AMIDON
ces plantes donnent beaucoup d'amidon sur la lévulose, des traces seulement sur la dextrose et pas d'amidon sur la galactose. De même, les caryophyllées qui renferment de la galactose forment beaucoup d'amidon sur ce sucre.
Od n a rien obtenu avec l'inosite isomère des glycoses, ce qui lia rien d'extraordinaire puisque nous savons aujourd'hui que cette substance appartient à la série aromatique.
Le sucre de canne forme également de Tamidon dans un grand nombre de plantes et il semble qu'il en produit sans se transformer d abord en sucres réducteurs ; le sucre de lait n'a rien donné, non plus que le raffinose.
La mannite au contraire a donné de l'amidon quand on a fait ilolter sur ses dissolutions à 10 ou 20 pour 100 des feuilles des oléacées et notamment de l'olivier, de divers frênes, et de lilas, etc.
Formation d'amidon avec les homologues inférieurs des glycoses. — Ce ne sont pas seulement les sucres renfermant six atomes de carbone qui déterminent dans les feuilles l'apparition de lamidon.
Au lieu de faire flotter les feuilles, la partie vernissée sur la dissolution des sucres, comme l'ont fait M. J. Bœhm ou M. Meyer, M. Laurent a opéré sur des tiges de pommes de terre étiolées qui avaient épuisé leurs réserves, ces tiges plongeaient par leur base dans les dissolutions nutritives ; les essais ont été très nombreux, ils ont montré que dans la pomme de terre : sept corps peuvent être transformés en amidon : ce sont non seulement la glycérine, mais encore la dextrose, la lévulose, la galactose, la saccharose, la lactose et la maltose.
La glycérine provoque une formation abondante d'amidon dans des feuilles de composées et surtout dans celles de Cacalia siuiveolens; après douze jours les feuilles sont aussi riches en amidon que si elles avaient été exposées au soleil une journée entière.
Cette observation est particulièrement intéressante, il faut, en effet, que la glycérine CH^O' s'oxyde pour fournir l'aldéhyde correspondante, susceptible de polymérie, et forme un composé en C^ qui donnera lui-même par condensation avec élimination d'eau l'amidon observé.
Nous avons supposé que l'amidon aussi bien que les glycoses provenaient de polymérisation de l'aldhéhyde méthylique et nous avons rappelé les expériences de Lœw et de Fischer qui ont mon-
tré la formation dans le laboratoire des sucres par polymérisation de cet aldéhyde mélhylique.
On conçoit que les idées émises dans ce paragraphe recevraient un solide appui d'expériences montrant la formation à*amidon en parlant de Taldéhyde méthylique ; or ces synthèses ont été réalisées récemment ; Bokorny a fait voir que les feuilles forment de Tamidon quand on les fait flotter sur une dissolution de méthylol (combinaison de Talcool méthylique et Taldéhyde méthylique avec élimination d'eau) (1 ) ; enfin Lœw a reconnu que l'amidon se produit encore dans les Spyrogirés^ quand on les fait développer dans une dissolution d*oxyméthyl sulfonate de soude (combinaison de bisulfate de soude avec l'aldéhyde méthylique, qui en s'hydratant dégage peu à peu l'aldéhyde qu'elle renferme) (2).
La formation de l'amidon à l'aide des glycoses mérite encore de nous arrêter, car elle démontre, dans ce cas, que si l'amidon peut prendre naissance dans la cellule à chlorophylle où a eu lieu la décomposition de l'hydrate d'acide carbonique par une série de synthèses de l'aldéhyde méthylique, si cet amidon mérite très bien le nom d'autochtone qu'on lui donne souvent, il peut également provenir de la condensation de sucres immigrés qui, formés en différents points de l'organisme, se déposent dans la feuille à Tétat de réserve transitoire en prenant la forme d'amidon.
Ces réserves s'écoulent au reste rapidement en prenant leurs anciennes formes solubles aussitôt que là plante forme de nouveaux organes ou constituent les réserves définitives des grains, des tubercules, etc.
§ 69. — Celluloses.
Les parois des cellules des végétaux, un grand nombre de leurs tissus, renferment un hydrate de carbone de la forme (C®H*®OV; le nombre n indiquant de combien de molécules, la matière est formée restant encore inconnu ; les celluloses ne sont donc pas isomères, mais très probablement polymères de l'amidon ; elles paraissent provenir de la combinaison des glycoses ; au moins pendant la germination, on la voit apparaître à mesure que ceux-ci sont consommés.
Réciproquement, quand on maintient les celluloses à l'ébuUi-
(!) Ann. agr., t. XVII, p. 143.
^2) Ann. agr.y t. XV, p. 47G.
VASCULOSES. 241
lion en présence des acides dilués, on les transforme en sucre réducteur droit.
Les travaux de M. Fremy ont établi qu'il existe plusieurs variétés de cellulose : ]a cellulose proprement dite est soluble dans la liqueur cuproammonique (voyez page 39) obtenue en dissolvant de Toxyde de cuivre dans Tammoniaque et souvent désignée sous le nom de liqueur de Schweizer ; cette cellulose constitue presque la totalité des poils qui entourent la graine du cotonnier employés comme fibre textile.
lAparacellulosCy insoluble dans la liqueur de Schweizer, finit par s'y dissoudre quand elle a été maintenue à Tébullition pendant quelque temps dans Tacide chlorbydrique, on la rencontre dans le tissu épidermique des feuilles et dans celui des racines.
La métacellulose résiste à l'action du réactif de Schweizer, même après ébuUition dans lacide chlorhydrique, cette variété ne se rencontre guère que dans les champignons et les lichens*
On se rappelle qu'il existe, en outre, dans certaines graines une cellulose de réserve^ susceptible de contribuer à Talimentation de l'embryon (voy. page 46). Cette cellulose diffère des précédentes, car, traitée par les acides, elle donne non de la dextrine, mais un de ses isomères, la mannose ou séminose.
Sous rinfluence du ferment forménique qui passe des intestins des herbivores, dans le fumier, la cellulose est réduite en volumes égaux de formène et d'acide carbonique.
On dose la cellulose dans les tissus végétaux en épuisant sur eux laction du réactif de Schweizer, on filtre sur du coton de verre; en saturant la liqueur filtrée par Tacide chlorhydrique étendu, la cellulose se précipite ; des lavages multipliés sont nécessaires pour la débarrasser des dernières traces, très persistantes, d'oxyde de cuivre.