EMPLOI DU NITRATE DE SOUDE
de mauvaises semailles^ il arrive souvent que les points qui ont été ainsi raccommodés suivant l'expression consacrée, par Tépandage à la volée du nitrate au premier printemps, portent des récoltes plus fortes et plus belles que celles, qui étant en meilleur état au printemps, n'ont pas reçu la fumure complémentaire de nitrate.
Quand on se rappelle que la soude ne fait pas habituellement partie des cendres des végétaux, on peut être étonné de voir au nitrate de soude une remarquable efficacité, mais on ne doit pas oublier que les matières introduites dans le sol y réagissent sur les substances que ce sol renferme naturellement et que par suite, une terre qui a reçu de Tazotate de soude, renferme bientôt de Tazotate de potasse et de Tazotate de chaux formés aux dépens des carbonates de potasse ou do chaux contenus dans le sol; ce sont ces nitrates qui sont assimilés.
Ce sont eux, en effet, qu'on trouve parfois en quantités considérables accumulés dans divers organes des végétaux, où ils constituent des réserves, quelquefois assez abondantes, pour donner aux plantes des propriétés vénéneuses ; nous avons déjà insisté sur ce point (page 107), et nous n'avons pas à y revenir.
Il peut arriver que dans certaine sols pauvres en polasse assimilable, les transformations de l'azotate de soude en azotate de potasse soient difficiles et que le salpêtre soit plus efficace que le nitrate de soude; c'est ce qu'avait constaté, il y a quelques années M. Esler, directeur de la station agronomique de Gœttingue, sur une culture de pommes de terre, mais, en répétant cette expérience au Muséum, également sur une culture de pommes de terre, j'ai obtenu exactement le même résultat de l'emploi du nitrate de soude et de celui du nitrate de potasse.
On emploie avec grand avantage le nitrate de soude seul ou quelques jours après l'épandage de superphosphates sur les cultures de blé succédant aux betteraves qui ont reçu une forte fumure de fumier de ferme.
Pendant Tannée 1889 où les récoltes de blé ont été médiocres dans le nord de la France à cause de la verse qui s'est produite sur presque toutes les variétés, on a obtenu à Grignon les rendements les plus élevés se montant à 33 et même 34°"^, 5 de grain sur les parcelles qui avaient reçu en 1888 une forte fumure de fumier pour betteraves et seulement de l'azotate de soude au printemps, et je crois que ce mode de fumure est encore plus efficace sur les terres fortes que sur les terres légères ; les grandes récoltes de blé à
épi carré réalisées à Wardrecques en 1 886 et qui se sont élevées à 50 quintaux métriques à Thectare n'avaient reçu que du nitrate de soude ou de sulfate d*ammoniaque, mais succédaient à des bette- Taves fortement fumées Tannée précédente.
Emploi du nitrate de soude mélangé au fumier. — Sur les terres •an peu légères comme celles de Grignon, le nitrate exerce son maximum d'action, quand son influence s'ajoute à celle du fumier -de ferme.
On a obtenu à Grignon, dans la culture continue de Tavoine les 'nombres suivants :
Hectolitres de grain recueillis à l*hectare. '
Sans engrais 5i.lO 27.90 53.70 31.00
Azotate de soude 54.40 38.40 46.25 29.00
Fumier 52.30 52.40 43.80 32.75
Azotate de soude et fumier. 56.20 66.30 82.50 55.00
Pendant les quatre années, c'est la fumure : azotate de soudefumier qui a donné les plus fortes récoltes, en 1880, elle a été particulièrement efficace.
En 1888^ deux parcelles du champ d'expériences ont donné l'une, 39 hectolitres de blé à épi carré, l'autre 60*'**S3, les terres qui ont fourni ces admirables récoltes avaient reçu l'une et l'autre du fumier •et de l'azotate de soude; cette même année le rendement de l'avoine à grappes est monté à ST'^^jS correspondant à 84 hectolitres à l'hectare avec une faible fumure de fumier et de nitrate de ■soude, tandis que sans engrais on restait à 71 hectolitres.
Mais c'est particulièrement pour la culture de la betterave que >ce mélange est avantageux :
En 1887 on a obtenu :
Racines Vilmorin à l'hectare.
Azotate de soude seul 20.700 kilos.
Sulfate d'ammoniaque seul 17.800 —
Fumier et azotate de soude 40.000 — -
En 1888:
Azotate de soude et sulfate d'ammoniaque.. . 25.320 — Fumier et azotate de soude 40. 100 —
En 1889:
Azotate de soude seul 35.600 —
Fumier et azotate de soude 40.0o0 ~-