PLANTES MARINES
de mer. Les continents ne récupèrent au reste que bien incomplètement les quantités prodigieuses d'azote combiné qu'ils cèdent à rOcéan, on en tire de médiocres quantités de poissons et des quantités moins importantes encore de plantes employées comme engrais.
Les goémons ou varechs ne sont utilisés que sur les bords mêmes de la mer, mais ils le sont avec grand avantage et parfois exclusivement; l'Ile de Noirmoutiets maintient à son sol, depuis des siècles, une fertilité moyenne par Temploi exclusif desgoémons, les déjections du bétail sont séchées et employées comme combustible, remplaçant ainsi le bois qui fait défaut : les arbres résistent difficilement, en effet, aux grands vents d'ouest qui parcourent toute notre côte occidentale ; l'Ile de Ré presque entièrement couverte de vignes ne les fume également qu'avec des varechs; sans le géomon, Jersey ne serait pas le pays du monde où le produit brut à l'hectare atteint le chiffre le plus élevé et monte parfois à 5000 francs par la culture des primeurs. En Bretagne, le prix de location des terres varie avec la distance à la mer et la facilité que trouvent les cultivateurs à s'approvisionner de goémons ; de 300 à 400 francs l'hectare pour le premier kilomètre, le prix descend à 200 francs pour le second, et tombe à 30 ou 40 francs, au delà de 5 ou 6 kilomètres, aux points où le goémon ne peut plus être économiquement transporté, avec les moyens actuels.
Le goémon ne présente pas, en effet, une richesse suffisante pour pouvoir arriver à une grande distance de la côte; on a essayé de le comprimer en tourteaux après dessiccation incomplète. Malaguti qui s'était occupé de cette question, il y a vingt-cinq ans (1), avait trouvé pour des goémons renfermant encore 29 p. 100 d'eau, 1.28 d'azote.
Nous donnons dans le tableau suivant la composition centésimale d'un certain nombre de fucus employés comme engrais.