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ORIGINE DES ENGRAIS DE POTASSE

fate plus généralement utilisés ne persistent pas au reste dans le sol sous leur forme primitive ; si on agite une dissolution étendue de chlorure de potassium avec une terre moyennement calcaire, on trouve dans le liquide filtré du chlorure de calcium et très peu de potasse; il s'est fait un double échange et la potasse unie à Tacide carbonique a été retenue par les propriétés absorbantes des terres arables ; la réaction est analogue à celle qui se produit avec le chlorhydrate d*ammoniaque indiquée déjà (page 435).

On conçoit donc que le chlorure de potassium obtenu à meilleur compte que le carbonate de potasse, donnant ce carbonate dans le sol, lui soit préféré.

Il n'a pas toujours au reste une origine terrestre : il est encore extrait des eaux mères des marais salants, des salines de Stassfurlh-Anhalt, ou des cendres de varech ; le chlorure de potassium du commerce renferme souvent de petites quantités de sel marin et ne doit être acheté que sur analyses.

Bien que les cultivateurs fassent habituellement usage du chlo*rure de potassium pur ou du sulfate de potasse, ils utilisent aussi parfois le minéral trouvé en abondance à Stassfurth-Anhalt et dési* gné sous le nom de camallite; c'est un chlorure de potassium et de magnésium correspondant à la formule KCl,MgCl',6H'0 ; il est bien à remarquer toutefois que ce minéral est rarement pur et renferme très souvent une proportion très notable de chlorure de sodium et de sulfate de magnésie; la composition moyenne des cristaux désignés sous le nom de carnallite est représentée par :

Chlorure de potassium 17.5 (15 à 20)

— de sodium 22.0

— de magnésium 23.5

Sulfate de magnésie 9.0

Eau 28.0

On a fait également usage pendant quelque temps de produits provenant du traitement de la Camallite et désignés sous le nom de kalisalz ou de kalidunger (sel de potasse ou engrais de potasse) vendus à pris assez bas, mais ces engrais très chargés de sel marin paraissent aujourd'hui peu employés.

Les salines du Midi de la France produisent encore un sulfate double de potasse et de magnésie, désigné sous le nom d'Engrais

(1) Étude sur le gisement salin de Stassfurth-Ankalt^ par M. Fuchs, Ann. des mi'nef, t. VIII, 1861».

Merle, dont l'emploi a fait place depuis plusieurs années à celui du sulfate de potasse pur.

Bien que dans ces derniers temps, on ait préconisé, Tépandage dans les vignes du carbonate de potasse, on peut dire qu'en réalité les engrais de potasse habituellement employés en France se réduisent à deux : le sulfate et le chlorure ; doivent-ils être acquis indifféremment? quelles sont les terres et quelles sont les cultures sur lesquelles ils ont particulièrement chance de réussir? Telles sont les questions que nous allons discuter dans les paragraphes suivants:

§ 257. — EaiPLOi des engrais de potasse sur les tuberculks et les

RACINES

Parmi les plantes de grande culture les pommes de terre et les betteraves sont celles qui renferment dans leurs cendres les plus grandes quantités de potasse, elle représente pour les pommes de terre : du tiers à près de la moitié du poids total des cendres; od ne peut pas affirmer cependant que cette base ait sur le développement de ces plantes une influence décisive, nous avons vu déjà qu'il n'est pas possible de déduire de l'analyse des cendres d'un végétal la nature des engrais qui lui sont nécessaires ; mais il est évident d'autre part qu'il est utile de savoir par des expériences directes, si les engrais renfermant les éléments des cendres présentent ou non quelque utilité.

Emploi des sels de potasse sur les cultures de pommes de terre. — L'engrais étant essentiellement une matière complémentaire nous allons reconnaître que sur les terres pauvres oix la potasse est peu abondante les engrais de potasse vont exercer une influence manifeste, tandis que leur effet sera peu sensible ou nul sur des terres enrichies par d'abondantes fumures de fumier de ferme qui renferme comme nous l'avons vu une grande quantité de potasse.

En 1866, peu de temps après la découverte du gisement de Stassfurth, j'ai disposé à Grignon des essais de culture de la variété Chardon sur deux terres différentes; l'une dite « Terre de la Défonce » occupe le plateau nord de l'École; elle est calcaire, peu épaisse, très sèche et ne donne de bonnes récoltes que par les années humides; toutes les parcelles ayant reçu une fumure de phospho-guano, on employa comme engrais de potasse, le sulfate de potasse et de magnésie des usines Merle, l'engrais de potasse allemand (kalidunger)et du sulfate dépotasse, renfermant la même quantité de potasse; on obtint:

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