‹ Traité de chimie agricoleChapitre 37 sur 399 · HISTORIQUE DE LA DÉCOMPOSITION DE L*ACIDE CARBONIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DE LA DÉCOMPOSITION DE L*ACIDE CARBONIQUE

qaeoce de la vie et de la respiration des animaux... ». « Les preuves d'un rétablissement partiel de Tair par des plantes en végétation, quoique dans un emprisonnement contre nature, servent à rendre très probable, que le tort que fait continuellement à Tatmosphëre la respiration d'im si grand nombre d'animaux et la putréfaction de tant de masses de matière végétale et animale, est réparé, du moins en partie, par la création végétale ; et nonobstant, la masse prodigieuse d'air qui est journellement corrompue par les causes dont je viens de parler, si l'on considère la profusion immense des végétaux qui croissent sur la surface de la terre, dans des lieux convenables à leur nature et qui, par conséquent, exercent en pleine liberté tous leurs pouvoirs, tant inexhalants qu'exhalants, on ne peut s'empêcher de convenir que tout est compensé et que le remède est proportionné au mal. »

Ainsi, non seulement, dans celte mémorable expérience, Priestley découvre que les végétaux émettent de l'oxygène, mais il recon- Dait en outre l'influence opposée que les plantes et les animaux exercent sur l'atmosphère.

Quelque admiration qu'on éprouve devant cette découverte, on est forcé de reconnaître cependant qu'elle était incomplète. Priestley ignorait les conditions de réussite, et c'est à Ingen IIousz qu'était réservée la gloire de montrer que la décomposition de l'acide carbonique par les feuilles n'a lieu que sous l'influence de la lumière solaire.

C'est lui qui a fait voir que « l'air déphlogistiqué », l'oxygène, ne se dégage des feuilles qu'autant que celles-ci sont exposées aux radiations solaires. Ce nouveau point acquis, une question importante reste encore à résoudre pour élucider les résultats de Priestley et ceux d'Ingen Housz : il reste à démontrer que l'oxygène dégagé par les plantes ne provient pas de leurs tissus, mais bien de la décomposition de l'acide carbonique contenu dans l'atmosphère où «Iles séjournent, que cet oxygène est le résidu de l'acide carbonique décomposé dans les cellules, que les plantes sont de véritables appareils de réduction fixant le carbone et dégageant loxygène. L'intervention d'un troisième expérimentateur est nécessaire pour donner une esquisse complète du phénomène et c'est Sennebier, pasteur à Genève, qui démontre qu'en exposant au soleil des feuilles plongées dans l'eau, elles ne dégagent d'oxygène qu'autant que l'eau tient en dissolution de l'acide carbonique : pour que le dégagement de l'oxygène puisse être observé, il faut que

'i ASSIMIUTION DU CARBONE.

l'acide carbonique, dont l'oxygène est un des éléoienla, soit décomposé au soleil par l'acte de la végétation.

Démonstration expérimentale. — Appareil de Chez et Gratiolet. -^Lo mode d'opérer employé par Bonnet et Sennebier aété utilisé de nouveau par Cloi!z et Gratiolet dans le travail resté classique qu'ils ont exécuté en 1849 {!).

Dans un flacon de deus litres, on met de l'eau ordinaire jusqu'aux quatre cinquièmes de la hauteur, on y introduit des tiges

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Fig. iO. — DécampositiûQ de l'ucidc carbonique par des plaiilea aquatiques.

d'une plante marécageuse, de YEladea Canadensis, par exemple, ou encore du Ceratophyllum suhmevsum^ du Potamogeton Crispus, on achève de remplir le flacon avec de l'eau saturée d'acide carbonique, on y adapte un bouchon muni d'un tube abducteur en s'arrangeant de façon que le tube se remplisse d'eau, au moment de la fermeture et on expose le tout au soleil; on ne tarde pas à voir de petites bulles de gai: apparaître sur les feuilles, tandis qu'il s'en dégage d'autres par les sections des pédoncules.

En général, quand on opère régulièrement, que ta dissolution carbonique n'est pas trop concentrée, que les plantes sont peu tassées, on peut en une demi-heure recueillir une centaine do centimètres cubes de gaz ; débarrassé par la potasse de l'acide carbonique entraîné, ce gaz est habituellement assez riche en oxygène pour rallumer les allumettes.

Le dégagement d'oxygène varie avec l'éclaîrement, quand le soleil est ardent les bulles do gaz se succèdent rapidement, elles

()} Ann. dechim. et de p/iyi., 3* série, t. XXXII, p. 41.

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