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II. — EXAHEN PaiLmiNAïaE DES ENGRAIS

Lorsqu^un engrais est soumis à l'examen du chimiste, celui-ci est ordinait tement informé des corps dont il doit déterminer la quantité. Dans ce cas, il portera uniquement son attention sur ces corps, sans s'attacher aux autres substances existant dans Tengrais, et une analyse qualitative paraîtrait inuUlii au premier abord. Mais le fait d'avoir négligé cet examen préliminaire peut avoir l'influence la plus préjudiciable sur l'exactitude des résultats, la coexistance de tels et tels corps nécessitant souvent des modifications dans les procédés analytiques. Les engrais constitués par des mélanges sont fréquetnr ment dans ce cas. Pour ne citer qu'un exemple, le dosage de l'azote organique se fera par des procédés différents suivant qu'on aura constaté ou non la présence simultaUée d'un nitrate.

L'examen préliminaire par l'analyse qualitative s'impose donc dans la plupart des cas ; il ne peut être négligé que lorsqu'on se trouve en prései^ce d'engrais simples, tels que le phosphate naturel, le chlorure de potassium^ le fiulfate d'ammoniaque, etc.

Beeherehe qualitative de la potasse. — 2 à 3 grammes d'engrais sont traitée par 4 ou 5 centimètres cubes d'eau; on triture avec une baguette et l'on jette sur un filtre. C'est dans cette liqueur qu'on peut reconnaître la présence de la potasse par les procédés suivants :

i^ A 2 ou 3 gouttes de liquide on ajoute une goutte d'acide chlorhydriqu0

et 8 à 10 gouttes d'alcool, puis une goutte d'acide perchlorique, qui formera

avec la potasse un perchlorate cristallin presque insoluble ;

. 2* Quelques gouttes de liquide sont additionnées de 2 ou 3 gouttes d9

solution de bichlorure de platine ; on obtiendra un précipité jaune- cristallin

de chloropiatinate de potasse, qu'une addition de quelques gouttes d'alcool

sèndra plus abondant. :;':

. Ces deux réactions peuvent cependant aussi se produire avec l'ammoniaque»;

«lies ne sont absolument certaines que si les sels ammoniacaux ont été au

préalable chassés par une calcination de rengrajs. .:. } ;;

.. 3® Le réactif de M. Camot est préférable et peut s'appliquer méme.'eii

présence des sels ammoniacaux: à quelques gouttes du liquide obtenu, fna?

ié lay^e de l'engrais on ajoute autant de solution d'hyposulfite de souda4

10 p. 100 et 2 ou 4 gouttes d'une liqueur de bismuth, puis de FalcooLea

quaptilé double du volume obtenu par le mélange de ces liquides. Par l'agi-

talion, on voit un précipité cristallin d*un beau jaune serin, caractéristique de la potasse.

La préparation de la liqueur de bismuth se fait en dissolvant 100 grammes de sous-nitrate de bismuth, à chaud, dans la quantité nécessaire d*acide chlorhydrique et en étendant le volume à un litre avec de Talcool à 92 degrés.

Reekerche qtialitative de Vadde phosphorique» — Quelques centigrammes de matière sont introduits dans un tube à essai avec 2 à 3 centimètres cubes d*acide azotique et autant d*eau ; on fait bouillir pendant deux ou trois minutes et on laisse déposer. Au moyen d*un tube étiré on prélève une partie du liquide clair, auquel on ajoute 4 à 5 centimètres cubes de nitromolybdate d*ammoniaque. S'il y a de l'acide phosphorique en quantité appréciable, on obtiendra, au bout de peu de temps, un précipité jaune caractéristique du phosphomolybdate d'ammoniaque, qu*on peut faire apparaître immédiatement en chauffant vers 60-80 degrés. On a ainsi constaté Texistence de l'acide phosphorique, mais sans savoir sous quel état il se présente.

Pour rechercher si c'est A Tétat soluble dans Teau, on opère exactement comme il vient d'être dit, avec cette différence que Tengrais est traité non par Tacide azotique, mais par de l'eau seulement. Dans la solution aqueuse le nitromolybdate d'ammoniaque décèlera la présence de Facide phosphorique.

Quant A l'acide phosphorique soluble au citrate, le mieux, pour le découvrir, est d'opérer comme si l'on voulait faire un dosage de l'acide phosphorique soluble au nitrate.

Le nitromolybdate d'ammoniaque se prépare en dissolvant 100 grammes d'acide molybdique dans 400 grammes d'ammoniaque A 0,95 de densité et en ajoutant la solution obtenue, par petites portions et en agitant constamment, A 1*^,5 d'acide azotique pur A 1,2 de densité.

Recherche qtuUitative de lammoniaque, — 1 A 2 grammes d'engrais sont traités par 4 A 5 centimètres cubes d'eau : on laisse déposer et on prélève une partie du liquide surnageant, qu'on introduit dans un tube A essai avec un peu de potasse. En chauffant il se dégage de l'ammoniaque qu'on reconnaît A l'odeur ou au bleuissement que subit un papier de tournesol rouge, humecté d'eau, qu'on présente A l'orifice du tube, ou encore aux fumées blanches qui se produisent lorsqu'on approche une baguette imprégnée d'acide chlorhydrique.

Recherche qualitative de Vacide nitrique. — Quelques décigrammes d'engrais sont placés dans un tube A essai avec un peu de limaille de cuivre, humectés d'un peu d'eau et additionnés de 3 A 4 centimètres cubes d'acide sulfurique. En chauffant, on voit se produire des vapeurs rutilantes.

On peut encore employer le réactif de Desbassyns de Richement, qui est d'une très grande sensibilité. Quelques centigrammes de matière sont traités par cinq ou six gouttes d'eau ; on laisse déposer après avoir trituré avec un agitateur. D'un autre côté on met 4 A 5 centimètres cubes du réactif de Desbassyns et, avec un agitateur, on prélève une goutte du liquide A examiner» qu'on laisse tomber A la surface du réactif, qui s'entoure d'un anneau rose s'il y a du nitrate. En agitant, tout le liquide prend une teinte rosée. 0 est indispensable de n'ajouter qu'une seule goutte ; si l'on en mettait davantage, la réaction disparaîtrait immédiatement.

Le réactif de Desbassyns se prépare en ajoutant un peu de sulfate de pro-

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tozyde de fer, flnement pulvérisé, à de Tacide sulfuriqae pur et incolore, qu'où a fait bouillir au préalable pour le débarasser de produiU nitreuz.

Reckerehe qualitative de Vazote organique, — Lorsqu'il n'y a pas de sels d'ammoniaque en présence, il est facile de reconnaître l'azote organique en chauffant au rouge sombre, dans un tube bouché par un bout, un mélange de quelques décigrammes de matière et de quelques grammes de chaux sodée. Les vapeurs ammoniacales qui se dégagent se reconnaissent facilement ; mais, 8*il y avait en même temps dans le produit examiné des sels ammoniacaux, il faudrait au préalable éliminer ceux-ci par l'eau et traiter ensuite par la chaux sodée le résidu lavé et desséché.

Becherche qualitative de la magnésie. — Lorsqu'on doit effectuer le dosage de Tacide phosphorique dans un superphosphate, on doit s'assurer de la présence de la magnésie, qui obligerait à modifier la marche ordinaire de l'analyse. On procède de la manière suivante : 1 gramme environ d'engrais est traité à chaud par 5 à 6 centimètres cubes d'acide azotique et autant d'eau. On filtre sans laver, et dans le liquide passé, qu'on amène au volume de 60 à 80 centimètres cubes, on ajoute de l'acide citrique et de l'ammoniaque, comme s'il s'agissait d'un dosage d'acide phosphorique (voir plus loin), puis quelques centimètres cubes de solution au 1/iO de phosphate de soude. S'il y a de la magnésie, on obtiendra au bout de quelques heures, un précipité cristallin de phosphate ammoniaco-magnésien.

m. — Échantillonnage des engrais.

Préparation de Véchantillon au laboratoire. — La prise d'échantillon est une opération qui a autant d'importance que l'analyse elle-même ; il convient d'y apporter les soins les plus minutieux, aussi bien dans l'échantillonnage sur place que dans la préparation de l'échantillon au laboratoire.

Cette dernière opération doit consister à donner une homogénéité parfaite au produit soamis à l'examen, et dans aucun cas, même alors que celui-ci parait homogène, on ne doit se dispenser d'en opérer le mélange parfait. La nianière de procéder variera avec la nature de l'engrais. Si celui-ci n'est pas pulvérulent, il faut le pulvériser dans la limite du possible, et opérer ensuite le mélange au mortier. Dans certains cas, comme celui des superphosphates, on a adopté l'usage de passer la matière & travers un tamis de i millimètre, en ayant soin de faire entrer dans l'échantillon les parties grossières après pulvérisation et qui seraient restées sur le tamis.

Lorsque les matières sont trop pâteuses pour être divisées au mortier, on peut les diviser au moyen d'un couteau ou d'une spalule et ensuite opérer le mélange par une sorte de malaxage. On peut encore y ajouter un poids connu de matière pulvérulente inerte, comme par exemple du sable de Fontainebleau ; mais, dans ce cas, il faut procéder à un mélange très prolongé. On tiendra compte, dans le calcul, des quantités de matière inerte introduites.

Le plus souvent, l'état pâteux n'est dû c[u'à. l'humidité de la matière.

Dans ce cas, on en prend un échantillon volumineux qu'on pèse et qu'on dessèche; on entre alors dans le cas des engrais pulvérulents, mais il faut tenir compte dans le calcul de l'humidité enlevée. Avant cette opération, il

convient de s*assarer que le produit n'est pas modifié par la dessiccatioii, comme le seraient, par exemple, des superphosphates. Pour ces derniers, qui sont souvent à l'état plus ou moins aggloméré, il est d'usage d'introduire dans leur masse, pour les diviser, une certaine quantité de sulfate de chaux ; on obtient alors une substance de nature pulvérulente.

Pour les rognures, débris, chiffons, etc., en un mot pour les engrais très peu homogènes, il faut les diviser, autant que possible, à Faide de ciseaux ; s*ils ne sont pas trop durs, on peut encore les passer au moulin. On mélange alors à la main, mais on n'arrive jamais & l'homogénéité complète. Pour obvier à cet inconvénient, on prélève pour l'analyse une quantité plus consi' dérable de matière, qu'on prépare suivant le cas, de manière à opérer l'analyse définitive sur une partie proportionnelle du produit rendu homogène par la préparation qu'on lui a fait subir.

Pour les engrais en pâte plus ou moins liquide, on les dessèche au préalable à iOO degrés, en y introduisant un peu d'acide oxalique dans le cas où ils contiendraient des combinaisons ammoniacales volatiles. Le produit de la dessiccation est passé au moulin.

. Cependant avant de procéder à une dessiccation, on doit s'assurer qu'aucune modification ne peut être apportée dans la composition de l'engrais. Ainsi, dans le cas d'un mélange contenant du superphosphate et du nitrate, la dessiccation pourrait éliminer de l'acide nitrique, si l'on n'avait pas soio de neutraliser au préalable le phosphate acide par une base, telle que la chaux.

Pour un engrais contenant à la fois des nitrates et des combinaisons ammoniacales volatiles, l'addilion d'acide oxalique pourrait également éliminer de l'acide nitrique pendant la dessiccation. Il faut dans ce cas dessécher deux lots, l'un avec de l'acide oxalique pour le dosage de l'ammoniaque, l'autre sans acide oxalique pour le dosage du nitrate.

Le dosage de l'humidité initiale, même dans les engrais pulvérulents, est utile à pratiquer chaque fois qu'on a à faire subir un maniement prolongé à l'air, car ce maniement pourrait entraîner une dessiccation partielle et la composition de l'engrais se trouverait modifiée. La détermination préalable de l'humidité met à l'abri de cette cause d'erreur.

L'analyse qualitative doit donc précéder toutes les opérations, puisque c'est elle qui nous fixera sur les procédés à employer, tant pour la préparation de l'échantillon que pour le dosage.

Le chimiste devra apporter le plus grand soin à ces opérations préliminaires et discuter dans chaque cas la marche à suivre.

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