‹ Traité de chimie agricoleChapitre 47 sur 399 · INFLUENCE DES LUMIÈRES ARTIFICIELLES. S · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES LUMIÈRES ARTIFICIELLES. S

Expériences de Garreaa. — Il fait pénétrer dans un flacon susceptible d'être hermétiquement bouché un rameau feuillu attenant à Tarbuste choisi, un tube permet d'introduire dans le vase de Teau de baryte; un autre tube sert de manomètre.

En plein soleil, par une température de 20 à 25'', l'eau de baryte se trouble, et les rameaux dégagent dans l'espace de trois à six heures de 8 à 36 centimètres cubes d*acide carbonique recueillis dans leau de baryte qui blanchit rapidement.

Si on ne soustrait pas l'acide carbonique, aussitôt qu'il est formé, à (action décomposante des cellules à chlorophylle en le précipitant par l'eau de baryte, la respiration n'est pas apparente.

Dans l'expérience précédente, elle est au reste exagérée par Télévation de température qui se produit dans le flacon insolé, car la respiration est d'autant plus active que la température extérieure est plus élevée ; et l'on conçoit que si pour étudier l'assimilation on place des feuilles dans des tubes où la température puisse s'élever par une insolation directe, on ne voit pas la décomposition d'acide carbonique s'accélérer en raison de l'intensité lumineuse : la respiration devenant de plus en plus active à mesure que la température s'élève, la différence entre les deux actions opposées devient plus faible.

Expériences de MM. Dehérain et Maquenne. — En opérant avec diverses sources renfermant en proportions variables les radiations calorifiques et lumineuses on réussit à montrer l'influence opposée qu'exercent la chaleur et la lumière sur l'assimilation, plus facilement qu'en exposant les feuilles au soleil.

Les recherches que nous allons résumer présentaient, en outre, cet intérêt particulier, qu'on ignorait encore, au moment où elles ont été publiées, que les lumières artificielles sont capables de provoquer la décomposition de l'acide carbonique (1).

On réussit très facilement à démontrer cette décomposition pendant la courte durée d'une leçon, en plaçant les feuilles dans une atmosphère d'hydrogène et d'acide carbonique, en y ajoutant un petit bâton de phosphore; après un quart d'heure d'exposition à Tactionde la lumière de Drummond, les fumées d'acide phosphonque annonçant que la décomposition a eu lieu sont visibles.

Pour montrer la différence d'action des diverses radiations, on a employé comme sources lumineuses : la lumière de Drummond

[\) Ânn, agron., t. V, p. 401, 1879.

(chaux rendue incandescente par un chalumeau oxhydrique), ou la lampe Bourbouze (toile de platine portée au rouge blanc par la combustion du gaz alimenté par un courant d'air) ; le faisceau lumineux agit sur des feuilles, placées dans un tube contenant une atmosphère enrichie d'acide carbonique, le tube lui-même est maintenu dans un manchon renfermant un liquide.

Les liquides employés ont été l'eau, la benzine et le chloroforme, tous trois également transparents, mais inégalement diathermanes, c'est-à-dire susceptibles de retenir des quantités variables de la chaleur émise par les sources, et comme celles-ci envoient des faisceaux qui sont loin d'être identiques, que celui de la lampe Bourbouze renferme beaucoup plus de radiations calorifiques que celui de la lumière de Drummond, on peut, en combinant successivement l'action des deux lumières et celle des trois liquides, faire prédominer à volonté les radiations lumineuses ou les radiations calorifiques et obtenir soit la décomposition de l'acide carbonique et l'apparition de l'oxygène, soit inversement l'absorplion de l'oxygène et l'enrichissement de l'atmosphère en acide carbonique.

Quand on emploie la lumière Drummond pauvre en radiations calorifiques, on observe toujours le phénomène d'assimilation, mais il est bien plus sensible quand le manchon renferme de l'eau qui retient complètement les radiations calorifiques que lorsqu'il contient de la benzine ou du chloroforme qui en laissent passer une partie.

Avec la lampe Bourbouze, le renversement du phénomène est complet, quand le manchon renferme de l'eau, les feuilles assimilent, l'acide carbonique diminue et l'oxygène augmente; quand il renferme de la benzine, les feuilles respirent : l'oxygène diminue et l'acide carbonique augmente.

Voici au reste un des résultats constatés :

Le manchon dans lequel sont immergés

les tubes renfermant la feaille

et l'atmosphère à modifièrent rempli

d'eau. de benzine.

Lumière Drummond.

Acide carbonique disparu.. . 8", 47 4" ,47

Oxygène apparu 7 ,78 4 ,79

Lampe Bourbouze,

Acide carbonique disparu. 5««,48 apparu.. 1«,74

Oxygène apparu.. 4 ,90 disparu. 2 ,18

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