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ABSORPTION DE L'EAU PAR LA RACINE. S

timélres de hauleur, on renverse le sable, on lave la plaque de marbre et on voit sa surface creusée de sillons reproduisant exactement les racines qui sont venues buter contre elle et ont rampé à sa surface. La figure 39 reproduit les sillons obtenus sur le marbre. La même expérience donne le résultat contraire avec une plaque de gypse parce que le sulfate de cliaux, sohible dans

Fig. 30. — SilloDs Iracés par les racines sur une plaque de marbre.

l'eau, est enlevé dans les parties non protégées par les racines.

Cette expérience démontre non seulement qu'il y a un contact intime entre la racine et le sol, mais en outre que les radicelles sécrètent un acide assez énergique pour dissoudre le carbonate do chaux. On reconnait la présence d'un acide dans les racines en fai- ^nt germer des graines sur du papier de tournesol bleu qui est rougi partout où il se trouve au contact des racines.

La dissolution du carbonate do cbaux se produit non seulement dans les roches calcaires pures, mais même dans le grès, quand les crains de silice y sont agglutinés par du calcaire.

Ce contact de la racine et du sol humide est particulièrement intime, quand la racine se couvre de poils. C'est ce qui est facile à toastatcr sur le blé ; si on sépare du sol avec précautions de jeunes racines, on enlève avec elles une gaine do terre enchevêtrée dans

les poils radiculaires ; tandis qu'au contraire rextrémité en voie de croissance, couverte de la coiffe à l'aide de laquelle, elle pénètre dans la terre, apparaît seule libre et non enduite de terre. Si l'arrachage a lieu quand les racines sont plus âgées, la partie moyenne encore couverte de poils est seule couverte de terre, la partie supérieure a perdu ses poils et n'entraîne plus de terre avec elle.

Pour démontrer que c'est dans la région de la racine couverte de poils que se produit l'absorption de l'eau par la racine, on dispose quatre plantes de même espèce ayant déjà leurs racines bien développées et couvertes de poils, au-dessus de vases cylindriques renfermant de Tcau, de façon que le n** 1 ne plonge dans l'eau que par l'extrémité de sa racine, le n"* 2 par toute la partie de la racine jusqu'aux premiers poils inférieurs ; toute la région des poils de la racine n° 3 pénètre dans l'eau, enfin pour le n° 4 on immerge la racine entière jusqu'au collet; on reconnail que les plantes 1 et 2 se flétrissent, que 3 et 4 végètent vigoureusement sans présenter entre eux de différences sensibles ; la partie dépourvue de poils du n° 4 immergée dans l'eau n'ayant pas d'influence sur l'absorption.

L'expérience de Nœgcli est encore plus démonstrative : pour prouver que la coiffe, que les arboriculteurs surtout avaient affublée du rôle de corps absorbant, de spo7igiole, comme ils l'appellent, n'est pour rien dans l'absorption de l'eau, il a disposé la piaule de manière que la région de la racine pourvue de poils plongeai dans l'eau, la coiffe étant artificiellement relevée et émergée ; ainsi disposée la plante ne souffre en aucune façon.

On conçoit facilement que les organes jeunes dans lesquels les cellules sont garnies d'un protoplasma abondant soient par excellence les organes d'absorption; elle est due en effet à l'endosmose.

L'expérience de Dntrochet est trop connue pour qu'il soit nécessaire d'y insister, on se rappelle qu'il place dans un fragment de vessie liée à un tube de verre une substance gommcuse et qu'il suspend le tout dans un vase rempli d'eau; celle-ci pénètre au travers de la paroi dans le liquide intérieur, augmente son volume, en quantité telle que son niveau s'élève de plusieurs centimètres au-dessus du liquide extérieur.

On conçoit, dès lors, que les poils radiculaires formés de cellules îi protoplasma, séparées par une membrane de l'eau extérieure,

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exercent sur elle la même action que la vessie et Teau gommeuse de Texpérience de Dutrochet.

II est plus difficile au contraire de comprendre que Teau^une fois absorbée par les cellules à protoplasma, en vertu du pouvoir endosmotique, s'écoule ensuite dans les vaisseaux, plus pure peutêtre qu'elle n'est entrée dans les cellules vivantes. Le fait existe néanmoins, mais actuellement il n'est pas explicable.

On suppose cependant que l'eau qui a pénétré dans la cellule s^engage ensuite dans les vaisseaux où elle est attirée par les forces capillaires.

Les expériences de capillarité sont exécutées dans tous les cours de physique : on ramollit dans la flamme d'un bec de gaz un tube de verre, puis on l'étiré en écartant vivement les deux mains, on obtient ainsi des tubes d'un très faible diamètre ; si on les plonge dans un liquide coloré, on le voit s'élever rapidement et d'autant plus haut que le diamètre des tubes est plus étroit.

Ces expériences sont de nature à faire concevoir comment l'eau pénètre dans une plante enracinée dans un liquide, car la capillarité, la force de pénétration d'un liquide dans un corps poreux est considérable.

Expérience de Jamin. — Jamin en a donné des démonstrations saisissantes. Si, à son imitation, on choisit un bloc de craie bien homogène, dans lequel après dessiccation complète, on creuse un trou cylindrique vertical pénétrant jusqu'au centre, puis qu'on y adapte un tube étroit retourné en S, garni de mercure et fermé à son extrémité de façon à en faire un manomètre, qu'enfin après avoir hermétiquement scellé le tube dans le trou avec du mastic de fontainier, on iounerge le bloc de craie ainsi préparé dans un vase rempli d'eau, on voit l'eau pénétrer dans la craie par capillarité, chasser devant elle Fair interposé dans la masse, le refouler dans le tube où il exerce une pression qui peut s'élever à 3 ou 4 atmosphères.

La plupart des corps poreux homogènes et à pores suffisamment étroits donnent les mêmes résultats avec des intensités variables : la pression s'est élevée jusqu'à 3 atmosphères dans une bille de billard et jusqu'à 5 dans un bloc de pierre lithographique, mais le marbre n'a rien produit.

Lorsqu'on veut opérer avec des substances pulvérulentes, on les tasse dans un vase poreux au moyen d'un mandrin et à ^oups de maillet^ on dispose un manomètre dans leur intérieur comme on a fait précédemment pour la craie et Ton ferme l'ouvor-

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ture avec un bouchon de bois qu'on mastique avec le plus grand soin. L'expérience se fait comme avec les corps solides, en plongeant tout l'appareil dans l'eau et le manomètre monte de la même manière jusqu'à 3 atmosphères et demie environ, avec de la terre ou du blanc d'Espagne et presque à 5 avec de Toxyde de zinc; avec l'amidon la pression après s'être élevée jusqu'à 6 atmosphères a dû, dans une expérience citée par Jamin (1), s'accroître beaucoup puisque la pression a fait sauter le manomètre.

Là force avec laquelle pénètre l'eau dans les graines mises à gonfler est analogue; si on opère dans des vases de verre bien bouchés, on les voit souvent se briser.

Pour faire concevoir, enfin, comment l'eau interposée dans le sol pénètre dans les racines, il faut se rappeler que la capillarité tend toujours à faire pénétrer un liquide contenu dans un solide à pores grossiers dans un autre à pores plus fins ; c'est ce dont profitent les chimistes quand i\s dessèchent un précipité sur une plaque de biscuit de porcelaine ou de plâtre.

§ 82. — Ascension de l'eau dans la plante.

Expérience de Haies. — La force mise en jeu dans les racines est considérable; elle a été observée depuis fort longtemps par Haies. Au mois d'avril 1723, il coupa un cep de vigne au niveau du sol et s'apcrcevant que de la plaie s'échappait une grande quantité d'eau, il essaya de l'arrêter à l'aide d'un fragment de vessie; mais la membrane poussée en dehors se gonfla et creva quelque temps après. Il remplaça alors la vessie par un tube de verre vertical qui fut parfaitement fixé sur la souche restée en terre; bientôt l'eau monta dans ce tube jusqu'à une hauteur de 7 mètres environ.

En 1849, Fr. Mohr répéta l'expérience de Haies, en se servant d'un tube recourbé renfermant du mercure; il trouva qu'en vingtdeux heures le mercure s'élevait à une hauteur correspondant à 8 mètres d'eau. Neubauer a obtenu une élévation de mercure de 49,2 centimètres et une fois do 112 centimètres.

Il est donc manifeste qu'un chevelu jeune s'enfonçant dans un sol humide s'y charge d'humidité qui s'élève dans les vaisseaux et y détermine une poussée assez vigoureuse pour que Feau appa-

(1) Leçons professées devant la Suciélé cbiiuiquc de Paris, séance du 8 mars 18G1.

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