RÉSIDUS INDUSTRIELS
comme aliments pour le bétail ; cependant, quand les vins ont été plâtrés, les marcs ne servent plus que comme engrais; la fabrication du vin de raisin sec qui a pris une grande extension dans ces dernières années a jeté sur le marché une quantité notable de marcs, ces résidus présentent la composition suivante :
Eau De 77 à 75
Azote 0.7 0.6
Acide phosphorique 0.44 O.li
Potasse 0.6 0.4
Marc de pommes. — Dans les résidus de la fabrication du cidre renfermant de 75 à 80 p. 100 d'eau, on trouve :
Azote Dei.l à 2.8
Acide phosphorique 0.4 0.9
Potasse 4.2 2.6
Ces résidus deviennent facilement acides, il est avantageux de les mélanger au fumier où dominent les réactions alcalines ou d'en faire des composts en y ajoutant une petite quantité de chaux.
Eaux industrielles. — Les usines qui transforment les produits végétaux rejettent des quantités considérables d'eaux qu'il y a souvent intérêt à employer aux irrigations.
Les vinasses des distilleries présentent en moyenne par litre d'après MM. Muntz et Ch. Girard la composition suivante, qui varie suivant la matière mise en fermentation :
Pommes Mélasses. Grains. Betterares. de terre. Topinambours,
gf- gr. gr. gr. gr. gr. gr.
Azote 1.5 à 3.0 2.5 0.7 à 2.0 1.5 à 2.5 1.2
Acidephosph. 0.1 0.2 2.5 à 4.5 0.2 0.8 0.3 1.0 0.02 Potasse 1.8 9.0 2.6 1.5 3.0 2.5 3.5 2.87
Les vinasses de mélasses présentent comme on le voit une grande richesse en alcalis et sont souvent utilisées à la fabrication des salins; quand elles sont répandues sur des surfaces restreintes, elles leur communiquent une richesse excessive qui persiste pendant plusieurs années : on avait à Tusine de Wardrecques répandu pendant longtemps des vinasses sur des pièces qui plus tard furent rechargées de terres voisines, puis soumises à la culture ; en 1885, on y sema des betteraves Vilmorin, bien qu'elles eussent été maintenues en lignes rapprochées, la richesse du sol était telle que quelques racines devinrent monstrueuses.
§ 183. — Utilisation des débris végétaux. — Terreaux.
Un cultivateur soigneux ne laisse jamais sa cour de ferme encombrée de débris, elle est soigneusement balayée, et ces balayures accumulées dans un coin sont formées : des excréments que les animaux laissent en circulant dans les cours, des débris végétaux de toutes sortes, et des terres amenées par les charrois; tous ces débris, pour peu qu'ils ne soient pas trop tassés, ne tardent pas à fermenter et à former un terreau très avantageusement employé à la fumure des jardins et des prairies.
Boussingault a écrit sur cette préparation du terreau une page qui mérite d'être rappelée :
« Que Ton destine à la préparation du terreau les gravois, les balayures, la boue, la terre des fossés, les vieux gazons, les cendres, etc..., je Fai toujours compris : ce sont des matières terreuses utiles & la végétation, dans lesquelles il n'y a que fort peu de matières organiques. Mais qu'on y réunisse les mauvaises herbes, les pailles, les marcs de fruits, et, comme on le pratique assez fréquemment, des animaux morts, du sang, des urines, voilà ce que j'ai considéré longtemps comme éminemment désavantageux, en vertu de ce principe trop absolu peut-être, que tout ce qui est susceptible d'entrer en putréfaction, doit être jeté dans la fosse à fumier... Pendant vingt-cinq ans, j'ai critiqué, sous ce rapport, ce que l'on exécutait dans la ferme ; mais pendant vingt-cinq ans, j'ai laissé faire, d'abord, parce que les résultats obtenus étaient des plus satisfaisants, et puis parce que je pensais que sur un point essentiellement pratique, sur une opération dont l'efflcacité était consacrée par une expérience séculaire, l'opinion de tous les paysans valait mieux que celle d'un seul académicien.
Boussingault écrivait ces lignes dans son Mémoire sur le terreau et la terre végétale (1), et il y montre que la fabrication du terreau dans la ferme est très analogue à celle du salpêtre dans les nitrières artificielles très nombreuses au siècle dernier, quand on n'avait pas encore découvert et exploité les gisements de nitrate de soude du Pérou.
En cherchant les nitrates dans le terreau, l'illustre agronome en trouve, en effet, des quantités sensibles :
(I) Agronomie^ tome II, p. 5.