GRIGNON
WARDRECQUES.
IIARMILHAT.
PALBOST.
24 mars
7 avril
30 mai
9 iuin
22iuillet
4 septembre
11 octobre
Les deux échantillons de chacune des terres étant bien semblables, nous pouvons supposer que les différences constatées, inscrites au tableau ci-joint, proviennent de la nitrification des matières azotées du fumier. Un seul chiffre portant le signe — on voit que toujours, à une exception près, les eaux de drainage des pots i, 3, 5, 7 qui avaient reçu le fumier ont été plus chargées que celles des vases correspondants 2, 4, 6 et 8 restés sans fumure. On remarquera en outre que la nitrification s'est produite d'une façon très .différente dans les diverses terres.
La nitrification est partout très active pendant les trois premiers mois, au 9 juin il y a partout également un ralentissement marqué, mais à partir de ce moment les différences entre les diverses terres deviennent très visibles, tandis que la nitrification reste notable pour la terre de Grignon, elle devient très faible à Wardrecques, à Marmilhat et à Palbost, or ces quatre terres sont très différentes de constitution ; la terre de Grignon, comme il a été dit souvent, est une terre légère qui souffre beaucoup plus de la sécheresse que de rhumidité, c'est par les années humides, quand la moisson est tardive, qu'on y obtient de grandes récoltes de blé; il en est tout autrement pour les autres terres, c'est par les années chaudes qu'elles donnent les récoltes les plus abondantes et nous devons insister sur la liaison qui existe entre l'efficacité du fumier et l'activité de sa nitrification. Le fumier se nitrifie bien mieux dans une terre légère bien aérée, quand elle est humide que dans une terre plus compacte, et c'est précisément dans ces conditions que l'on obtient
à Grignon les grandes récoltes de blé. L'azole du fumier se transforme plus facilement en nitrates dans les terres légères que dans les terres fortes et c'est là une des raisons qui expliquent comment il est plus efficace pour le blé, sur les unes que sur les autres.
Il semble qu'on puisse conclure encore de ces essais et du ralentissement si marqué qui s'est manifesté dans les trois terres fortes à partir du mois de juin, quand la température était devenue très favorable et que les sols étaient saturés d'humidité puisqu'ils laissaient écouler les eaux de drainage, que la nitrîfication s'est exercée successivement sur deux matières différentes.
On sait que le fumier renfeiine de l'azote à deux états différents (voy. p. 696), il y existe sous forme d'ammoniaque et sous celle de matières organiques; il semble, à voir l'énergie de la nitrifîcation dans les quatre terres pendant les premiers mois d'expérience» qu'elle se soit exercée sur de Tammoniaque, qui nous le savons est facilement la proie du ferment nitrique, elle a été nitrifiée très complètement dans la terre de Grignon, un peu moins dans celle de Wardrecques et sensiblement plus lentement dans les terres fortes de Marmilhat et de Palbost.
Plus tard la nitrîfication se ralentit partout, mais beaucoup plus sur les terres compactes que sur la terre légère de Grignon, et il semble qu'il faille conclure de ce ralentissement inégal de la nitrificationdans des conditions essentiellement favorables, que cette oxydation a porté non plus sur une matière facile à brûler comme l'ammoniaque, mais sur la matière organique azotée qui résiste davantage et qui n'a été attaquée vigoureusement que dans la terre de Grignon très perméable à l'air.
Pour vérifier si cette manière de voir était justifiée, pour savoir si la matière organique azotée fournirait des nitrates, j'ai disposé l'expérience suivante : trois vases ont reçu delà terre de Grignon épuisée par la culture sans engrais, l'un a été amendé avec 1 kilogramme de fumier, le seconda reçu l'eau de lavage de i kilogramme de fumier, lavage continué jusqu'à ce que Teau passât incolore, un dernier a reçu cette même eau de lavage privée par ébullilion avec de la magnésie des sels ammoniacaux qu'elle renfermait, on a obtenu les quantités suivantes d'azote nitrique :