‹ Traité de chimie agricoleChapitre 254 sur 399 · SANG. — CHAIR · texte numérisé non relu

SANG. — CHAIR

§ 190. — Sang desséché.

Le sang se corrompt si facilement que pour remployer comme engrais il faut toujours lui faire subir une préparation. Habituelle* ment, on coagule Talbumine du sang à Faide d'un courant de vapeur, on fait agir également sur le sang du sulfate de peroxyde de fer, obtenu en ajoutant à du sulfate de protoxyde de fer, du nitrate de soude et de l'acide sulfurique; la coagulation est très rapide, il ne se dégage aucune odeur fétide ; la masse, desséchée dans des étuves, est pulvérisée ; on trouve en moyenne dans le sang desséché de 10 à 12 p. 100 d'azote, de 0,5 à 1,5 d'acide phosphorique de 0,6 à 0,8 de potasse.

M. Petermann a exécuté sur l'eflicacité du sang desséché une série d'expériences intéressantes ; il s'en est servi sur une terre argileuse et sur du sable pour soutenir une culture de blé ; en donnant à des pots renfermant 4 kilogrammes de terre 0s%25 d'azote à l'état de sang ou de nitrate de soude, du phosphate précipité et des sels de potasse, il a obtenu en grains de blé :

Terre argileuse. Sable.

Sang, phosphate, potasse 19.44 12.19

Nitrate de soude, phosphate, potasse.. 19.80 12.98

M. Petermann ajoute à ses essais les réflexions suivantes : c( Sec, friable, pulvérulent, le sang desséché se prête facilement à l'emballage, au transport et à toutes les manipulations qu'exige son emploi agricole, telles qu'épandage à la main ou à la machine. )) C'est un engrais actif et commode à employer.

Il est probable qu'on se décidera un jour à utiliser le sang des nombreux animaux abattus dans la République Argentine ; en le faisant absorber aux cendres des os de ces mêmes animaux, on constituerait un engrais de grande valeur.

§ 1 91 . — Chair desséchée.

En Europe la chair est préparée pour engrais avec des chevaux ou d'autres animaux qui ne peuvent fournir une viande alimentaire.

Les animaux sont dépecés, en gros morceaux, que l'on arrange dans de grandes caisses ou cuves en bois qui peuvent contenir jusqu'à trente ou trente-six chevaux, puis on y fait arriver un jet de

6t6 ENGRAIS D'ORIGINE ANIMALE.

vapeur d'eau. La cuisson dure de dix à quatorze heures, la masse abandonnée au repos fournit trois couches liquides.

La couche supérieure est formée de graisse, qui peut être livrée aux savonneries, la couche moyenne est une eau chargée de gélatine : la couche inférieure est un mélange de sang et de chair ; après dessiccation, elle renferme encoreSàOp. 100 d'eau, 13 p. 100 d'azote, et à peu près 2,4 de phosphate de chaux.

En 1879, j'ai essayé à Grignon l'emploi des déchets de viande provenant d'une usine de Saint-Denis. Les résultats n'ont pas été très avantageux : sur les pommes de terre, l'effet a été nul ; pourie maïs-fourrage qui, cette année-là, a donné, sous l'influence du fumier, 80,000 kilog. de fourrage vert à l'hectare, tandis que sans engrais on n'en obtenait que 22,000, l'engrais de viande a fourni seulement 36,000 et 33,000 kilog. Sur l'avoine, l'effet a été plus marqué : tandis que sans engrais on n'obtenait que i0**^,S0 de grain et 38^*",50 de paille, l'engrais de viande poussait la récolte à IT*^ et 17'»*",5 de grain, 40 et 43 quintaux de paille.

Au reste, ce n'est pas pendant Tannée où il a été distribué, que l'engrais de viande a produit le maximum d'effet; en 1880 le maïs fourrage sans engrais donnait 38,400 kilog. de fourrage vert, tandis qu'on en obtenait 47,300 et 46,000 sur les parcelles qui avaient reçu les déchets de viande l'année précédente.

Les parcelles qui avaient reçu, en 1879, les engrais de viande pour pommes de terre furent emblavées en blé à l'automne, elles fournirent 34 quintaux de grain et 44 quintaux de paille, tandis que la parcelle qui, en 1879, était restée sans engrais ne donnait que 23 quintaux de grain et 37 quintaux de paille.

Cette culture de blé fut encore maintenue sur ces mêmes parcelles en 1881, Car elle avait précisément été disposée pour suivre les effets des résidus laissés parles fumures précédentes. Or, les par» celles fumées à Tengrais de viande en 1879, restées sans addition depuis, donnèrent 23 quintaux de grain contre 16,4 fournis par la parcelle sans engrais en 1879. L'effet de l'engrais de viande se poursuit donc pendant plusieurs années.

La viande a été l'objet de diverses transformations. M. Rohart avait essayé d'en fabriquer des tourteaux ; plus tard, M. Boncherie proposa delà traiter par l'acide chlorhydrique (1).

Bien que les cadavres des animaux doivent être considérés comme

(1) Ann. de chim. et de phys,, i^ série, t. XUI, p. I9X

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