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kil. de fumier enterré

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Nous avons en outre indiqué plus haut que les résidus laissés par le fumier enterré ont été beaucoup plus efficaces pour la culture <lu blé que ceux qui ont persisté après la fumure en couverture. Il en est de même pour la culture du sainfoin, les trois récoltes de 1879-80 et 81 ont donné en movenne :

Fourrage sec obtenu sous lUnfluence des fumures antérieures.

Fumier enterré 8 . 269

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§ 232. — Composts. — Mélange du fumier a la chaux.

Depuis longtemps les cultivateurs de TOuest de la France, travaillant des terres granitiques ou schiteuses pauvres en chaux, ont pris l'habitude de faire des mélanges de chaux et de fumier. Ils opèrent de la façon suivante : on creuse un fossé dans lequel on dépose de la chaux vive, on la couvre de terre, après quelques jours cette chaux s'éteint, se réduit en poudre, quand elle est amenée à l'état de farine, ou la mélange à la terre, et on apporte alors le fumier le long de cette tombe, puis on mélange le fumier avec le compost de chaux et de terre ; ces mélanges doivent être préparés deux mois au moins avant d'être employés.

Cette pratique a été fort blâmée autrefois, elle paraît aujourd'hui fort raisonnable; dans l'enquête sur les engrais industriels de 1864,

Boussingault ayant à discuter cette méthode d'emploi du fumier s'exprime ainsi :

« Au commencement de ma carrière agricole j'étais très prévenu contre le mélange de chaux et de fumier, parce que j'étais sous Fempire de celte préoccupation qu'il existait beaucoup d'ammoniaque dans le fumier, mais quand analysant les fumiers de Grignon, du Liebfrauenberg, d'Angleterre j'ai reconnu qu'il y en avait très peu, j'ai compris comment on pouvait faire de ces composts. »

Nouscomprenons encore mieuxaujourd'huileur utilité: nous avons vu plus haut (page 622) que MM. Muntz et Girard ont reconnu qu*en introduisant des matières azotées dans un sol à réaction acide dépourvu de calcaire comme ceux de la Mayenne, on n'y voyait apparaître aucune trace de nitrates, mais qu'au contraire ces sels se formaient facilement, aussitôt que le sol avait reçu une quantité de marne et de chaux suffisante pour lui donner la légère réaclion alcaline nécessaire au développement du ferment nitrique; or c'est précisément ce que font les cultivateurs de la Mayenne : en mélangeant du fumier avec de la chaux et de la terre, ils mettent peutêtre en liberté une petite quantité d'ammoniaque en décomposant les sels ammoniacaux ou même les matières organiques azotées, mais celte ammoniaque n'est pas perdue, elle est retenue par la terre que renferme le mélange ; tant que la masse n'est pas exposée à Taction de l'air, il ne se fait pas de nitrates, mais aussitôt que le compost est divisé en petits tas, puis épandu à Tair, et enfin enfoui dans le sol, tous les éléments se trouvent réunis pour favoriser une nitrilication active qui permet de pousser les récoltes jusqu'à 30 hectolitres au lieu de rester à 12 ou 14 comme autrefois.

Le compost exerce sans doute en outre une influence très avantageuse sur les matières ulmiques du fumier; l'ulmate de chaux qui se produit certainement est particulièrement efficace sur certaines plantes et il n'est pas douteux que cet ulmate ne se produise dans les composts de la Mayenne.

Autant le mélange de fumier et de chaux est justifié dans les contrées où le calcaire fait défaut, autant il serait désastreux dans des pays où le calcaire existe en quantité suffisante. Sur nos sols de Grignon un pareil mélange a été essayé par un fermier à fin de bail qui espérait utiliser plus complètement, qu'en le laissant à Tétat normal, le fumier produit pendant ses dernières années ; Teffet a été absolument fâcheux, les terres qui avaient reçu cet engrais n'ont fourni pendant plusieurs années que de très maigres récoltes, la

chaux en coagulant Targile avait exagéré les défauts de dessiccation que présente le sol du domaine de l'École.

Nous avons comparé à diverses reprises le fumier aux engrais chimiques, sans nous préoccuper des prix de Tun et de Tautre, parce que cette question est traitée dans les derniers chapitres de cet ouvrage : Engrais chimiques et valeur des engrais.

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