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LES ENGRAIS DE POTASSE SUR LES PRAIRIES

Moyennes par hectare et par an.

Parcelle 7.

Parcelle 3.

Engrais

Toujours

minéraux

sans

Différences

Boulement.

engrais.

kil.

kil.

kil.

y . j 4" période (4856-65). . . 4253.0 *oin..,2e (1866-75)... 4612.0 . (1" période (4856-65)...

Azoïe.^^e — (4865-75)...

Le poids du foin récolté est un peu plus élevé que celui qu*ont fourni les sels ammoniacaux employés seuls; on voit, en outre, quo la richesse en azote du foin développé sous Tinfluence des engrais minéraux est considérable ; pour savoir à quelles causes l'attribuer, les auteurs ont procédé à une analyse botanique du foin récolté, et ont trouvé que les graminées formaient pour la parcelle 3 : 66,9 p. 100 du foin et seulement 62,9 pour la parcelle 7, mais qu'au contraire les légumineuses formaient 7,6 p. du foin pour la parcelle 3 et 19,8 pour la parcelle 7.

L'influence des engrais minéraux sur la production des légumineuses est donc très marquée, et comme on sait que les plantes de cette famille se saisissent aisément de Tazote atmosphérique, on conçoit que le foin de la parcelle 7, bien que n'ayant pas reçu d'engrais azoté soit beaucoup plus riche que celui de la parcelle 3.

Les auteurs résument comme suit leurs observations sur l'influence de la potasse :

« 1° Avec ou sans engrais azotés, la potasse détermine toujours un accroissement notable de récolte et si Ton vient à interrompre son emploi, le rendement diminue sans que l'azote soit sensiblemont changé; le fourrage est alors riche en albuminoïdes, mais il est composé d'espèces grossières et de mauvaise qualité;

« 2* En présence de l'ammoniaque, la culture devient essentiellement herbacée et la potasse est à peu près sans influence sur la composition botanique de l'herbage, mais avec elle la maturation s'effectue mieux et l'on obtient un meilleur produit :

« S'^Sans ammoniaque, la polasse favorise d'une façon toute spéciale le développement des légumineuses et les caractères de la culture se modifient profondément aussitôt qu'on cesse de l'adjoindre aux engrais. »

On conçoit facilement d'après les faits précédents que les prairies de légumineuses bénéficient des engrais de potasse, M. 0.

Chimie agricole. 50

-Zolla (1) a observé qu'une culture de luzerne qui avait reçu un supplément de fumure de 230 kilos de chlorure de potassium à rhectare avait produit 5,390 kilos de foin pour la première coupe •contre 4,57S récoltées sur les hectares non amendés.

On se rappelle, en outre, que la théorie du plâtrage que nous -avons proposé, repose sur Faction qu'exerce le plâtre sur le carbonate -<le potasse du sol ; le rôle de cet amendement est en somme de moibiliser la potasse, et si plâtre double souvent la récolte des praitries arliricielles, c'est à cause de leur avidité pour la potasse.

Nous avons rappelé, enfin (page 545), que dans leurs cxpérien- *ces sur la culture du trèfle rouge, MM. Lawes et Gilbert avaient obtenu d'un mélange de sulfate de potasse et de. magnésie, une récolte plus forte que par l'emploi du plâtre. Les faits précédents indiquent clairement qu'il y a lieu d'essayer les engrais de potasses •SUT les prairies artificielles, et que le sulfate de potasse leur sera «ans doute plus avantageux que le chlorure de potassium.

§ 260. — Emploi des sels de potasse a la culture du tabac.

Dans une étude importante qu'il a consacrée à la culture du tabac, M. Schlœsing a reconnu que les feuilles n'étaient combustibles et par •fiuitc propres à la consommation comme tabac à fumer, qu'autant » qu'elles renfermaient assez de potasse pour que les acides éla- (bores par la plante fussent combinés à cette base ; quand au con- ^traire, ils sont unis à la chaux, les feuilles deviennent peu combustibles, donnent des cendres noires et les cigares qu'elles ont servi ii confectionner s'éteignent facilement.

Une expérience disposée sur un sol bien préparé est venue con- 'Tirmer les faits déduits des analyses de laboratoire; les tabacs développés sur un sol qui n'avait pas reçu d'engrais de potasse se sont montrés incombustibles, ceux au contraire qui ont cru sur il es parcelles où des sels de potasse ont été distribués étaient cômibustibles, mais à des degrés divers, le sulfate de potasse s'est montré 'beaucoup plus avantageux que le chlorure, en effet, ce sulfate est ■bientôt réduit dans le sof et la quantité de potasse dosée dans les •cendres est bien supérieure à celle qui correspond à l'acide sulifurique qu'elles renferment; la potasse était donc dans les feuilles, tunis aux acides végétaux, formant des sels qui donnent parla cornibustion, des charbons poreux perméables à l'air, se réduisant facilement en cendres.

(l) Ann. agron., t, XI, p. 38.

LES ET^iGRAIS DE POTASSE SUR LA VIGNE. 787

Les engrais de potasse qui exercent une influence marquée sur la combustibilité du tabac n'influent pas d'une façon notable sur le poids de la récolte, ni sur la teneur des feuilles en nicotine (1).

§ 261. — Emploi des sels de potasse dans la culture de la vigne.

« La présence constante de la crème de tartre dans le vin, les quantités considérables de cette substance produites dans les pays vignobles ont fait penser que la vigne enlève au sol une très forte proportion de potasse. C'est là du reste une simple présomption ; et quand on se rappelle qu'on ne donne pas habituellement à la vigne plus de fumier que n'en reçoivent les cultures de racines ou de céréales, il est permis de douter qu'une récolte de vin si abondante qu'on la suppose exige plus d'alcalis que telle ou telle sole de nos rotations (2). »

Ainsi disait Boussingault dans un très court mémoire consacré à la quantité de potasse soustraite au sol par la culture de la vigne ; pour fixer les idées, l'illustre agronome a déterminé la quantité de potasse enlevée à une vigne de 170 ares : par les sarments qui servent habituellement de combustible dans les pays vignobles, par le marc et enfin par le vin.

Il a trouvé pour les quantités de potasse enlevée :

Pour 170 ares.

Par les sarments . . . 2624 kil. renferm. potasse. . . . H'',o3

Pour le marc 492 — 12 ,07

Pour le vin oo^,0o — 4 ,64

OU 16^,42 à l'hectare, c'est-à-dire beaucoup moins que la pomme de terre 63 kilos, la betterave 90 kilos ou le froment 27.

Il n'est donc pas extraordinaire que dans un pays voisin de l'Alsace, dans le Palatinat, MM. Yagner et Sttinkel n'aient obtenu aucun avantage à ajouter des engrais salins au fumier de ferme habituellement employé à la fumure des vignes (3).

Toutefois ces résultats s'appliquent aux récoltes moyennes des régions tempérées, pour les cultures bien plus abondantes des régions méridionales, les sels de potasse peuvent devenir utiles quand la fumure usitée est composée de tourteaux ou de chiffons

(1) Le tobac, par Th. Schlcssing, 1868.

(2) Mémoires de chimie agricole^ l^» édit., 1854, p. 315.

(3) Ann, agrofi.f t. IX, p. 88.

788 ENGRAIS Dt POTASSE. — - CHLORURE DE SODIUM, ETC.

de laioe qui ne renferment pas habituellement de quantités notables de potasse.

Visiblement cette influence des sels de potasse variera avec la nature des terrains sur lesquels le vignoble est établi, dans la craie de la Champagne et des Charentes, sur les grèves du Médoc, sur les sables des Landes et de la Méditerranée, les sels de potasso exerceront un eiïet qu'ils n'auront pas ailleurs.

C'est donc dans cette culture comme dans les autres, la nature du terrain qui détermine le succès ou l'échec des engrais de potasse.

En résumé, il y a maintefiant vingt-cinq ans que les engrais de potasse sont offerts par le commerce, et cependant il ne s'est pas créé un marché des sels potassiques comparable à celui qui s'est établi sur les phosphates, il est donc vraisemblable qu'habituellement les sols cultivés renferment une quantité suffisante de potasse pour qu'il soit inutile d'en ajouter.

Je serais, par suite, disposé à conseiller aux: cultivateurs d'essayer les engrais de potasse sur de petites surfaces de façon à savoir l'effet qu*ils produisent, s'ils réussissent, on pourra acheter en connaissance de cause les quantités nécessaires à la fumure des soles sur lesquelles ces engrais ont été essayés; s'ils ne marquent pas, cet essai préalable évitera de lourdes dépenses inutiles.

§ 262. — Sel marin.

La plupart des végétaux de grande culture ne renfermant que des traces de soude, ou même se refusant absolument à labsorbcr. il semble oiseux de discuter l'utilité du sel marin, d'autant plus qu'on sait que la présence d'une quantité de sel un peu forte rend les terres stériles. Nous en avons déjà cité des exemples (page 481;.

MM. Berthault et Paturel en ont donné récemment un nouveau fort intéressant. Ils ont montré, en effet, que si dans quelque> terres de l'Habra (1), voisines de Perregaux en Algérie, on peut encore cultiver la vigne, quand la terre renferme 0*%65 de sel par kilogramme, elle est languissante quand on trouve 0*^76 à la surface et 2*%67 à 0"*,80 de profondeur et qu'enfin elle meurt avec 1^%72 de sel h la surface et 2^", 66 dans le sous-sol.

Comment peut-il être utile d'apporter au sol une matière vénéneuse, c'est ce qu'il convient de discuter. Il est à remarquer, d'abord,

(1) Ann, agron.^ t. XV, p. 35.

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