BOSAGE DE L'ACIDE PHOSPHORIQUE
Pour que la précipitation de Tacide phosphorique soit complète, il faut qu'il y ait un excès de magnésie dans la liqueur. Dans les conditions où s'efTectuele dosage que nous recommandons ici, il est nécessaire que cette magnésie en excès sur Tacide phosphorique soit de 250 à 350 milligrammes. Un excès moindre pourrait faire perdre un peu d'acide phosphorique ; un excès trop grand pourrait au contraire donner une surcharge attribuable à du phosphate tribasique de magnésium entraîné. On mettra donc des quantités de liqueurs magnésiennes variables avec la proportion présumée d'acide phosphorique, de manière à avoir toujours Texcès voulu. Dans ces conditions, aucun entraînement de magnésie n'est à craindre.
Il est utile de ne mettre l'ammoniaque qu*après avoir ajouté la liqueur ma- £;nésienne : on risque moins d'entraîner du phosphate de fer dans le précipité formé.
Le phosphate ammoniaco-magnésien est recueilli sur un filtre au bout de douze heures, et lavé à Teau ammoniacale au tiers. On sèche, on incinère et Ton pèse, après avoir, comme il est dit plus haut, traité par deux ou trois gouttes d'acide azotique; le poids obtenu, multiplié par 63,963, donne le taux pour 100 de Tacide phosphorique contenu dans la substance analysée. En opérant comme il vient d'être dit, on peut se dispenser d'éliminer au préalable la silice; on est à l'abri de l'intervention de la chaux, et Ton n'a pas à craindre d'avoir du fluor dans le précipité. En outre, le grand volume de liquide s'op> pose à l'entraînement de la magnésie. Ce grand volume n'est pas, comme on pourrait le craindre, une cause de perte d'acide phosphorique ; le liquide n'en contient aucune quantité appréciable, l'excès de magnésie rendant le phosphate ammoniaco-magnésien insoluble.
Cependant il peut arriver que le pyrophosphate de magnésie obtenu ne soit pas absolument pur; il peut contenir de la silice, alors même qu'on a évaporé à sec au préalable; il peut aussi renfermer du phosphate de fer. Il est facile de s*assurer de la présence de ces deux substances et de faire, s'il y a lieu, la correction. Dans aucun cas leur recherche qualitative, qui ne prend que quelques instants, ne doit être négligée.
Après la pesée, on dissout, dans le vase même qui a servi à la pesée, par de l'acide azotique ; s'il reste un résidu appréciable de silice, on le pèse et on le défalque du poids du pyrophosphate. Après élimination de la silice, on étend â 100 centimètres cubes environ ; on neutralise par l'ammoniaque jusqu'à bleuissement du papier de tournesol, puis on fait redissoudre le précipité de phosphate ammoniaco-magnésien formé, par l'acide acétique mis en léger excès. La liqueur doit demeurer claire et ne pas se troubler au bout de quelques heures; l'absence de phosphate de fer est alors constatée. S'il s'en trouve, on peut le recueillir, le peser et diminuer le poids de l'acide phosphorique, calculé d'après le poids du pyrophosphate corrigé de la silice, de 1/4 de milligramme par chaque milligramme de phosphate de fer obtenu.
Dans la plupart des cas, ces corrections sont inutiles; si elles devenaient trop fortes il serait prudent de recommencer le dosage.
Cette manière d'opérer donne une grande sécurité. Il est commode, pour
magnésium cristallisé et 150 grammes de chlorhydrate d'ammoniaque dans une quantité d'eau siifflsante pour faire le volume de I litre. 10 centimètres cubes do cette liqueur précipitent 50 ceutigrammes d*acide phosphorique.
l^emploi de ce procédé, d'avoir des vases à précipiter portant deax traits de jauge, Tun à 200 centimètres cubes, l'autre t 250 centimètres cubes (1).
5^ Dosage de Vacide phosphorique dans les guanos, poudrettes^ ete.
Les guanos et les engrais similaires doivent en général leur valeur à Tazote» mais il y en a dans lesquels celle de Tacide phosphorique prédomine.
Pour doser Tacide phosphorique, on opère sur 2 grammes de matière ; on les mélange, dans une capsule de porcelaine à fond rond, avec undécigramme de chaux éteinte pour empêcher la réduction éventuelle de phosphate acide par la matière organique, réduction qui entraînerait des pertes de phosphore. Le tout étant imbibé d'une dizaine de gouttes d'eau, on sèche au bain de sable et l'on chaufTe la matière au rouge, sur un bec de gaz ou au moufle. On détache la matière et on la fait tomber dans un ballon à fond plat, de 200 centimètres cubes ; on verse dans la capsule, en deux fois, 45 centimètres cubes d'acide chlorhydrique, puis on la lave avec 10 centimètres cubes d'eau qu'on rajoute dans le ballon ; on fait bouillir au bain de sable pendant un quart d'heure. On verse dans une capsule à fond plat, en lavant le ballon quatre ou cinq fois avec de petites quantités d'eau ; on évapore & sec pour rendre la silice insoluble; on reprend par 10 centimètres cubes d'acide chlorhydrique et iO centimètres cubes d'eau ; on fait chaufler au bain de sable pendant quelques minutes; on nitre; on lave la capsule et le filtre avec de très petites quantités d'eau chaude^ jusqu'à ce que la réaction de la liqueur ne soit plus acide, mais de manière à ne pas dépasser le volume de 60 à 80 centimètres cubes pour la totalité de la liqueur; on traite alors par l'ammoniaque, l'acide citrique et le chlorure de magnésium, comme il a été dit à propos de l'analyse des phosphates.
Ce procédé ne permettrait pas de reconnaître, dans ces produits, l'addition frauduleuse de phosphate qui aurait pu être faite dans le but de vendre, au prix du phosphate de guano et de poudrette,le phosphate naturel d'une valeur moindre.
G^ Dosage de l acide phosphorique dans un phosphate précipité.
Lorsque l'acide phosphorique a été en solution et qu'il a été précipité par nn lait de chaux, il forme un phosphate de chaux bibasique extrêmement divisé et qu'on regarde comme facilement assimilable par les végétaux. Le phosphate ainsi obtenu a la propriété d'être décomposé à l'ébullitiou par l'oxalate d'ammoniaque, et l'on a proposé d'employer cette propriété pour le séparer des phosphates naturels. Mais celle séparation n'est pas très parfaite, puisque ces derniers peuvent être également attaqués dans une assez forte proportion par le même réactif : nous conseillons d'employer pour ces phosphates précipités les mêmes procédés que pour les phosphates rétrogradés, c'est-à-dire de les mettre en contact avec le cil rate d'ammoniaque
(0 Au lieu de peser le phosphate ammoDiaco-maguésien, ce qui entraîne aux corrections multiples qui viennent d'être indiquées, on peut avec grand avantage employer la liqueur d'urane. Le procédé est décrit page 142. Je ne partage pas l'avis de la Commission qui n'a pas vulu inscrire ce procédé parmi ceux qu'elle recommande, jVn fais usage depuis vingt ans et je le considère comme très exact.