‹ Traité de chimie agricoleChapitre 36 sur 399 · VERTES · texte numérisé non relu

VERTES

§ 18. — Historique et démonstration expérimentale.

C'est au naturaliste genevois Bonnet qu'on doit la première observation sur l'émission des gaz par les plantes. Au com-

(1) Ànn. agron., t. XIT, p. 324.

mencement de Télé de 1769, dit-il, « j'introduisis dans des poudriers pleins d^eau des rameaux de vigne. Dès que le soleil cornmença à échauffer Teau des vases, je vis paraître sur les feuilles des rameaux beaucoup de bulles semblables à de petites perles. J'en observai aussi, mais en moindre quantité, sur les pédoncules et sur les tiges... Je fis bouillir de l'eau trois quarts d'heure, afin de chasser l'air qu'elle contenait. Après l'avoir laissé refroidir, j'y plongeai un rameau semblable au précédent. Je l'y tins en expérience environ deux jours; le soleil était ardent, je ne vis pourtant paraître aucune bulle. »

Il est vraisemblable que Priestley ignorait ces résultats, quand il publia, en 1772, dans ses Recherches sur diverses espèces dcùr^ les mémorables expériences dans lesquelles on a vu, pour la première fois, de l'oxygène dégagé des végétaux.

Priestley, après s^èlre occupé des modifications que le séjour des animaux dans une atmosphère limitée lui fait subir, fut en quelque sorte conduit à rechercher l'influence qu'exercent les végétaux sur ces atmosphères viciées.

« J'ai eu le bonheur, dit-il, de trouver par hasard une méthode de rétablir l'air altéré par la combustion des chandelles et de découvrir au moins une des ressources que la nature emploie à ce grand dessein : c'est la végétation.

« On serait porté à croire que puisque l'air commun est nécessaire à la vie végétale aussi bien qu'à la vie animale, les plantes et les animaux doivent l'affecter de la même manière, et j'avoue que je m'attendais au même effet, la première fois que je mis une tige de menthe dans une jarre de verre renversée sur l'eau. Mais, après qu'elle y eut poussé quelques mois, je trouvai que l'air n'éteignait pas la chandelle et qu'il n'était pas nuisible à une souris que j'y exposai.

« ... Le 16 août 1771, je mis une plante de menthe dans une quantité d'air où une bougie avait cessé de brûler et je trouvai que, le 27 du même mois, une autre bougie pouvait y brûler parfaitement bien. Je répétai cette expérience sans la moindre variation dans le résultat, jusqu'à huit ou dix fois pendant le reste de l'été.

(( Cette observation me conduit à conclure que les plantes, bien loin d'affecter l'air de la même manière que la respiration animale, produisaient des effets contraires et tendaient à conserver l'atmosphère douce et salubre, lorsqu'elle est devenue nuisible en consé-

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