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LE FUMIER SUR LES TERRES LÉGÈRES

on associe, soit du nitrate de soude, soit du sulfate d'ammoniaque. Nous avons indiqué plus haut que les grandes récoltes ne s'obtiennent guère que par l'emploi simultané du fumier et de l'un de ces

deux engrais, et c'est là une notion d'un haut intérêt; il en^faut conclure que dans les exploitations où le fumier n'est pas trës^ abondant, il est inCniment plus avantageux de donner à toute la

sole qui doit recevoir des engrais une demi*fumure de fumier de ferme à compléter par des engrais salins, plutôt que de conduire sur certains champs tout le fumier, et de répandre sur d'autres exclusivement des engrais chimiques.

Nous avons donné plus haut (page 664) de nombreux exemples des récoltes obtenues par ce mode de fumure, elles sont beaucoup plus élevées que celles que nous fournissent les engrais salins ou le fumier employés isolément.

Nous allons voir dans le paragraphe suivant qu'il est facile de concevoir pourquoi ce mode de fumure est particulièrement avantageux.

§ 228. — Des transformations que subit dans le sol le fumier enfoui.

Le fumier est pour nous un engrais dont les fonctions sont très complexes, il apporte au sol de la matière ulmique, maintenant en dissolution des matières minérales à un état assimilable, il lui apporte ses carbonates alcalins, qui, ainsi que nous le verrons, agissent sur les phosphates insolubles du sol, enfin il apporte de la matière azotée à deux états différents, sous forme d'ammoniaque et sous celle de matière organique azotée servant directement d'aliment à certaines plantes.

S'il est difficile de suivre les transformations de la matière carbonée introduite dans le sol, il est plus aisé de chercher comment l'ammoniaque et la matière organique azotée y prennent la forme essentiellement assimilable de nitrates.

J'ai disposé à Grignon, en 1891, une expérience destinée à élucider cette question; de grands pots vernissés bien drainés par des cailloux ont reçu la terre légère de Grignon, la terre forte de Wardrecques, les terres très chargées d'humus de Marmilhat et de Palbost, la première terre provient du champ d'expériences, la seconde du domaine de M. Porion dans le Pas-de-Calais, les deux autres des terres exploitées par la sucrerie de Bourdon dans la Limagne d'Auvergne ; chacune de ces terres a été mise en expérience dans deux vases pouvant en contenir 50 kilos, mais l'un des deux a reçu un kilogramme defumier tandis que l'autre restait à l'état normal. La fumure était donc considérable puisqu'elle correspondrait à 60,000 kilos pour le sol d'un hectare. Les terres sont restées sans végétation et on a recueilli les eaux de drainage, elles ont fourni les résultats suivants :

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