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IRRIGATIONS EN ITALIE

portion pour la Lombardie. L'irrigation a lieu souvent par ados (voyez page 568), au moins c'est ainsi que je Tai vu pratiquer aux portes de Milan dans une ferme dont la terre se louait 500 francs rhectare ; là, la production du foin était la principale spéculation, il servait à Talimentation de nombreuses vaches laitières, dont le lait est employé à la fabrication du fromage de Parmesan.

Quand on ne dispose que de Teau des canaux, on l'emploie à Tarrosage des prairies temporaires qui sont maintenues quatre années, puis remplacées par des cultures de lin, de maïs ou de blé ; quand au contraire on peut utiliser les eaux souterraines des fontanelles, dont la température pendant Thiver reste assez élevée, on établit des marcites qui forment la culture caractéristique de la vallée du Pô; elle s'étend dans le Milanais sur environ 5,000 hectares.

« La marcite n'est autre chose que de la prairie en serre chaude, le but à atteindre et le principe sont absolument les mêmes, Jes voies et les moyens seuls sont changés. On veut obtenir la végétation de la prairie pendant Thiver, mais au lieu d'employer du verre et du combustible on se sert d'un voile d'eau qui interposé entre la terre et l'air empêche le refroidissement de celle-ci, on fait courir l'eau constamment sur la surface de l'herbe, par suite la consommation est énorme, elle est estimée à 3,600 mètres cubes par jour pour un hectare (i). »

Le sol de la marcite est disposé en une série de larges billons, au sommet du biseau est creusée la rigole de déversement, elle envoie son eau sur les deux ailes qui présentent habituellement une largeur de 7 mètres avec une pente de 0*^,20 à 0",30 pour les 7 mètres ; la longueur des ailes varie de 20 à 50 mètres.

Tous les ados sont parallèles et un canal d'amenée perpendiculaire aux rigoles culminantes les alimente toutes. Les rigoles colatrices débouchent ordinairement dans un fossé colateur parallèle au canal d'arrivée et qui devient à son tour canal d'arrivée pour un système d'ados situé en aval du précédent.

Les marcites sont fumées deux fois par an; chaque fumure est de vingt à vingt-cinq tonnes de fumier d'étable que l'on mélange avec de la terre six mois à l'avance de façon que la matière soit à l'état pulvérulent. Les rendements des marcites sont en moyenne de 70,500 kilos de foin vert par hectare et par an correspondants à, 16,000 kilos de foin sec, les rendements temporaires donnent en moyenne 7,700 kilos de foin et les prairies permanentes arrosées 6,700 kilos seulement. Les irrigations ont fait la fortune de la vallée du Pô, on peut estimer qu'elles donnent à chaque hectare une plus-value de 2,500 francs, pour les 1,260,000 hectares irrigués, ce serait une plus-value totale de 3,150,000 francs.

Espagne. — En Espagne Tinégale répartition des pluies, très

(I) Les irrigations dans la vallée du Pd, par M. H. -A. Hérisson (Annales de l'Institut agronomique).

rares en été, rénorme disproportion entre la couche d'eau pluviale et Tévaporation commandent impérieusement l'irrigation eilui assignent une valeur inappréciable reconnue depuis longtemps, car travaux importants remontent aux Romains, ont été entretenus et développés par les Maures et continués de nos jours. Près d'Alicante, on admire dans les montagnes de Tibi un immense réservoir, dont le barrage n'a pas moins de 110 mètres de largeur et une hauteur de 66 mètres.

Dans le royaume de Valence, le lit de la Turia ne renferme plus d'eau à son embouchure, il ne sert plus que dans le cas des crues ou des inondations; les eaux ont été absolument utilisées pour les irrigations ; grâce à elles et à de copieuses fumures les rendements sont excessifs. Barrai (1) assure avoir vu en novembre une luzerne ayant fourni 22 coupes en une année avec un produit de 22 000 kilogrammes de foin sec à Thectare. La fertilité de la Huerta de Valence est en effet proverbiale.

Dans les environs de Saragosse oii les luzernières sont nombreuses, on donne en moyenne 31 arrosages par an, à raison de 1000 mètres cubes par hectare pour chaque arrosage, la surface reçoit donc une hauteur d'eau de 3 mètres environ; on obtient sur des luzernes qui durent de huit à dix ans six coupes; la première fournit environ 2,200 kilogrammes, chacune des quatre suivantes 3,000 kilogrammes de fourrage sec et la dernière équivaut à peu près à la première ; le rendement moyen est compris entre IS et 16,000 kilogrammes à l'hectare (2).

§ 175. — Résumé. — Développement des entreprises d'irrigations.

Pour toute la région méridionale de notre pays, pour l'Algérie, la Tunisie, l'irrigation est la condition même des succès de la culture; partout où l'eau arrive, la végétation devient luxuriante; il est donc manifeste que rien ne serait plus profitable aux intérêts agricoles que l'entreprise sur une large échelle de grands travaux d'irrigation.

Comment ne sont-ils pas encore décidés, comment se fait-il qu'on ait dépensé des sommes énormes à l'installation de lignes de chemins de fer de plus en plus nombreuses, au creusement de bassins dans des ports médiocrement fréquentés, et qu'on n'ait pas

(1) Association française, congrès de Montpellier, 1879, p. 118.

(2) Ici. y Congrès de Toulouse, communication de M. Llaurado, p. 889.

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