé, en 1891, de très nombreux travailleurs nègres en Tunisie, ils vienneni du Fezzan, en suivant la vallée du Nil, puis la côte de la Tripolitaine; dans le beau domaine de M. Potin près d'Hammam-Lif, tout le long de la route de Tunis à Sousse, encore en construction, les nègres étaient à la besogne; on se loue beaucoup de leurs services.