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CALCUL DU PRIX DES ENGRAIS

du perchlorure de fer, la présence dans Tengrais de ce corps si facile à caractériser, à Taide du ferrocyanure de potassium, est donc rindice de la présence du sang, mais si son absence peut être considérée comme une indication sérieuse que la matière organique n'est pas du sang, on ne peut pas déduire avec sécurité de la présence du perchlorure de fer à l'existence du sang dans Tengrais, car rien n'empêche d'ajouter du perchlorure à du cuir.

Le prix de l'acide phosphoriquc soluble ou assimilable dans les superphosphates varie de 0 fr. 49 à 0 fr. 57 l'unité, on vend en effet les 100 kilos de superphosphates fossiles à 10 p. 100 d'acide soluble ou assimilable, de 4 fr. 90 à 5 fr. 75 ; quand la teneur est plus grande, que les superphosphates renferment de 16 à 18 centièmes d'acide assimilable, le prix oscille de 7,50 à9fr. les 100 kilos,

on a donc — = 0,46 ou 7^ — 0 fr. 50; ce prix s'élève dans les lo 10

superphosphates d'os, leur valeur pour 16 h 18 centièmes d'acide

pbosphorique assimilable varie de 11,25 i 12, 50, c'est-à-dire

1^ = 0,70 ou ^ = 0 fr. 69.

Quant à Tacide pbosphorique insoluble des phosphates fossiles, il est vendu à 0 fr. 20 l'unité, on voit en effet que les 100 kilos renfermant de 16 à 1 8 centièmes d'acide pbosphorique valent 3 fr. 25.

Le chlorure de potassium à 90 centièmes vaut de 19,50 à 20 francs; on en calcule à l'état de potasse l'élément utile, on trouve que les 90 kilos du chlorure correspondent à 54 k. 1 de potasse, dont le prix est d'environ 0 fr. 35 par kilo.

Dans le sulfate de potasse à 90 p. 100 vendu de 21 ,50 à 24 francs, le kilogr. de potasse s'établit en cherchant d'abord ce que renferment de potasse réelle les 90 kilos de sulfate; on trouve 48 kilos, qui à 21,50 =Ofr. 44 le kilo.

Ces bases vont nous servir à établir très aisément le prix de l'engrais complexe, dont nous avons donné plus haut la composition.

Nous trouvons en effet :

2 kilos d'azote nitrique à 1 '^40 2^%80

•3 — — ammoniacal à l'^ 45 4,35

4 — — organique à l'^70 6 ,80

4 — d'acide phosphorique assimilable à O'^SO .. 2 ,00

2 — — — insoluble à 0'%20 0 ,40

3 — de potasse à O'',40 1 ,20

Il est visible que l'écart entre le prix offert et le prix réel est

exagéré, et qac la peine qu'aurait prise le fabricant à faire lemélange de ces divers engrais serait trop largement payée par une différence de 7 fr. 50 par iOO kilos.

Le cultivateur peut, en employant la méthode précédente, calculer même le prix du fumier; en supposant que les seuls éléments actifs soient Tazole, Tacide phosphorique et la potasse, on trou* verau pour le fumier moyen, renfermant par tonne :

Azole organique ou ammoniacal 6 X i .60 = 9'% 60

Acide phosphorique assimilable 3 X 0.^=1 ,50

Potasse 5 X 0.40=:2 ,00

Prix certainement inférieur à celui que représente cet engrais, puisqu'on n'introduit pas dans le calcul les matières ulmiques qui exercent cependant une influence des plus marquées.

55 27i. — La valeur des engrais n*est pas représentée par lecr

PRIX d'achat ou LEUR PRIX DE REVIENT.

La valeur d'un objet est déterminée par le service qu*on en peut tirer ; Tcngrais est une matière ajoutée au sol , dans Tespoir que son addition augmentera la récolle sur laquelle il est employé, et cette valeur basée sur son efficacité est manifestement indépendante du prix d'achat ou du prix de revient, et c'est précisément parce que la valeur de Tengrais est indépendante de ce prix d'achat qu'on est conduit à expérimenter dans des conditions variées, pour connaître dans chaque cas particulier la valeur que présente Tengrais employé.

Si le cultivateur réclame des champs d'expérience, si l'Etat crée des champs de démonstration, si nombre d'agronomes ont accumulé les essais de culture, c'est précisément parce qu'ils sont convaincus que la valeur de l'engrais n'est pas représentée par son prix d'achat ; si ces deux valeurs étaient identiques, les expériences seraient oiseuses; on saurait que le nitrate de soude vaut de 20 à 23 francs les 100 kilos; le sulfate d'ammoniaque 28 à 32 francs et Tacide phosphorique soluble 0 fr. 50 le kilo; il n'y aurait pas lieu de faire des essais.

Mais lo cultivateur apprend qu'un de ses voisins a employé le sulfate d'ammoniaque avec avantage, que tel autre n'en a tiré aucun profit, il devient visible pour lui que la valeur de cet engrais

n'est pas toujours la même, bien que son prix d'achat soit uniforme, il est convaincu que pour connaître la valeur d'un engraisil faut déterminer son efficacité, et puisque cette efficacité varied'un sol à l'autre, d'une culture à une autre, il désire savoir dans quelles conditions, sur quelles plantes, on trouvera à cet engrais* une valeur supérieui'e à son prix d'achat.

On n'établit des champs de démonstration que pour lever les doutes qui assiègent le cultivateur, on sait que ce sera seulement* quand il aura constaté de visu l'effet produit, qu'il se sera rendu^ compte de \ efficacité de l'engrais, qu'il prendra la résolution del'employer ou de s'abstenir. C'est donc l'efficacité de l'engrais, el non son prix d'achat qui fixe sa valeur.

Il découle manifestement de ce premier point que la valeur de* l'engrais est essentiellement variable, elle dépend de la nature du* sol, de celle de la plante, de la succession des récoltes, il est donc impossible de la calculer a priori, elle ne peut être fixée que par VexpénencCy et il est nécessaire que les conditions dans lesquelles- Texpérience sera exécutée soient si nettement définies que le cultivateur puisse en conclure que si ces conditions s'appliquent au^ sol qu'il cultive, il a, en la reproduisant, grandes chances deréussir.

Les nombreuses expériences exécutées à Grignon ont montré que les engrais phosphatés n'augmentent pas les récoltes; il est clair que, pour le sol de Grignon, ces engrais n'ont pas de valeur ; les cultivateurs des environs ont fait leur profit de cet enseignement et ne font aucune dépense de phosphates. Ces engrais ont, au contraire, une valeur considérable pour les sols de Bretagne, où ilspermettent d'obtenir des récoltes, de terres qui sans eux seraient stériles.

La valeur de l'engrais dérivant de son efficacité, il importe depréciser le mode d'estimation de cette valeur, basée non plus sur le prix d'achat ou sur le prix de revient, mais sur Tefficacité déterminée par l'expérience.

§ 272. — Méthode oiployée pour calculer la valeur des engrais-

Je suppose que le cultivateur qui veut se renseigner sur la valeur des engrais ait disposé un champ d'expériences; il aura soin de choisir une terre bien homogène^ de donner à toutes les parcelles qui vont entrer en comparaison les mêmes façons et d'y semer

les mêmes graines; pour que les différences qu'il espère obtenir puissent être judicieusement attribuées aux engrais employés, il est clair que les engrais seuls doivent différer.

Une des parcelles étant cultivée sans engrais, une autre reçoit un poids P de Tengrais dont il s'agit de trouver la valeur jt. Si nous supposons que la parcelle qui a reçu Tengrais ait fourni une récolte R dont le prix de vente soit de V, le produit brut de celte parcelle sera RV ; si la parcelle sans engrais a fourni une récolte R' de la même plante ayant encore une valeur V, la différence des produits bruts sera RV — R'V ou simplement (R — R')V. Pour obtenir cette différence, on a employé le poids P d'engrais. L'expression

représentera la valeur x de l'unité de poids de l'engrais.

Prenons un exemple fictif pour bien montrer comment s'applique ce calcul : on a employé 300 kilos d'azotate de soude sur un hectare de betteraves ei on a récolté 30,000 kilos de racines à 25 francs la tonne; d'autre part, sans engrais, on a obtenu 25,000 kilos de racines valant encore 25 francs. La différence 3000(V-25000 = 5000 kilos de betteraves vendues 25 francs la tonne, on a donc eu 125 francs de supplément de récolte; en divisant 125 par 3, on aura la valeur des 100 kilos d'azotate de soude qui sera de 41 fr. 60.

II est clair que si le prix de vente de la récolte des deux parcelles

Il Y R'V'

n'est pas la même, l'expression deviendrait : p ~x.

Il est manifeste également que si les récoltes comportaient deux produits, par exemple qu'on eût cultivé du blé et qu'il convînt de considérer la paille comme marchandise de vente, on aurait en appelant R le poids du grain obtenu sur la parcelle qui a reçu l'engrais, R' le poids du grain de la parcelle sans engrais, que A fût le poids de la paille de la parcelle fumée. A' celui de la parcelle qui n'a rien reçu, on aurait, si V est le prix de vente du grain,

v 1-^ 1 -Il 1» • (R-R')V-^(A-A')V'

V celui de la paille, 1 expression : ^ — ^ — = a:.

Discutons la formule plus simple rj— ^ — pour voir à quelles

conséquences elle conduit, relativement à la valeur de x.

La formule dit très nettement que si l'engrais n'augmente pas

la récolte, il est sans valeur : en effet, R = R', le numérateur de la fraction est égal à zéro; x est lui-même égal à zéro.

Habituellement la différence R — R' n'est pas nulle et nous devons désirer que la valeur de x soit la plus élevée possible : en effet, X est la valeur calculée de Tunité de poids d'engrais acheté ou produit; plus sa valeur dépassera son prix d'acquisition ou de revient, et meilleure sera notre culture.

Pour que x ait une valeur maxima, il faut que le numérateur soit le plus grand possible et le dénominateur le plus faible.

Il est évident, en effet, que Tengrais sera d'autant plus efficace qu'il en faudra employer une dose plus faible pour obtenir la différence constatée R — R' entre la parcelle qui l'a reçu et celle qui en a été privée ; il est évident également que l'engrais aura une valeur d'autant plus grande que, sous son influence, la différence R — R' sera plus élevée.

Il est bien à remarquer que la valeur des engrais croit avec le prix de vente des denrées agricoles ; en effet, le chiffre V est au numérateur et multiplie la différence R — R'. Cette conséquence est évidente; en employant un poids P d'engrais, j'ai obtenu les années passées, pour la valeur R — R'== 10 quintaux métriques de grain de plus sur l'hectare qui a reçu le poids P d'engrais, que sur l'hectare voisin qui en a été privé, le quintal de blé valait à cette

époque 30 francs, la valeur de a: à cette époque était -tj-; si, il

y a cinq ou six ans, j'avais obtenu cette même différence de 10

quintaux en employant le même poids d'engrais, je trouvais, à

cause de la faiblesse du prix du blé, que les 10 quintaux n'étaient

vendus que 200 francs; les valeurs de x sont donc très différentes

aujourd'hui de ce qu'elles étaient naguères, actuellement elles

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