RÉSIDUS INDUSTRIELS
Dans le Midi de la France^ on emploie les tourteaux réduits en poudre ; dans le Nord, il arrive souvent qu'on les mélange avec les matières fécales fermentées conservées dans les citernes et désignées sous le nom d'engrais flamand. La fumure dans la région méridionale comprend de 500 à 1000 kilos de tourteaux.
Dans les terres fortes, peu perméables à l'air, où la nitriRcation ne se produit que difficilement, les tourteaux produisent moins d^eifet que dans les terres légères. La quantité de tourteau à distribuer s'établit d'après leur teneur en azote, en se rapportant aux quantités de fumier habituellement employées et en sachant que dans les terres légères l'azote du tourteau devient plus facilement assimilable que celui du fumier. — Si, pour betteraves par exemple, on donne 40,000 kilos de fumier à 5 kilos d'azote par tonne. Le fumier apporte 200 kilos d'azote, en prenant des arachides qui renferment 5 kilos d'azote pour 100; il faudrait donc prendre 10 fois moins, ce qui ferait encore 4,000 kilos, mais l'azote évoluant plus vite, une quantité moitié moindre serait en général suffisante, la fumure serait donc de 2,000 kilos environ.
Chez M. Porion, nous avons employé avec grand avantage 1,500 kilos de tourteaux de maïs à l'hectare pour betteraves, on obtenait de pleines récoltes comprises entre 40 et 50,000 kilos de Vilmorin améliorées à l'hectare; le blé qui suivait ne recevait rien. En employant 3,000 kilos, la fumure était exagérée, les betteraves n'augmentaient plus guère de poids et l'année suivante le blé versait.
§ 182. — Résidus industriels.
Écumes de défécation. — On sait que pour clarifier les jus de betteraves, on les mêle à un lait de chaux qu'on précipite ensuite par un courant d'acide carbonique. Le précipité entraînant les matières pectiques, les albuminoïdes coagulés, est soumis à la pression pour en extraire le liquide sucré; après cette pression, il constitue un résidu connu sous le nom d'écumes de défécation ; ces écumes très riches en carbonate de chaux sont souvent employées comme amendements calcaires et nous les avons déjà
Ann. ngron.j t. VI, p. 414 et Van den Berghe, Tourteaux et farine de /tw, t. XVII» p. 456.
d04 ENGRAIS VÉGÉTAUX.
signalées (page 531), mais elles contiennent en outre diverses matières fertilisantes et doivent être de nouveau étudiées comme engrais.
Les écumes renferment de 0.3 à 0.4, parfois même 0.8 d'azote p. 100 : la teneur variant avec la dose d'humidité qui est habituellement de 30 à 40 p. 100; ces écumes renferment naturellement une grande quantité de chaux, la plupart du temps carbonatée, parfois cependant encore libre. La proportion d'acide phosphorique esl médiocre, elle ne s'élève qu'à 0.8 à 1.5 p. 100; ces écumes sont employées avec grand avantage dans les terres fortes pour les assouplir; nous avons dit déjà que les terres du domaine de Marmilhat situées en Limagne d'Auvergne, dans le voisinage des usines de Bourdon, sont argileuses et quelquefois difficiles à travailler à l'automne : elles reçoivent depuis longtemps les écumes de la sucrerie voisine. Ces additions répétées ont fini par les rendre plus filtrantes, et il arrive souvent qu'après les grandes pluies on peut pénétrer dans les pièces deux ou trois jours plus tôt, que dans des champs voisins formés de la même terre, mais qui n'ont pas reçu une grande masse d'écumes.
Exposées à l'action de l'air les écumes perdent assez facilement leur azote à l'état d ammoniaque, il est donc avantageux de les enfouir le plus tôt possible, et si l'état des terres ne s'y prête pas, de les couvrir de terre humide pour tâcher de retenir cette ammoniaque (1).
Touraillons. — La bière se fabrique avec l'orge germée, quand l'amidon de l'orge a été transformé en dextrine et en glycose par l'action de la diastase, on procède à une dessiccation des grains, et on détache les germes qui sont apparus ; ceux-ci sont généralement employés comme engrais, ils renferment d'ordinaire de 5 à 10 p. 100 d'eau, à cet état l'analyse y indique :
Azote 4 à 5.0 pour 100.
Acide phosphorique 1 2.0 —
Potasse 2 2.5 —
C'est donc un engrais d'une grande richesse, qui présente en outre l'avantage de se décomposer très aisément. Haro de raisin. — Les marcs de raisin sont souvent utilisés
(1) Plicque, Ann, agron.y t. U, p. 257.