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RÉSINES

sence de térébenihinc C*®!!'® avec des composés variés qui s'écoulent le loDg du tronc des arbres résineux.

Les térébenlhines provenant d'arbres d'espèces différentes sont analogues sans être identiques.

Térébenthine de Bordeaux. — Elle est recueillie dans les Landes, ànPinus maritima^ arbre qui résiste bien aux froids habituels de notre pays, mais qui a péri cependant en Sologne, pendant des hivers rigoureux comme celui de 1879-80, où la température est restée plusieurs jours au-dessous de — 20**.

On pratique le gemmage de la façon suivante : Du 20 janvier au 10 février, on enlève Técorce des arbres qui n*ont pas moins de vingt-cinq ans, du côté de l'est et du sud, de manière cependant à ne pas attaquer le vif, sur, à peu près, le quart de la circonférence ; flu2Dmars au l**" mai, on procède à une nouvelle incision avec un inslrument dont le tranchant a la forme d'une gouge; on enlève au ras de terre, dans la partie récemment écorcéo, un copeau deO",il de long sur 0"*, 10 à 0°',012 d'épaisseur, de telle sorte que le vif du tronc se trouve attaqué. La sécrétion ne tarde pas à apparaître; la résine coule le long de l'arbre, on la recueille dans de petits pots fixés au bas de la blessure.

On renouvelle l'incision tous les dix jours, l'écoulement dure jusqu'au commencement d'octobre. Un résinier suffit pour le gemmage de 5,000 pins.

Quand on n'entame le tronc que d'un seul côté à la fois, l'arbre peut durer de soixante à quatre-vingts ans ; quand l'arbre est con- Jamué, on entame des quatre côtés à la fois, il est gemmé à mort et périt en trois ou quatre ans.

La résine qui s'écoule dans les pots est dite gemmée^ celle qui est restée exposée à l'air pendant quelque temps sur les blessures ne peut être détachée qu'en raclant les surfaces avec un instrument en fer; elle est dite galipot, elle est traitée à part.

In hectare de pins donne en moyenne cinq quintaux de gemme, deux de galipot.

La gemme molle ou térébenthine brute est purifiée par une fusion et une filtration au travers d'un lit de paille ; quand l'opération se fait par une simple exposition au soleil on obtient la térébenthine au soleil.

La térébenthine renferme environ le quart de son poids d'essence qu'on sépare par la distillation. Le résidu de l'opération s'appelle colophane ou brai sec. Si au lieu de le laisser se concrétcr par le

refroidissement on le brasse vivement avec de l'eau, on lui fait perdre sa transparence et on prépare la résine jaune.

En soumettant à une calcination ménag-ée dans un fourneau sans courant d'air allumé à la partie supérieure : les résidus, brins de paille imprégnés de résine, de bois, etc., on fait exsuder la résine qu'ils renferment, on la dirige dans des bassins remplis d'eau et on obtient deux matières : V huile de poix surnage une matière noire qui desséchée devient la poix noire.

§ 77. — Essences.

On désigne sous ce nom dos produits volatils, insolubles ou peu solubles dans l'eau, beaucoup plus solubles dans l'alcool, dans l'éther et dans les huiles, recherchés pour le parfum qu'ils exhalent (essences de rose, de jasmin, d'orange, de citron, etc.). ou pour la préparation des peintures et des vernis (essence de térébenthine).

Les essences présentent des compositions très différentes : tandis que les unes sont des carbures d'hydrogène (essence de térébenthine, de citron, d'orange), les autres sont oxygénées (essences de cumin, de cannelle, de rue, de girofle), d'autres enfin sont sulfurées (essence de moutarde).

Les essences existent presque toujours toutes formées dans les végétaux, on les extrait :

1** Par distillation;

2^ Par dissolution à froid ou à chaud dans des huiles fixes, d'où on les sépare ensuite par l'action de l'alcool.

L'extraction des essences a pour la France un grand intérêt ; non seulement les forêts de pins des Landes fournissent, ainsi quil vient d'être dit, des quantités notables d'essence de térébenthine, mais en outre nos départements méridionaux et particulièrement l'arrondissement de Grasse, l'Algérie se livrent avec grand succès à la culture des plantes à parfum (1). Il est donc utile de savoir doser la quantité d'essence contenue dans un liquide donné.

Dosages des essences. — Levallois a proposé une méthode ingénieuse, il distille Teau légèrement chargée d'essence, dans un ballon lié à un tube incliné à reflux muni à son extrémité d'un petit serpentin descendant à réfrigé-

(1) Voyez Ann, agron.^ t. II et III, les mémoires de M. Pouriau et Dict. de chimie de Wurlz, l'article Essences.

rant; on se sert encore avec avantage du serpentin ascendant (fig. 13); bien qae l'essence soit moins volatile que Teau, elle est entraînée par la vapeur et passe dans les premiers centimètres cubes recueillis.

Le liquide aqueux, qui renferme Fessence concentrée sous un petit volume, est titré au moyen d^une solution de brome étendue ; cette solution se décolore tant que le brome trouve de Tessence à attaquer ; on verse donc de Teau bromée jusqu'au moment où Ton constate une couleur jaune persistante ; il convient de diminuer la quantité d'eau de brome employée, de quelques dixièmes de centimètre cube, correspondant à la quantité nécessaire pour obtenir la coloration jaune d'un volume de liquide égal à celui de Tessai.

On litre au reste Teau de brome, avec l'essence qu'il s'agit de rechercher.

Les essais ont été exécutés avec succès pour rechercher les essences de géranium rosat, de lavande, de bergamotte, de cumin placées dans le liquide à distiller à raison de t à 5 gouttes pour un litre d'eau, toute Tessence se trouve dans les 50 premiers centimètres cubes ; il en est de même quand on opère avec des fleurs d'oranger, des pétales de rose, des graines d'anis pulvérisées, de l'écorce d'orange (1).

Les combinaisons renfermant de l'azote contenues dans les végétaux sont très nombreuses et très variées.

Tandis que les unes sont des combinaisons minérales : nitrates et sels ammoniacaux qui ont été introduits dans les tissus et n'y ont pas encore été élaborés, les autres sont au contraire des produits (le Faclivilé végétale ; on peut les classer en trois groupes : les alcaloïdes, les amides et les albuminoïdes, leur élude sera précédée de celle des nitrates et de celle des combinaisons ammoniacales.

Nitrates. — Les nitrates se rencontrent dans toutes les plantes, mais leur proportion varie dans d^énormes proportions ainsi qu'il a été dit déjà paragraphe 29, page d08.

On reconnaît aisément la présence de ces sels dans ces plantes, en les séchant, puis en les brûlant dans un endroit obscur, la combustion s'accompagne de déflagrations dues à la décomposition des nitrates au contact de la matière organique.

On peut encore caractériser les nitrates, en épuisant les végétaux desséchés à Tétuve et pulvérisés, par l'alcool, qui en général dissout peu de matières organiques, on évapore à sec l'extrait alcoolique, on reprend par l'eau et on fait tomber quelques gouttes du liquide dans un verre renfermant une dissolution de sulfate de fer dans l'acide sulfurique. Le liquide ajouté surnage l'acide sulfurique et bientôt à la ligne de séparation des deux liquides apparaît an anneau rouge de sulfate de sesquioxyde.

On peut enfin, ainsi qu'il a été dit plus haut (page i08j, mettre à profit la

(I) Comptes rendus, t. XCIX, p. 977, 188i.

propriété que possède un des alcaloïdes des quinquinas, ia cinchonamine, de précipiter Tacide azotique sous forme de brillantes aiguilles blanches. (Voy. plus bas, IV* partie : Betteraves ^ Plantes foun*agèreSj etc.)

Sels ammoniacaux. — L'ammoniaque est peu abondante dans les plantes, on la rencontre surtout àVétat de phosphate amraoniaco-magnésien : comme ce sel est mai décomposé par la magnésie, employée pour séparer Tammoniaque sans attaquer les amides, il est bon de traiter la matière végétale par de Tacide chlorhydrîque très dilué, puis de saturer par de la soude étendue, avant de procéder à Tébullition avec la magnésie qui doit décomposer les sels ammoniacaux.

On sait que Tammoniaque est un type d'une grande plasticité, et que rhydrogène y est facilement remplacé par des corps composés ; la triméthylamine Az(Cir)' est cependant la seule ammoniaque composée qu'on trouve dans les végétaux, on a constaté sa présence dans le Chenopodium vulvaria,

§ 78. — Alcaloïdes.

Les plantes renferment des matières azotées présentant nettement les propriétés basiques, ce sont les alcaloïdes.

Quelques-unes de ces bases sont ternaires, et ne contiennent pas d'oxygène, la seule importante est la nicotine qui existe dans les tabacs. La plupart sont des composés quaternaires formés de carbone, d'hydrogène et d'azote comme les précédentes, mais en outre oxygénées. Parmi ces dernières se trouvent la morphine qui se rencontre dans les pavots ; la quinine^ la cinchonine^ etc. ; qu'on extrait des écorces de quinquinas, la strychnine et la brucine qui donnent aux noix vomiques leurs propriétés toxiques.

Ces matières peuvent-elles être considérées comme des matériaux de réserve utilisés au moment de l'évolution des organes comme le sont les albuminoïdes, ou bien sont-ce au contraire des résidus, des excrétions sans emploi ?

Un travail de M. Ileckel(l) qui a porté sur des graines renfermant des alcaloïdes bien caractérisés, notamment sur la caféine contenue dans les graines de Stercniia acnminata^ tendrait à faire admettre la première hypothèse, car cette base disparaît lentement pendant la germination. Les expériences ont porté, en outre, sur le Strychnos nnx voniica; sous Tinfluencc de l'embryon en voie de croissance, tous les alcaloïdes contenus dans l'endosperme ont dis-

(I) C. n., t. ex, p. 88.

paru; mais les mêmes graines privées au préalable de leur germe, et enfouies dans la terre humide, conservent longtemps leurs alcaloïdes sans transformation.

Il est manifeste que les alcaloïdes subissent avant d'être utilisés dans Torganisme végétal de profondes métamorphoses, car M. 0. Réveil a montré, il y a longtemps déjà {De V action des poisons sur les plantes, hy ou, i 865), que, en arrosant des végétaux avec les solutions salines de leurs propres alcaloïdes, on n'arrivait qu'à les faire mourir.

Le mode de formation des alcaloïdes dans les plantes n est pas encore connu, mais Wurtz et Hoffmann en montrant que le type ammoniaque AzIP est extrêmement plastique, que les trois atomes d'hydrogène sont facilement remplacés par des carbures d'hydrogène, ont permis de concevoir, soit la formation des alcaloïdes non oxygénés, soit même celle des alcaloïdes quaternaires, car AzR^, en appelant R un radical, fixe facilement un iodure de ce même radical, et comme Toxygène peut remplacer Tiode, on finit par obtenir des substances de la formule AzR*0 qui possèdent encore la fonction basique de Tammoniaque primitive et qui présentent déjà une formule compliquée comme celle des alcaloïdes.

On approche encore davantage des alcaloïdes quand, au lieu d'ammoniaque, on emploie d'autres corps basiques tels que la pyridine f/H*Az ou la quinoléine C'H^Az, et, de fait, la plupart des alcaloïdes donnent, parmi leurs produits de décomposition, des dérivés pyridiques ou quinoléiques. Il est donc naturel de les rattacher à ces corps plus simples, et quelques-uns d'entre eux, la conicine, par exemple, ont pu être reproduits synthétiquement en partant de la pyridine et même du diamidopcntane normal C"fl'^(AzH-)^, qui appartient à la série grasse et se range évidemment au voisinage d'autres principes immédiats tels que la glutanimc C'H*0'(AzH'f , l'homologue supérieur de l'asparagine.

§ 79. — Corps amidés.

Les albumînoïdes sont essentiellement des matières de réserve non dialysablcs ; quand elles doivent entrer en action et cheminer dans les tissus, elles se métamorphosent etprennent,suivant l'heureuse expression des physiologistes allemands, des formes de voyage, elles constituent alors les amides.

j\ous avons indiqué déjà, dans le chapitre Germinalioji ^ qnolcs matières azotées des graines subissent cotte métamorphose au mo-

ment où la vie y devient active et que les nouveaux organes apparaissent.

Les amides sont neutres ou acides, elles appartiennent au type ammoniac dans lequel un atome d'hydrogène est remplacé par un radical oxygéné; une des plus simples est Tacétamide ÂzC^II'O

Cff

ou [^ ; Toxamyde est forme par la soudure de deux mole-

COAzH'

cules d'ammoniaque réunies par le radical biatomique de Tacido

oxalique C20^(AzH-^)^

On rencontre dans les végétaux quelques amides et notamment

Tasparaginc, la leucine et la tyrosinc.

COAzH'

Asparagine. — L'asparagine CHAzU* est un corps solide

CH^— COai

blanc, cristallin, soluble dans Teau, insoluble dans Talcool absolu, Téthcr et les huiles; les alcalis et les acides la dissolvent en la transformant en acide aspartique et en ammoniaque ; Tasparagine en dissolution dans Teau dévie à gauche le plan de polarisation de lalumière^ son pouvoir rolatoire pour 100 mill. de sa dissolution ammoniacale [a]=-H°,18'. On conuaît son isomère optique dextrogyre, mais non Tasparagine racémique. Au point de vue chimique elle est à la fois amidc, aminé et acide; elle possède donc en même temps les fonctions d'acide et de base réunies.

L'asparagine se trouve toute formée dans lesjeunes pousses d asperges, dans les racines de réglisse, de guimauve, de grande consoude, dans les jeunes pousses de houblon, et dans les tiges étiolées des légumineuses.

Pour extraire Tasparagine des jeunes pousses d'asperge, on le.< abandonne pendant plusieurs jours dans un linge humide, il s'établit une sorte de fermentation qui détruit une matière mucilagineuse dont la présence rend difficile la cristallisation de Tasparagine, on filtre l'extrait pour séparer l'albumine coagulée, on concentre, cl on obtient l'asparagine en cristaux.

Nous avons indiqué plus haut comment son dosage peut être exécuté. Il esta remarquer en outre que l'acide acétique détruisant le pouvoir rotatoire de l'asparagine, on peut utiliser cette propriété pour appocier la quantité de cet amide quand il est mélangé seulement à une substance dont le pouvoir rotatoire est connu.

Leucine. — La leucine C^r^AzO- se rcncontre^dans les produits

de décomposition des matières azotées pendant la germination, elle accompagne Tasparagine; c'est ime substance cristalline plus soluble dans l'eau chaude que dans Teau froide, et également plus soluble dans Talcool bouillant que dans Talcool froid.

T^osine C'H^AzO'. — La tyrosine est une substance cristal- IJDC plus soluble dans l'eau que dans Talcool qui provient de la décomposition des matières albuminoïdes, elle se rencontre dans les produits de cetle décomposition avec la leucine.

Acide glutamiqae. — Ce corps, C'^H^ÂzO% s'obtient en même temps que la leucine et la tyrosine par l'action prolongée de Tacide sulfurique sur le gluten; on l'obtient également en traitant & chaud parles alcalis la glulamine; la réaction est analogue à celle qu'ils produisent sur Tasparagine, quand ils la transforment en acide aspartique.

Glutamine C ir^Az'O'. — Se rencontre dans le suc des betteraves et dans les graines germées descucurbitacées; elle cristallise en fines aiguilles, nettes, anhydres, médiocrement solublcs dans l'eau froide, insolubles dans l'alcool fort.

Dosage des amides et des matières albuminoîdes.

Ce dosage peut s'effectuer par la méthode de Kjeldalli, qui transforme à Taide d'acide sulfurique toutes les matières azotées en ammoniaque; ce dosage étant effectué (voy. p. 20}, on dissout dans Teau bouillante une partie de la matière à étudier, et on ajoute à la dissolution de l'acide phospliotungstique; il précipite les albuminoîdes solubles, mais ne précipite pas les amides, de telle sorte qu'en filtrant et en opérant de nouveau le dosage d'azote sur les matières insolubles, en soustrayant enlin Tazote des albuminoîdes de l'azote total, on trouve par différence Tazote appartenant aux amides (1).

§ 80. — Albuminoîdes.

Les végétaux renferment des matières qui par leur composition quaternaire et l'ensemble de leurs propriétés montrent de profondes analogies avec Talbumine de Tceuf, c'est là la raison pour laquelle on les désigne sous le nom d'albuminoïdes.

Ces substances, qu'elles proviennent des végétaux ou des animaux, présentent quelques caractères communs qui permettent de les rcconDaitrc.

Traitées à froid par une petite quantité de sulfate de cuivre, puis par un excès de potasse, les solutions des matières albuminoîdes

(1} Hirêchler, Bulletin de la Soc. chim,, t. XLVllI, p. 4S0.

forment une liqueur bleue ou violette. Cette réaction peut servir à reconnaître les matières albuminoïdes solides : lorsqu'on touche celles-ci successivement avec une goutte de solution de sulfate de cuivre, puis avec une goutte de potasse et qu'on lave ensuite avec de Teau, l'endroit touché reste coloré en violet. Celte coloration n'a pas lieu lorsqu'on ajoute d'abord de la potasse.

On peut encore employer, pour reconnaître les albuminoïdes, le réactif de Millon qu'on prépare de la façon suivante : on dissout d'abord à froid puis à l'aide d'une douce chaleur: 1 partie de mercure dans son poids d'acide nitrique concentré, on étend la solution nitrique du double de son volume d'eau ; on laisse reposiT pendant quelques heures, puis on sépare la liqueur claire par décantation des cristaux qui se sont déposés. Parl'ébuUition avec cette solution, ou à froid après quelque temps, les matières albuminoïdes, même très étendues, prennent une coloration rouge. Cette réaction se produit encore dans des liqueurs qui ne renferment qu'un dix-ipillième de matière albuminoïde.

Les matières albuminoïdes d'origine végétale présentent avec celles qui proviennent des animaux des ressemblances profondes ; on les divise en plusieurs groupes.

Albumine végétale. — On réunit sous ce nom les substances proléiquesnon précipitables par les acides étendus et coagulables par la chaleur seule, qu'on rencontre dans les sucs et extraits végétaux et notamment dans les graines de céréales et dans les semences oléagineuses.

Ritthausen attribue à l'albumine des diverses graines la composition suivante :

SemencL»»

do ricin.

IUp.

Orgo.

Miiïs.

Lupin.

Poi.^.

Ft'\ os.

Carbone . . .

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