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ÉTAT DE LA FEUILLE

deux, les vapeurs disparaissent par dissolution dans Teau ; quand l'atmosphère est bien transparente, on expose les cloches au soleil; les feuilles décomposent Tacide carbonique, produisent de Toxygène qui attaque le phosphore, et les cloches se remplissent de vapeurs blanches; leur apparition est la preuve que Taction chlorophyllienne s'est exercée; or, si on répèle les manipulations précédentes avec des feuilles qui sont restées exposées quelque temps à Imfluence des vapeurs mercurielles, on voit la cloche rester transparente, ce qui montre qu'aucune décomposition ne s'est produite.

Quand on veut observer la décomposition de Tacide carbonique dans une atmosphère limitée par du mercure, il est donc indispensable de protéger les feuilles par une couche d*eau, ou par de la flenr de soufre dont l'action préservatrice a été observée par les chimistes hollandais cités plus haut et aussi par Boussingault (1).

Dessiccation. — Cet illustre agronome a reconnu depuis longtemps que l'état de dessiccation de la feuille exerce une influence marquée sur son aptitude à décomposer l'acide carbonique ; il a donné les chiffres suivants :

Acide carbonique décomposé.

Eau retenue

par

la feuiUe.

Total en cent, cubes.

Par cent, carré en une heure.

Feuille normale

Dessiccation commencée..

— avancée

— absolue. . . .

Plus récemment, M. Kreusler (2) a montré que Tactivilé de la décomposition de Tacide carbonique est étroitement liée à la bonne circulation de Teau dans la plante.

L'auteur trouve, pour l'acide carbonique décomposé par ^ décimètre carré de feuilles, les chiffres suivants, qui se rapportent à <Ies rameaux de seringa pris : A; avant la floraison; B, pendant la floraison ;C, pendant la formation du fruit; D, sur un rameau stérile ?ami de vieilles feuilles :

A. carb. total décomposé |.^., ^^^^ ^^^. ^.3 ^^^^^

Il est visible qu à 25° les jeunes feuilles A décomposent plus d'a-

îl) Boussingault, Agron., t. IV, p. 267. lîjAiMi. a^rort., t. XIV, p. 89.

cide carbonique que les vieilles D, et que pour les premières Taclivité de Tassimilation s'accroît avec Télévation de la température, tandis qu'il en est autrement pour les vieilles feuilles.

M. Kreusler attribue ces différences aux quantités d'eau qui circulent dans la plante et que renferment les feuilles jeunes ou âgées. « Une perte d'eau qui est encore bien loin de causer la fanaison des feuilles déprime considérablement l'assimilation, el inversement un rameau qui a cessé d'assimiler, par suite d'une perte d'eau, reprend toutes ses facultés lorsqu'on le met à même de réparer ses pertes.

« Le taux de l'eau contenue dans les feuilles diminue ordinairement avec l'âge; les vieilles feuilles sont donc, en général, moins favorisées sous le rapport de l'énergie assimilatrice. ^»

L'auteur montre, en effet, que les rameaux qui ont servi aux expériences précédentes sont bien loin d'absorber l'eau en quantités égales aux deux températures considérées ; on en jugera par les chiffres suivants ; la ligne du haut indique en milligrammes les quantités d'eau absorbées par les rameaux; celle du bas l'absorptioo à 23% celle à IS'» étant faite égale à 100.

Milligr. d'eau absorbée. . .

Rapports

Bien que le parallélisme ne soit pas complet, il est visible que la quantité d'eau contenue dans la feuille exerce une influence décisive, due sans doute à ce que, plus la feuille est aqueuse, plus elle absorbe aisément l'acide carbonique, ainsi que nous l'avons reconnu M. Maquenne et moi (1).

On conçoit, d'après les considérations précédentes, combien les sécheresses prolongées, pendant lesquelles l'équilibre entre la transpiration et l'absorption est facilement rompu, sont préjudiciables à la formation des hydrates de carbone qui prennent naissance dans la cellule à chlorophylle.

(1) Ann. agron., t. Xll, p. 526.

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