GERMINATION DES TUBERCULES. S
§ 1 i . — Evolution des tubercules et des bulbes.
Plusieurs des plantes de grande culture, notamment les pommes (le terre, les topinambours; parmi les plantes d'ornement, les dahlias, les cannas se reproduisent à Taide des tubercules.
Le choix de la variété n'est pas moins important que pour les xrraises; en préconisant comme pomme do terre industrielle la Richtcrs Imperator^ M. Aimé Girard a rendu un véritable service, puisqu'en substituant cette variété à celle qu*on cultive habituellement, on réussit à obtenir de 30 à 40 tonnes de tubercules dans les terres fertiles, de 15 à 20 dans les sols pauvres, au lieu de rester à 15 ou 18,000 kilogrammes dans le premier, ou 8 à 10 dans le second.
De nombreuses expériences ont établi qu*il est avantageux, pour obtenir de forts rendements, d'employer comme semenceaux des tubercules moyens, et particulièrement quand on cultive la Richtefs Imperator, de les planter entiers.
Bien que les tubercules diffèrent essentiellement des graines, les matériaux de réserve y sont analogues et les conditions nécessaires à révolution, identiques à celles qui déterminent la germination. Dans les tubercules de pommes de terre existe une matière, la fécule, qui, sauf la dimension des grains, est exactement la même substance que Tamidon des graines ; dans les dahlias et les topinambours la fécule est remplacée par un autre hydrate de carbone, rinulinc, qui joue dans la germination le même rôle que la matière amylacée.
De même que l'oxygène, Thumidité, une légère élévation de température, sont nécessaires à l'évolution de la graine, de même, ces conditions sont aussi celles qu'exige le passage des tubercules de la vie latente à la vie active; il est à remarquer en outre que la quantité d'eau contenue dans les tubercules étant beaucoup plus considérable que celle qu'on trouve dans les graines, il arrive très souvent que les pommes de terre germent dans les silos aussitôt que la température s'élève (1).
Germination des pommes de terre. — Les transformations que
(1) 3d. Scbribaux a reconnu qu'en plongeant pendant quelque temps les tubercules de pommes de terre dans de l'eau aiguisée d'acide sulfurique» on les privait de leur faculté gerniinatrice et par suite on assurait leur conservation [Bulletin de la Société nationale d'agriculture, 1890).
subissent les tubercules de pommes de terre ont été Tobjet d'un grand nombre de travaux ; l'un des plus complets est dû à M. Kellermann (1). L'auteur a suivi la végétation des pommes de terre pendant quatorze semaines ; il a soumis à l'analyse les vieux tubercules qui se vident peu à peu pour donner naissance aux plantes nouvelles. Les analyses ont conduit aux dosages suivants, que nous reproduisons intégralement ; les chiffres indiquent en grammes les poids des matières contenues dans 1000 plantes.
Modifications survenues dans les vieux tubercules de pommes déterre
pendant quatorze semaines.
Matière sèche . . .
Cellulose
Azote
Protéine
Matières grasses.
M. extr. non azotées (fécule).. . .
Cendres
Chaux
A.phosphorique.
Potasse
Ire
îo
SEMAINE
SBH4INE.
SEMAINE
SEMAINE
SEMAINE
SEMAINE
SEMAINE
SEMAINE
Le poids de matière sèche diminue très rapidement à partir de la huitième semaine ; au moment où se terminent les observations, les vieux tubercules sont ridés, vidés et ne vont pas tarder à devenir la proie des organismes inférieurs qui déterminent leur combustion complète.
La cellulose que nous avons va être utilisée dans quelques graines comme matière de réserve résiste dans les vieux tubercules ; son poids est même à la fin supérieur à ce qu'il était d'abord. C'est surtout la fécule qui est employée à la formation des organes nouveaux, sa disparition toutefois n'est pas régulière, elle est beaucoup plus rapide à partir de la cinquième semaine, qu'elle ne l'avait été auparavant ; c'est aussi à ce moment que la matière azotée émigré le plus rapidement.
Les matières grasses résistent ; après quatorze semaines on en
(1) Ann» agron.y t. IV, p. 615.