‹ Traité de chimie agricoleChapitre 92 sur 399 · ACIDES VOLATILS · texte numérisé non relu

ACIDES VOLATILS

précipitation du phosphate ammoniaco-magnésien dans un liquide contenant, outre Tacide phosphoriquc, de la chaux, do Taluminc et de Toxyde de fer, bases que Tacide citrique maintient en dissolution même en présence d*un excès d'ammoniaque.

La séparation de Tacide citrique et de Tacide malique des matières végétales dans lesquelles ils sont contenus est assez laborieuse ; M. Schlœsing a donné une description très complète et très précise de la niéthode à employer, dans Tarticle Tabac du Dictionnaire de chimie de Wurtz; nous y renvoyons le lecteur.

M)I.Grimaux et Adam ont obtenu l'acide citrique par synthèse, mais la méthode employée ne permet pas de prévoir le mode de formation de Tacide citrique dans les végétaux.

§ 73. — ACIDKS VOLATILS.

Les acides volatils sont moins répandus dans les végétaux que les acides fixes que nous venons de décrire, on en trouve cependant quelques-uns dont nous indiquerons rapidement les propriétés.

Acide cyanhydrique. — Cet acide CAzII est un des corps les plus véuéneux qu'on connaisse; il se produit pendant la décomposition Je Tamygdaline et c'est probablement pendant cette réaction qu'il est mis en liberté; on le trouve en petites quantités dans les feuilles du laurier-cerise, du saule à feuilles de pécher, dans les amandes amères, et dans les amandes d'un grand nombre de fruits à noyaux, notamment dans celles des merisiers, d'où iTpasse dans le kirsch provenant de la fermentation et de la distillation des merises.

L'acide cyanhydrique se rencontre également dans la racine du Jalropha Manihot ou manioc, qui donne la fécule employée sous le nom de tapioca. Cet acide étant très soluble dans Teau, et très volatil, on en débarrasse la fécule soit en la lavant, soit en l'exposant à la chaleur.

Acide formique CH^O^ — Cet acide, liquide à la température ordinaire, volatil et corrosif, a été trouvé d'abord dans les insectes, fourmis rouges et poils des chenilles processionnaires, mais on l'a coustaté également dans le suc de la saponaire, dans les tamarins ; il paraît prendre naissance dans Toxydation lente de l'essence de térébenthine.

Acide acétique C^H^O^ — Liquide, volatil, corrosif quand il est concentré, l'acide acétique se rencontre combiné à la potasse et à la

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chaux dans les sucs d'un grand nombre do végétaux. II se produit dans les fruits. En Tunissant à Talcool amylique on prépare un éther qui présente exactement Todeur de la poire.

Pour le caractériser dans un tissu végétal, on devra faire un extrait, concentrer à Tébullition, filtrer, précipiter les autres acides avec de Teau de baryte, filtrer et distiller en présence d'un petit excfes d'acide sulfurique. Le produit distillé présente une réaction nettement acide, on pourra conclure qu'il renferme soit de l'acide acétique, soit de l'acide formique ; en chauffant avec de l'oxyde de mercure ou un sel d'argent, on obtiendra la réduction du métal si le mélange renferme de l'acide formique.

Acide butyrique C*H'0'. — Cet acide est caractérisé par son odeur do beurre rance; il prend naissance dans un grand nombre de fermentations; et on le trouve dans les maïs ensilés, mélangea de l'acide acétique, dans les pulpes de betterave.

La terre arable renferme un ferment spécial qui détermine très aisément la fermentation butyrique (l),de telle sorte que celle fermentation apparaît parfois dans tous les produits végétaux renfermant des matières sucrées, même dans les vins préparés avec des raisins souillés de terre (2).

L'acide butyrique existe tout formé dans les fruits du ginko hiloba. Combiné à l'alcool ordinaire, il donne un éther dont l'odeur caractérise les fraises et les ananas.

Acide valérique C^IP^O^. — Cet acide se rencontre dans la racine d'angéliquo, dans la racine de valériane, dans les baies mûres et dans l'écorce du Vibitrmim opuliis. Combiné à l'alcool amylique il donne un éther dont l'odeur rappelle celle des pommes de rainotlc.

§ 76. — Résines.

Ondésignesousco nom desmatiëres exclusivement formées decarbone et d'hydrogëne ou très faiblement oxydées ; leurs emplois sont nombreux, et tendent sans cesse à s'accroître, la propagation des arbres qui fournissent quelques-unes d'entre elles est aujourd'hui une des préoccupations des administrateurs des colonies tropicales, et nous devons passer en revue les plus importants de ces produits.

Caoutchouc. — Un grand nombre de plantes des régions tropicales, notamment le Ficus elaslica, qui appartient à la famille des

(1) Dehérain et Maqneune, Ann. agron.y t. X, p. 5.

(2) Ann, ngt'vn^y t. XVII, p. 95.

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Morées, laissent écouler par les incisions pratiquées k leur tronc un soc laiteux qui a été analysé par Faraday : il y a trouvé un tiers environ du poids total, formé par une matière susceptible de se coaguler par la chaleur, molle, élastique, qui correspond à la formule n[C'W).

Celle substance a été envoyée pour la première fois en Europe par lacadémicien français La Condamine, en 1736 ; pendant longtemps sns emplois furent très limités, puis, peu à peu, d'habiles in- Justriels surent la plier à des usages de plus en plus nombreux, surtout quand ils eurent réussi à combiner le caoutchouc avec le soufre cl à en faire le caoutchouc vulcanisé.

Le caoutchouc provient parfois des Indes, il est dans ce cas fourni par le Siphonia cautscha^ Ylatropha elasiicay le Ficus elastica; dans le bassin des Amazones, c*est surtout THevdea qui le produit; il en vient également du Gabon et de Madagascar.

Dans la province du Para, au Brésil, se trouvent d'immenses forêts d'Hevasa; tous les ans à Tépoque de la récolle des bandes démigrants, venus par milliers, s'y livrent à rextraction du caoutchouc. Armé d'une hachette, \esenngario [Ae seringa^ caoutchouc), frappe les arbres qu'il a choisis : de celle incision s*écoule immédiatement le suc blanc, laiteux, qui est recueilli dans un vase fixé au moyen de terre glaise au-dessous de l'incision ; le liquide provenant de plusieurs vases est réuni dans un baquet, puis agile avec une batte de bois qu'on expose pendant quelques instants à l'action d'une flamme fuligineuse qui détermine rapidement la coagulation du suc; la batte est trempée de nouveau dans le liquide, une couche de suc laiteux s'y applique, on la coagule en l'exposant sous I action du feu, et en continuant ainsi on obtient un enduit assez épais qui est fendu sur l'un des côtés pour le séparer du moule.

D'autres fois, les Indiens coagulent le caoutchouc sur des moules (le terre glaise, dont ils se débarrassent, quand la masse a obtenu une épaisseur suffisante, en les délayant dans l'eau.

Ces procédés sont extrêmement grossiers, on continue à les employer par l'impossibilité où l'on s'est trouvé d'envoyer en Europe le suc de caoutchouc non coagulé.

Le mode de formation du caoutchouc et des autres résines est encore fort obscur.

II est à remarquer cependant que M. Aimé Girard a découvert dans les sucs des arbres à caoutchouc du Gabon et de Bornéo des sucres, qui ont été ramenés par M. Maqucnne à diverses variétés

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crinosite; or ce sucre donne des dérivés appartenant à la série aromatique, c'est-à-dire à des corps comme Ja benzine, la styriline qui dérivent aisément des résines; il est donc vraisemblable que les résines dérivent des matières sucrées par réduction.

Gutta-perchà. — La gutta-percha a des propriétés voisines do celles du caoutchouc; cependant, si à la température de lOO* elle est molle, élastique, extrêmement plastique, elle durcit par le refroidissement et conserve alors tous les détails des objets sur lesquels elle a élé appliquée; elle convient donc parfaitement pour le moulage, et est employée en quantité notable dans Tinduslric de la galvanoplastie; la construction des câbles électriques sous-marins, dans lesquels les conducteurs de cuivre sont noyés dans de la gullapercha protégée elle-même par une armature de fer, en consommo des quantités encore plus considérables, aussi la gulta est-elle très recherchée; malheureusement les arbres qui la fournissent sont peu répandus, ils ne se rencontrent que dans rarchipel hollandais de Java, Sumatra et Bornéo. L'arbre qui paraît en fournir davantage est V honandra percha, il atteint fréquemment une hauteur de 20 mètres et un diamètre de 1 mètre, son bois est spongieux el tendre; il est traversé par des canaux remplis de gomme et formant des lignes d'un noir d'ébène.

Le mode d'extraction de cette gomme est tout à fait barbare; on abat Tarbre, et on Tincline pour faciliter Técoulcment du liquide qu'on recueille dans les calebasses; les indigènes soumettent le liquide à l'ébullition, de façon à séparer l'eau de la gomme qui s'y trouve en émulsion ; un arbre fournit en moyenne 6 kilogrammes de gutla.

On conçoit que si ce mode d'extraction était longtemps continué, la source de gutta serait tarie ; on a réussi à introduire le mode d'extraction usité pour le caoutchouc dans lequel, au lieu d'abattre les arbres, on se borne à inciser l'écorce pour faire couler le liquide; aussitôt qu'il commence à se coaguler on le pétrit entre les mains pour en séparer l'eau.

Le produit importé en Europe renferme plusieurs principes, un carbure d'hydrogène de la formule C^^H" mélangé à deux produits oxydés C-4P^0 et C"fP^O^

L'administration de la Cochinchine française se préoccupe aujourd'hui d'introduire sur son territoire les arbres à gutta qui paraissent pouvoir prospérer dans la région méridionale de notre colonie.

Térébenthines. — On désigne sous ce nom les mélanges d'cs-

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