‹ Traité de chimie agricoleChapitre 33 sur 399 · COMPOSITION DE LA CHLOROPHYLLE · texte numérisé non relu

COMPOSITION DE LA CHLOROPHYLLE

Composition de la chlorophyllane.

Aoleun. Carbone. Hydrogène. Azote. Oxygène. Cendres.

Gantier 73.97 9.8 4.15 10.33 1.75

HoppeSeyler 73.4 9.7 5.62 9.57 1.71

nogaisKi f y ^2^ ^^ 2 ^^^ ^^ ^ ^^

Le mélange désigné sous le nom de chlorophylle d'où dérive la chlorophyllane est donc azoté^ c'est ce qui parait évident quand on voit quelle vigueur prend la teinte verte des plantes qui ont reçu an printemps d'abondants engrais azotés.

Les modifications que subit la coloration verte des feuilles en raison des engrais distribués ont été étudiées dans ces derniers temps par M. G. Ville. La vigueur du coloris des feuilles est due non seulement à l'abondance de la chlorophylle, mais aussi à la présence d'une matière colorante rouge, que M. Arnaud, qui l'a découverte dans les feuilles, a identifiée avec la Caroline, On sépare cette matière rouge des feuilles en les séchant rapidement sous le vide sec et en les traitant, après les avoir grossièrement pulvérisées, par del'éther de pétrole, qui ne dissout pas la chlorophylle.

La Caroline des feuilles ou érythrophylle est très soluble dans le sulfure de carbone auquel elle donne une coloration rouge, d'autant plus forte qu'elle s'y trouve en plus grande proportion, et on conçoit «[ue l'intensité de cette coloration puisse servir à déterminer, par comparaison avec une série de flacons remplis de sulfure de carbone chargé de quantités régulièrement croissantes de carotine, le poids de cette matière qui existe dans les feuilles ; à l'aide de celte méthode, M. G. Ville trouve qu'il existe une relation étroite entre la vigueur des plantes, le poids de récolte qu'elles fournissent et la quantité de carotine qu'elles renferment.

Le mélange de la couleur verte et de la couleur rouge déterminant une coloration noire, on comprend que la teinte des feuilles mi de plus en plus foncée à mesure que la chlorophylle et la Caroline y sont plus abondantes.

Le rôle physiologique de la carotine, qui ne forme guère que le

TjwTr du poids des feuilles sèches, est encore tout à fait inconnu ({). On réussit à montrer directement l'influence qu'exerce l'abon-

(1) tinue scientifique. S* série, t. XIX, p. 173 et 648.

Chimie agricole. 5

«3 ASSIMlUTIOn DU CARBONE.

dance des matières azotées données comme engrais, sur le verdissement des feuilles de la façon suivante : on repique un pied de tabac dans une terre pauvre, il développe plusieurs feuilles d'un vert jaunâtre; on ajoute alors au sol une bonne dose d'eng;rais azoté, les feuilles supérieures, qui prennent naissance sous son influence, présentent une teinte verte beaucoup plus foncée que les premières.

§ 15. — Spectre de la chlorophyllk.

Si on place une dissolution de chlorophylle devant la fente du spectroscope (1), puis qu'on examine le spectre obtenu, on observe

ï'ig. 17. — Spectroscope. (Elévaliou.)

qu'il est sillonné de bandes sombres. A gauche du spectre, les rayons rouges passent avec tout leur éclat, ils sont suivis d'une bande obscure comprise entre les raies B et C du spectre et très

(I) ht: «pectroscope employi aujourd'hui dans tous les laboratoires se compogc essentiel le meut, couiue le oiontreut les Qguree ci-joiules, d'un prisme P sur lequel srriïeot di!8 raj-ous lumineux eouceiitrfe par les lentilles de ¥C : JéïiéB de leur roule par la réfraitiou (tig, IB] ils émergent du prisme et sont reçus dans une luoelteOL. Si OD se tiorne à recevoir en F (fig. 17) les rayons émanC's d'une lampe à gai, od observe en 0 laipecfre, c'est-à-dire UDciinagc formée par lasradiations rougos, orange s, jaunes, Tertes, bleues, indigos et violettes ; pour préciser la place qu'elles occupent dans le ■pectre, on éclaire babituclleuieDt une écbelle tracée lur verre et placi-e en I>, & l'aide

SPECTRE DE U CRLOROPaYLLE. Ot

nettement terminée, elle preod tout l'orangé ; dans le jaune et le jaune vert se trouvent des bandes d'absorption infiaiinent moins Dettes que la précédente ; tout près de la raie F dans le bleu commence une bande d'absorption qui fait disparaître presque complètement toute la partie réfraagible du spectre ainsi que le moiilre grossièrement la figure 19.

Ainsi la chlorophylle ne laisse pas passer indiETéremment tous les rayons lumineux ; si elle se laisse traverser à gauche par du rouge, au milieu par du vert et les rayons immédiatement voisins, elle relient d'une part les rayons orangés et de l'autre les rayons bleus

Kig. 18. — Spectroscope. (Plu.)

et violets, elle les éteint, les absorbe, et nous allons reconnaître qu'ils exercent sur elle des actions énergiques.

§ 16. — Altérations de la cHLOROPiiviLt. La dissolution alcoolique de chlorophylle est rapidement attaquée

J'aae bougie, tes ravoQs réfléchis arrivent dana ta lunette CD mime temps que le spsclre (fig. 18) et les dem images sont placées l'uiie au-dtssus de l'autre.

IJnand od étudie à l'aide du spectroscope la lumière solaire, od voit le»> couleurs -trîÉes de ligues noires qui correspoildcnl à l'absorption de diverses radiations par it- lapeurs métalliques du soleil, ces raies eerveni à Utsigner le* diverses parties du !p-ctre.

par les rayons solaires; elle ne tarde pas à perdre sa belle couleur verte, à devenir jaune. Si on imprègne de chlorophylle une bande de papier et qu'on en expose une partie aux rayons solaires, celleci est décolorée, tandis que la partie protégée conserve sa couleur. La chlorophylle en place est même profondément altérée par certaines radiations ; c'est ce que j'ai eu occasion de reconnaître dans des expériences exécutées en 1881, pendant Y Exposition dé lectricilé^ où avait été disposée une petite serre exclusivement éclairée par la lumière électrique émanée d'un régulateur à charbons.

IlL'n'Illll :: ' I.

Fig. 19. — Spectre d'absorption de la chlorophylle.

Après quelques jours d'éclairement, tous les pélargoniums avaient perdu leurs feuilles, les cannas étaient tachés, les belles de nuit flétries, les bambous noircis, mais l'effet le plus curieux s'était produit sur les lilas ; toutes les parties des feuilles qui avaient reçu directement les rayons émanés de la source étaient teintées en noir, tandis que les parties protégées par les feuilles supérieures conservaient leur belle couleur verte; l'impression produite par les rayons électriques sur l'épiderme des feuilles avait la netteté d'une épreuve photographique. Habituellement, l'épiderme seul était atteint, les cellules épidermiques étaient parfois noircies seulement à la surface, parfois le protoplasma était contracté et mort, mais l'altération s'arrêtait à la file des cellules en palissades placées audessous de l'épiderme.

Quand la lumière électrique fut entourée d'un verre transparent qui retient les rayons violets, les effets précédents cessèrent de se produire, d'où il faut conclure que c'est la partie la plus réfrangible du spectre qui exerce sur la chlorophylle l'action la plus vive (1).

Dans les expériences qu'il a exécutées en Angleterre, M. Siemens a reconnu également l'influence fâcheuse des rayons émanés d^un

(1) Afin, agro7i,y t. VII, p. 551.

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