GENDRES DES TI6ES HERBACÉES
Au moment où les feuilles tombent à la fin de novembre, leurs cendres sont presque exclusivement composées de carbonate de chaux, de magnésie, de silice et d'un peu de sulfate de chaux.
MM. Fliche et Grandcau ont donné également l'analyse des cendres des feuilles de différents arbres forestiers prises à diverses époques de leur développement; leur composition est reproduite dans le tableau ci-joint.
On y voit très clairement la potasse et Tacide phosphorique diminuer du printemps à l'automne, tandis que la chaux et la silice augmentent. La migration de la potasse est particulièrement sensible dans le robinier et le bouleau, celle de l'acide phosphorique dans le robinier et le merisier. L'accumulation dans les vieilles feuilles de la soude et surtout de l'oxyde de manganèse est curieuse; l'augmentation de la chaux est notable dans le robinier.
Dans le pin noir d'Autriche non seulement la marche en sens inverse de ces divers éléments s'observe dans les aiguilles de Tannée, mais aussi dans celles des années suivantes ; c'est ainsi qu'à la dernière prise d'octobre 1873, les aiguilles de deux ans renfermaient 61,73 de chaux contre 53,4 au mois de mai ; à la première prise de mai des feuilles de trois ans, on trouvait 64,74 de chaux et à la dernière 70,47.
Les jeunes aiguilles d'un an renferment à la première prise 26,32 tie potasse, elle est devenue indosable dans les feuilles de trois ans(t). La résorption de l'acide phosphorique n'est plus aussi évidente : dans les feuilles de l'année, le maximum est bien à la première prise d'échantillon au mois de mai, il en est de même pour les feuilles d'un an, mais pour les feuilles de deux et de trois ans le maximum tombe au mois de septembre.
§41. — Composition des cendres de quelques tiges herbacées.
La composition des tiges herbacées munies de leurs feuilles varie avec l'état de leur développement; si on les analyse avant que les graines ne soient mûries, elles renferment naturellement tous les phosphates et toute la potasse qui plus tard aura disparu pour venir se concentrer dans les grains, en outre les matières qui forment la partie fixe des cendres qui reste dans la tige augmenle-
\\) Ânn, de chim. el de phys., S« série, t. XI, p. 2^4.
Cendres dans
Silice dans 100
Silice dans 100
de matière sèche.
de cendres.
de matière sèche.
ront non seulement par suite d'une assimilation continuée plus longtemps, mais en outre paraîtront augmenter par suite du départ des principes susceptibles d'émigrer.
C'est ainsi que j'ai trouvé dans les chaumes d'avoine récollés à Grignon en 1 880 les chiffres suivants :
Chaumes d'aroine (1880).
6 juillet
7 août
Si on rapporte à Thectare on trouve que les chaumes du 6 juillet renfermaient 4 30'', 7 de cendres et par conséquent 44^,3 de silice, tandis que le 7 août ils contenaient 158'',2 de cendres et 69^,3 de silice, sa proportion avait donc augmenté réellement; en effet le rapport centésimal de la silice du 7 août et du 6 juillet est 1,1, tandis que dans la récolte d'un hectare le rapport est de 1,5.
Il n'en est pas toujours ainsi, Isidore Pierre a trouvé pour le blé que la silice passait par un maximum pour les différents éléments des tiges.
Voici, en effet, les nombres qu'il donne :
Par kilogr. de matière sèche.
Silice. .-— — -^ Il I
3 juin. 22 juin. 9jaiUet. 25 juillet.
Dans les feuilles 28.63 47.17 33.28 40.18
— entre-nœuds.. 4.61 7.07 6.80 9.06
— nœuds 7.00 6.17 4.67 6.21
Par hectare.
Dans les feuilles 50.08 72.78 53.15 50.12
— entre-nœuds.. 3.65 15.82 15.32 16.47 - nœuds 1.37 1.90 1.42 1.61
La diminution constatée du 22 juin au 9 juillet est due à la chute d'organes desséchés.
Les nombres suivants déterminés par Berthier l'ont été sur des tiges arrivées à maturité; ils sont intéressants par les différences qu'ils accusent d'une plante à une autre, tandis que le lin ne renferme que des traces de silice, cet acide est extrêmement abondant dans la paille de blé, de seigle et dans la canne à sucre; tandis que Berthier dose des quantités notables de carbonates de chaux dans le lin, qu'il reconnaît la chaux dans la paille de froment, il n'en