PLANTES SPONTANÉES
Dix-huit jours après avoir répandu les engrais on a examiné la terre et on y a trouvé :
Acide nitriqae par kilogr. de terre.
Parcelle avec engrais vert (luzerne) SÔ^^^^ï'jO
— avec sang desséché 72 ,2
— avec sulfate d'ammoniaque 121 ,4
— sans engrais azoté 14 ,5
L'engrais vert a nitrifié plus rapidement que le sang desséché. Les coupes de maïs, fin septembre, ont donné les récoltes sui* vantes rapportées à l'hectare :
Parcelle avec engrais vert (luzerne) 78.000 kilogr.
— avec sang desséché 7.1 . 500 —
— avec sulfate d'ammoniaque 66.00(> —
— avec nitrate de soude 78 .500 —
— sans engrais azoté 39. 500 —
Il est donc évident que Terigrais vert a montré une grande efficacité puisque la récolte qu'il a fourni a été aussi abondante que celle qu'on a obtenue du nitrate de soude.
 Grignon, j'ai observé souvent, ainsi quil a été dit déjà, que le séjour prolongé des tas de feuilles de betteraves à l'automne même sans enfouissement, exerçait sur le développement du maïs fourrage, qui occupait ces terres l'année suivante, une influence très marquée; les plantes d'un vert foncé dominaient celles qui n'avaient pas reçu cet excès de fumure.
§ 179. — Plantes spontanées employées cobime engrais.
Dans les sols non calcaires, granitiques, schisteux, sablonneux, se développent spontanément les ajoncs, les genêts, les bruyères, qui peuvent être employés soit directement comme engrais, soit même servir d'aliments pour le bétail; l'ajonc convenablement brisé par le hache-ajonc-rotatif est accepté par les animaux; et souvent, il est utilisé comme fourrage très nutritif, car il renferme 6 p. 100 de matières azotées; souvent aussi mélangé à du phosphate de chaux, il est employé avantageusement comme engrais (1),
M. Petermann (2) a donné la composition des plantes spontanées des Ardennes :
(1) Ann, agron,y t. I, p. 157.
(t) Ann. agron., t. IX, p. 2S1.
lOO de plantai sécbées à l'air renferment.
Paille
Fougère.
Bruyère.
Genêt.
de seigle en comparaison
Azote. • ■
Potasse
Soude . . :
Chaux
Magnésie
Â. phosphorique. . .
Ces plantes peuvent avantageusement, enoutre, servir de litière, elles retiennent une quantité de purin comparable à celle de la paille de froment :
100 kilogr. de paille de froment peuvent retenir 254 litres de purin.
— de fougère — 212 —
— de bruyère — 190 —
— de genêt — 111 —
Feuilles des arbres. — Dans les pays de forêt, il est souvent permis d'aller relever les feuilles mortes qui jonchenl le sol, ces feuilles sont très appauvries en azote, acide phosphorique et potasse, résorbés avant leur jaunissement; mais elles s'imprègnent facilement de liquide, se décomposent vite et peuvent utilement être employées comme litières ; elles servent surtout à augmenter la quantité d'humus du sol qui les reçoit.
Tiges. — Les tiges des topinambours, les chaumes de colza, de maïs, les branches des porte-graines de betteraves, sont durs, coriaces, lents à décomposer, on ne peut les laisser sur le sol, car ils gênent les labours, aussi généralement tous ces débris sont-ils brûlés; sans doute on pourrait les employer à la fabrication de composts, mais il ne faudrait le faire qu'autant qu'on aurait de la main-d'œuvre à très bon marché; si cette fabrication devait conduire à une dépense un peu forte, elle pourrait fort bien n'être pas avantageuse. (Voyez plus loin, la préparation des composts).
§ 180. — Plantes marines employées comme engrais.
L'Océan reçoit, par tous les cours d'eau, des masses énormes de matières fertilisantes, et notamment tous les nitrates qui s'échappent de nos terres cultivées ; nous avons vu que ces nitrates ne persistent pas dans la mer à leur état primitif, ils sont sans doute utilisés par les plantes marines, qui en se décomposanl donnent Tammoniaque qui a été constatée dans toute» les eaux